JE SUIS MANNEQUIN ET HANDICAPÉE, ET ALORS ?

Madeline Stuart, jeune Australienne de 18 ans, a été choisie par deux marques de prêt-à-porter pour les représenter, EverMaya et Manifesta. Mais contrairement à d’autres jeunes filles de son âge, son arrivée dans l’univers de la mode n’est pas anodin, tout au contraire. La jeune fille est atteinte du syndrome de Down, une anomalie chromosomique plus connue sous le nom de trisomie 21.

 
Un parcours remarquable mais de moins en moins exceptionnel, le monde de la mode s’ouvrant de plus en plus  à ces mannequins.
 
> Des défilés qui s’ouvrent au handicap à Tokyo


 
Lors de la Fashion Week de Tokyo en mars dernier, la jeune mannequin de 24 ans Ami Sano a clôturé le bal de la Haute Couture pour la marque Tenbo du créateur Takafumi Tsurata en robe de mariée, comme le veut la tradition. Une expérience que n’aurait jamais cru vivre la jeune femme étant donné la maladie rare dont elle est atteinte et qui la prive de ses bras et de ses jambes.
Deux sportives paralympiques ont également défilé : l’athlète Sayaka Marakami et la championne de snowboard Mika Abe. Le but du créateur est double : briser le mur qui sépare  les handicapés du reste de la société japonaise et montrer que ses vêtements, aussi tendances soit ils, sont faits pour être portés par tous.
 
> L’actrice d’American Horror Story fait le show

La Fashion Week de New York en février dernier a accueilli pour la première fois des mannequins handicapés aussi bien moteurs que mentaux.
Star de l’événement, Jamie Brewer. La jeune femme connue notamment pour son rôle dans la série American Horror Story a répondu à l’invitation de la créatrice Carrie Hammer à l’origine de la campagne “Role Models not Runway Models” (Des femmes comme modèles, pas des femmes comme mannequins). Pour l’actrice, participer à ce défilé est un message important : “Les adolescentes et les jeunes femmes me voient et se disent “Hey, si elle peut, je peux aussi”. C’est une véritable source d’inspiration que d’être modèle, je veux les encourager à être ce qu’elles sont et à le montrer » explique Jamie Brewer.
 
> L’Italie, figure de proue

L’entraîneur sportif anglais, Jake Eyers est le premier mannequin à défiler sur un podium avec une prothèse en métal. Amputé de la jambe à l’âge de 16 ans, il défile pour Antonio Urzi, un célèbre couturier italien lors de la FTL Moda. Un show organisé par un collectif de designers italiens et par la  Fondazione Vertical, une association italienne qui encourage la recherche pour soigner les lésions de la moelle épinière.
 
> Diesel ose

Jilian Mercado est une blogueuse new-yorkaise qui souffre de dysotrophie musculaire. Pour la collection printemps-été de Diesel, le créateur Nicola Formichetti la prend pour égérie. Une manière osée de casser les codes de la publicité. “Pas besoin d’être un modèle conventionnel pour représenter une marque” affirme le styliste.

 
> Et en dehors des défilés ?
 
La mode ce n’est pas que les défilés et les campagnes d’affichage. Dans les boutiques, les mannequins de plastique correspondent eux aussi à des standards stéréotypés. Une organisation suisse active dans le domaine du handicap a eu l’idée de troquer les mannequins habituels pour des moulages de personnes handicapées. Une initiative qui a le mérite de faire réfléchir.

 
En France, les jeunes créateurs ne sont pas en reste et se mobilisent eux aussi pour casser les stéréotypes. L’association Handifashion en tête. Rencontre avec ses créateurs.

Paulette : Qui êtes vous ?
Handifashion est un projet créé en 2013 par huit étudiants de deuxième année de Mod’Spe Paris, l’Institut supérieur de Marketing de la mode. Chaque année, de nouveaux étudiants reprennent le flambeau.

Pourquoi avoir créée HandiFashion ? Quel a été le déclic ?
Corinne Tonarelli, une enseignante, fait partie d’une association d’Aix en Provence,  “Choisir sa vie”. L’ami de Corinne étant lui même handicapé, ils ont décidé ensemble de créer Handifashion pour enlever toutes les barrières liées aux handicaps et revendiquer la mode pour tous.

Quels sont les objectifs que vous souhaitez réaliser à travers ce projet ?
Principalement, sensibiliser les gens aux handicaps, public comme créateurs. Ça a d’ailleurs été difficile de convaincre des créateurs pour que nos modèles puissent porter leurs vêtements…
Et avec les mannequins, comment ça se passe ?
On passe des moments magnifiques avec eux, on échange beaucoup. C’est un projet humain. Il n’y a pas de moyen financier donc pas de rémunération. Les castings sont toujours très touchants, c’est très difficile de faire une sélection.
Quels sont vos projets dans les mois à venir ?
Nous avons plusieurs projets. Une exposition itinérante avec des photographies de Fabien Doherty en septembre 2015 et pour 2016,  nous organisons la troisième édition parisienne du défilé ainsi que d’autres dans le sud. Nous espérons consolider le projet à la fin de nos études !
Page Facebook de l’association : https://www.facebook.com/HandifashionParis?fref=ts

> Article écrit par Nolwenn Mousset et Melissa Blum
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