JE SUIS FOMO MAIS JE NE ME SOIGNE PAS


 
Il y a quelques jours, pour une interview
sur le thème des réseaux sociaux,
on m’a posé la question
"Fomo ou pas fomo ?".
C’est quoi ce truc ? Un vrai mot digne
de l’urbandictionnary !

Google me sauve : FOMO = Fear of missing out,
soit l’angoisse de manquer quelque chose.


Ma première réaction, l’instinctive, a été de penser que, bien sûr que non, je n’étais pas atteinte à ce point ! Ils sont fous ces gens d’inventer des mots nouveaux qui sonnent comme des maladies. Ils ont déjà pondu l’égo-navigation, la bloguïte, la wikipediolie, voilà qu’arrive maintenant le fomo. Un mot moche qui donne du grain à moudre à la partie anti-(réseau) social.
 
Et puis un soir, dans mon canapé, engloutie par des coussins rouges, alors que je regardais une émission de télé-réalité, je me suis rendue compte. Oui je regardais cette émission parce qu’elle me plaisait, mais surtout – surtout – je regardais cette émission parce qu’en même temps je lisais les tweets de mes abonnés sur le sujet, j’échangeais avec eux, je live-twittais. Sans twitter, cela n’aurait pas été pareil. Sans twitter, j’aurais juste été en train de regarder une émission de télé, point barre. Rien d’étonnant, rien d’exotique.
 
Et puis je repensais à ma journée.
 
À mon réveil à 6h30, le premier geste est de regarder mes éventuelles notifications sur mon portable. Petit rituel au même niveau que celui du premier pipi matinal. Au petit déjeuner je croque les biscottes au beurre salé pendant que je balaie les dernières actualités listées par twitter.
 
Je repensais à toutes ces fois dans la journée où je fais ce geste du pouce. À toutes ces fois où je vérifie la présence de mon téléphone. À mes envies irrépressibles de me connecter aux réseaux pour savoir ce qu’il s’y passe, pour ne pas rater un événement ou laisser échapper une information intéressante. J’ai bien été obligée de me résoudre à l’évidence. Je suis fomo. Pas une petite fomoïte de merde qui passe en appuyant juste sur le bouton éteindre de son téléphone. Non, j’avais contracté une fomoïde aigue, celle qui s’installe sournoisement sans que l’on s’en rende compte.

> Je suis liée aux réseaux sociaux. Un véritable bondage virtuel.

Nous sommes tous tellement attachés aux autres que nous ne supportons plus être seuls. Les réseaux sociaux, c’est comme la clope. Même lorsque nous avons décidé de tenter d’arrêter, nous restons connectés juste encore un peu, juste pour être sûr -allez !- juste encore deux petites minutes et promis après j’arrête, j’éteins. Vérification du mur, de la timeline, des flux, des e-mails, des DM, des sms… La liste des messages de nos amis disséminés dans le monde entier fait que nous nous sentons plus connectés à eux, plus connectés à la vie. On comble un vide, un espace. Nous sommes à Paris, Toulouse, Londres, Berlin, New York ! Nous sommes à l’anniversaire de Romain, au concert de Radiohead, au Club Med de Cancun, au Palais de Tokyo ! Twitter, instragram, facebook sont de magnifiques outils de téléportation ! On voit tout, on est partout et on est avec l’Autre, c’est-à-dire pas tout seul. On court après un temps perdu que l’on pense pouvoir rattraper, un endroit inaccessible que l’on pense avoir atteint. On flotte au-dessus du monde.

> Je suis fomo. Je suis fomo, et même pas mal, et même pas peur ! Au contraire, j’adore ça.

 Certains médecins y voient un mal, un syndrome, une affection. C’est la tendance psy du moment. Et c’est exactement ça : une affection. J’ai une grande affection pour les réseaux sociaux. Un attachement, une tendresse. Et j’en redemande. Internez-moi dans l’internet. Je suis fomo, je l’ai déjà apprivoisé, je le revendique même.
 
Et je n’attends qu’une chose, vous filez le virus.
 
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