JAIN, LA CHANTEUSE QUI VOULAIT ÊTRE JEDI

A 23 ans, Jain sort son premier EP. Ce véritable ovni est le fruit de la rencontre entre la jeune globe trotteuse et son producteur, Maxime Nucci plus connu sous le nom de Yodelice. Rencontre avec une chanteuse qui n’a pas vraiment cherché à l’être.  

 
Paulette : Est-ce que tu peux me parler de ton parcours ?
Je suis née à Toulouse et j’ai vécu dans le Sud-ouest jusqu’à mes neuf ans. Là-bas j’ai commencé la musique. Pendant deux ans, j’ai pris des cours de batterie. Mes parents se sont expatriés, on est donc parti vivre à Dubaï pendant 3 ans. Là-bas, j’ai appris les percussions arabes, le Tabla. Après, je suis allée à Pointe-Noire au Congo, et c’est la que j’ai commencé à chanter et à faire mes premières compositions. J’ai passé mon BAC à Abu Dhabi… Puis j’ai déménagé à Paris pour faire une Prépa Art à l’Atelier de Sèvres. Finalement, j’ai commencé à chanter assez tard. J’avais 16 ans et je voulais composer mes propres morceaux. J’ai aussi appris la guitare pour les mêmes raisons,  je voulais composer mes morceaux de bout en bout.   
 
Qu’est ce qui t’a fait passer le pas et faire de la musique ton métier ?
Je n’ai jamais rêvé d’être chanteuse quand j’étais petite. Moi je voulais être Jedi. C’est vraiment un truc s’est installé petit à petit, le monde musique n’est pas vraiment un milieu qui m’attirait. Quand je suis venue vivre à Paris pour mes études en art, je ne savais même pas encore si je voulais arrêter les études pour la musique.  C’était un choix difficile à faire. Un jour, ça c’est imposé naturellement… Je n’allais même plus en cours pour faire de la musique. Depuis, je vis musique.
 
Comment as-tu été repérée ?
J’ai été repérée sur internet quand j’avais 16 ans. J’avais mis trois ou quatre chansons sur Myspace. Grâce à ça, j’ai rencontré mon manager actuel qui m’a présenté Maxime Nucci, Yodelice, mon producteur.  On a commencé à bosser ensemble à distance, je ne savais pas du tout si je voulais vraiment faire de la musique. Ils m’ont poussée pour que j’en fasse !

 
Tu écris tes chansons exclusivement en anglais ?
Je ne me suis jamais posée la question de la langue. J’ai vécu dans des pays où pour parler avec les gens, il fallait parler anglais. J’avais envie qu’un maximum de gens puissent me comprendre quand je chante, le choix de l’anglais s’est fait naturellement.
 
Tu as beaucoup voyagé. Qu’est ce que tu en retiens ?
Énormément de choses. De drôles d’expériences… Mais surtout savoir ce que c’est de se sentir déracinée et pas forcément chez soi. J’ai fait de superbes rencontres, des personnes qui t’accueillent et te donnent beaucoup d’amour.
Dans ma musique, rien que le fait d’aller dans un pays, dans les cafés, dans les taxis et d’entendre des sons très différents de ce que l’on entend ici, c’est quelque chose qui ouvre l’esprit et éveille la curiosité musicale. On reste pas planté dans ce que l’on connaît déjà.
 
Tu es seule sur scène, c’est une volonté pour toi de tout contrôler ?
Peut-être ! Il y a sûrement un peu de ça ! Mais je voulais surtout développer un concept scénique original. Je veux surprendre les gens quand ils me voient arriver sur scène toute seule et envoyer un gros beat hip-hop. Ça met l’ambiance direct ! Je trouvais ça original en fait. Maintenant, je m’accompagne avec des machines. Cette idée m’est venue lorsque je faisais les premières parties de la tournée de Yodelice. J’étais un peu frustrée au début car j’étais seulement en guitare voix et je n’arrivais pas à faire bouger les gens. Je sentais bien que le public n’était pas dedans.  Au fil de la tournée, j’ai essayé plein de choses. Un looper, des machines… c’est aussi comme ça que je me suis construite toute seule. Je n’avais pas vraiment le choix, vu que j’avais commencé la tournée seule, au niveau de la logistique, j’étais obligée de la finir seule.

Maintenant, tu n’as pas envie de jouer avec des musiciens ?

Ah si ! Mais pas tout de suite, l’été prochain… Ou l’été d’après plutôt !
 
Il y a un concert qui t’a marqué en particulier ?
Les Solidays. Le concert m’a marqué car il y avait toute ma famille, ma grand-mère, mes amis… Maxime Nucci et mon manager était là aussi. Quand je suis sortie de scène et que je suis retournée dans les loges, ils étaient tous très émus. Ils étaient fiers, c’était assez touchant pour moi.
 
Tu as fait des études d’art, ton clip est très graphique, très soigné… Tu es aussi impliquée dans le choix de tes de visuels que de ta musique ?
C’est moi qui ai fait le petit personnage avec la robe à plusieurs bras. On cherchait des gens avec qui travailler, mais j’avais déjà ces idées de dédoublement et de l’uniforme. On a travaillé avec Greg & Lio, deux jeunes réalisateurs hyper doués. Ils ont donné plein d’idées, mais c’était vraiment un échange.

 
La collaboration de tes rêves ?
Kendrick Lamar ou Eminem, Béyoncé…
 
Tu es tournée vers le hip-hop ?
C’est vrai, le hip-hop a toujours été précurseur, j’ai envie de me tourner vers l’avenir.

Une personne que tu admire ?

Il y en a plein oui… Des personnes comme Nelson Mandela, Gandhi. Des personnes emblématiques. Plus généralement, toutes les personnes qui prônent la paix m’inspirent.
 
Et ce nom, Jain, d’où ça vient ?
Je ne voulais pas donner mon vrai  prénom, je pensais qu’en trouver un autre me cacherait un petit peu. En cherchant, je suis tombée sur une citation Jaïniste (religion proche du boudhisme), “Ne sois pas désolé si tu perds, et ne deviens pas fier si tu gagnes”. J’ai trouvé ça assez vrai et  je n’avais strictement rien à perdre à me lancer dans la musique, il fallait que j’essaye. Ça collait assez bien.  
 
Tu as une bonne adresse pour les Paulette ?
J’habitais dans le 13e arrondissement de Paris quand je faisais mes études. Il y a un resto chinois super bon et pas cher du tout, chez Van (65 Boulevard Saint-Marcel, 75013 PARIS).
 
Les projets à venir ?
L’album arrive en octobre, il est prêt ! Il y aura dix chansons. La tournée est aussi déjà annoncée.
 
Une dédicace pour les paulettes ?  
Big Up les Paulettes !
 

JAIN :: HOPE

 
En tournée dans toute la France dès le 8 octobre.
Sortie de l’album “Zanaka” en octobre prochain.
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