J’AI TESTÉ : LA DETOX PHONE

Début 2012, le blogueur Thierry Crouzet publiait un livre intitulé “J’ai débranché, comment revivre sans internet après une overdose”. Épuisé par quinze ans d’hyperactivité en ligne, ce gourou des réseaux sociaux et auteur de nombreux ouvrages sur les nouvelles technologies expliquait comment il entamait une cure de désintoxication après s’être aperçu de son addiction totale au digital.
 
> C’est grave docteur ?
 
Véritable mal du siècle, la dépendance compulsive à internet et aux ordinateurs ou téléphones portables concerne aujourd’hui beaucoup plus de gens que vous ne le croyez, Thierry Crouzet étant loin d’être un cas à part.
 
Vous checkez compulsivement vos mails, sms et notifications toutes les 5 minutes ?
Vous stressez dès que vous égarez votre téléphone portable ?
Vous êtes de mauvaise humeur dès que vous êtes coupé d’internet ?
Vous dormez avec votre téléphone juste à côté de vous ?
Nul doute, vous êtes dépendant au digital.
 
 
A l’occasion des journées mondiales sans portable (qui ont eu lieu ce week-end), de nombreux spécialistes sont intervenus pour sonner l’alarme et évoquer les dangers liés à ce type de dépendance. Selon des chercheurs, le fait d’être très souvent interrompu dans ses activités réduirait temporairement le Q.?I. Être accro à son portable empêcherait également d’être en face de soi-même et pourrait avoir une incidence sur son bien-être intérieur. La relation aux autres pourrait aussi être altérée étant donné qu’on leur donne l’impression que le smartphone est plus important que les moments partagés avec eux. Enfin, le fait de consulter son portable avant de dormir réduit la sécrétion de mélatonine et a donc une incidence sur le sommeil.
 
 
C’est bon ? Vous êtes inquiets pour votre santé ? Alors faites comme nous ! A la rédaction, nous ne sommes pas dupes : oui nous sommes accro à internet, oui, nous sommes dépendantes de notre téléphone portable. Mais parce que nous ne voulons pas finir en burn out et donner l’impression que notre iphone est le prolongement naturel de notre main, nous avons décidé de tenter l’expérience de la détox phone : une semaine pour se libérer de l’emprise que la technologie a sur nous.
 
J’ai un rapport fusionnel à mon téléphone : je le mets sous mon oreiller pour dormir, sur la table quand je mange et, si je n’ai ni poche ni sac à main le temps d’une soirée, vous pouvez être certain que je trouverai toujours un endroit pour le garder près de moi…. Alors quand, en conférence de rédaction, on a demandé qui voulait tester, je me suis sentie l’âme d’une Katniss Everdeen, sentant bien qu’il fallait agir.
 
 
Mais quelques minutes plus tard, en lisant les étapes du programme de la Detox Phone, j’étais plutôt comme ça :
 
 
UNE SEMAINE DE DETOX PHONE
 
Lundi :
Ne suivez plus les gens que vous ne considérez pas comme vos amis sur les réseaux sociaux.
Désinscrivez-vous des newsletters auxquelles vous ne vous êtes pas abonné.
Supprimez les applications que vous n’utilisez pas sur votre téléphone.
 
Mardi :
Désactivez les notifications Push de vos applications
 
Mercredi :
Quand vous vous réveillez, résistez à l’envie de regarder votre téléphone. Ne le faites pas avant d’avoir véritablement commencé votre journée de travail.
 
Jeudi :
Regardez votre téléphone pour la dernière fois au moins une heure avant de vous coucher définitivement.
Ne chargez pas votre téléphone à côté de votre lit, branchez le à une prise qui se trouve dans une autre pièce que votre chambre.
 
Vendredi :
Passez la soirée sans votre téléphone, laissez-le chez vous.
 
Samedi :
Passez votre journée sans regarder ni poster sur les réseaux sociaux.
 
Dimanche :
Éteignez votre téléphone toute la journée.
 
> Le test
 
Lundi :
 
 
Comme j’utilise instagram, twitter et pinterest pour mon travail, je n’ai décidé de supprimer mes “faux amis” que du réseau social Facebook. Ce qui n’est déjà pas une mince affaire !
Inscrite depuis 2007 sur Facebook, j’avais un total, le 2 février à 8h 2015, de 1046 amis.
A 10h30, je ne possèdais plus que 677 amis. J’en ai donc supprimé 369 (Certes, on n’est pas en cours de maths, mais j’aime apporter du fond à ce papier en citant des chiffres.)
 

 
Pour les désinscriptions aux newsletters, j’ai le réflexe de le faire régulièrement, mais j’en ai profité pour me désinscrire des NL Monstart, Stylistpick, Gerard Darel et Se loger (j’ai trouvé mon nouvel appartement en novembre, il était donc temps…). Soit 4 newsletters en tout.
 
Concernant les applications, je n’en ai pas beaucoup, afin d’économiser ma batterie et puis surtout parce que j’ai changé de téléphone il n y a pas longtemps et que je n’ai pas pris le temps de toutes les réinstaller.
J’ai donc gardé : Facebook / Twitter / Astrologyzone (Je suis bélier ascendant bélier et Mercure est actuellement en rétrograde dans ma planète) / Snapchat / instagram / Allociné / Banque (important pour toujours avoir un oeil sur son découvert) / Drive / GIF / RATP / Vine / Dropbox / QRcode / Shazam / Flashgap / Mytf1 (je n’ai pas de télévision et suis une fidèle de Baby Boom) / Vinted.
J’ai supprimé : Photo crop / Dubsmash / Numbers / Garage band. Soit 4 applications sur 21. Il m’en reste aujourd’hui 17 d’actives.
 
> Mon ressenti : Je me sens soulagée, comme après le grand ménage de printemps. Libérééééé, délivrééééé !
 
Mardi :
Au réveil, j’enlève les notifications PUSH de tous mes réseaux sociaux. Si je ne me rends pas sur l’application, dorénavant, plus aucun moyen de savoir si j’ai eu des likes sur ma dernière photo instagram, si quelqu’un m’écrit sur facebook, si quelqu’un me parle sur twitter…
 
“Ah, attendez, j’ai un like”
 
> Mon ressenti : Quand j’ai désactivé le bouton PUSH de chaque application, je ne me doutais pas des conséquences. J’ai ainsi passé ma matinée à travailler sans être dérangée par mon portable et sans resentir le besoin d’aller sur mon téléphone checker les réseaux, et ce jusqu’à ce que je prenne ma pause déjeuner vers 13h30. En fait, si je regarde si souvent mon téléphone c’est parce qu’il y a toujours une notification qui s’affiche sur mon écran. J’ai beau l’avoir mis en silencieux, l’écran s’allume et cela me distrait. Alors que là, l’écran reste éteint pendant des heures (à part les sms et les appels) et je ne suis pas déconcentrée.
Aujourd’hui, la detox phone est finie et j’ai décidé de laisser en OFF les notifications Push.
 
Mercredi :
Dur dur de ne pas regarder mon téléphone au réveil. Je passe au moins 30 minutes chaque matin à faire le tour de mes réseaux sociaux et checker mes mails. Du coup, pour ne pas céder à la tentation, j’allume la radio direct pour être au courant de l’actualité et je ne traîne pas au lit. Je m’active et me dépêche d’arriver au bureau !
 
> Mon ressenti : J’ai détesté cette situation. Je me rends compte que c’est important pour moi de me réveiller en faisant de la veille sur Twitter, instagram, facebook… J’ai l’impression de passer à côté de quelque chose si je ne le fais pas. Et puis surtout, ça me détend… J’étais plus énervée à ne pas le faire qu’à le faire ! Par contre, bon point pour les mails. Il m’arrive de lire des mails qui me mettent de mauvaise humeur dès le réveil or là, rien de tout ça !
Je vais donc trouver un juste milieu : je regarde les réseaux sociaux mais pas les mails.

“Mais pourquoi j’ai regardé mes mails ??” 

Jeudi :
Bon, je dois l’avouer. Je n’ai pas réussi cette mission. Pour ma défense, j’ai essayé.
J’ai le livre de Roberto Saviano, Extra Pure, sur ma table de chevet, et je comptais le lire puis m’endormir. Manque de bol, après 30 minutes de lecture, j’ai senti la fatigue arriver et au lieu de fermer le livre, éteindre la lumière et me coucher, j’ai fait un tour sur instagram et twitter. #MEGAFAIL
 

« Fail, fail, fail »
 
PAR CONTRE, j’ai réussi la deuxième étape ! J’ai mis mon téléphone à charger dans la cuisine. Souci, mon téléphone est aussi mon réveil. Du coup, j’ai du mettre le son du réveil à fond pour être certaine de bien l’entendre le matin et je n’ai pas du tout -mais alors pas du tout- aimé me lever fissa pour aller arrêter cette connerie de sonnerie qui retentissait dans tout l’appart.
 
> Mon ressenti : Pour ma santé, mon téléphone est effectivement certainement mieux ailleurs que sous mon oreiller (les ondes, tout ça tout ça) n’empêche que j’aime bien l’avoir près de moi. Il sera donc désormais sur ma table de chevet. Accessible mais pas trop non plus.
 
Vendredi :
Jour tant redouté. Je suis capable de faire demi tour si je me rends compte que j’ai oublié mon téléphone chez moi, alors imaginer l’idée de le laisser volontairement dans mon appartement et de me rendre à une soirée sans lui me dépasse…
Sauvée par le gong, j’avais la crève et ne suis pas sortie. Je me suis couchée à 21h30. Du coup c’est comme si j’avais réussi, non ?
 
> Mon ressenti : L’impression que tant que je n’aurais pas passé cette étape, ma detox ne sera pas complète. On dit toujours qu’on a vraiment coupé le cordon avec sa mère le jour où l’on fait sa première lessive. Et bien moi je pense que je couperai vraiment le cordon avec mon iphone le jour où je parviendrai à le laisser seul un vendredi soir.
 
Samedi
Grasse matinée jusqu’à 13h (j’étais malade, je vous rappelle. Et puis merci de ne pas me juger.) + brunch entre amis + café avec une copine + shopping aux Halles (là où ça ne capte pas, donc pas de tentation -et oui, tout est réfléchi gnark gnark gnark) et nous voilà déjà 19h30. Dîner + ciné (dans une salle où ça ne capte pas, bis), je suis de retour chez moi à 00h30. On est déjà dimanche, je me rue sur les réseaux et like directement une publication sur mon mur Facebook.
Mission – presque – accomplie. Faute avouée à demi pardonnée. J’ai fauté à la fin du brunch, happée par instagram. Un réflexe inné, comme une envie d’intraveineuse de photos d’oeufs bénédicte et de sky porn parisien….
 

“Ahah, un chien qui joue dans la neige, génial !”
 
> Mon ressenti : Ce fut difficile. J’ai ressenti le manque et la frustration. Le constat est implacable, plus qu’une dépendante à mon smartphone, je suis une droguée des réseaux sociaux.
 
Dimanche
Alors que j’aurais du laisser mon téléphone éteint toute la journée, je l’ai finalement allumé à 16h53. Je n’avais prévenu personne de ce geste et je devais convenir d’un horaire pour retrouver des amis le soir même. J’ai beau avoir un téléphone fixe, je ne connais pas leur numéro par coeur et j’avais peur qu’ils ne regardent pas leur mails ou Facebook. Et comme rien ne vaut un bon petit sms, je l’ai allumé. Pour quand même finir cette détox à fond, je l’ai mis en silencieux et il n’a pas bouché de ma poche jusqu’au coucher.
 
> Mon ressenti : Mon téléphone est mon réveil, ma lampe torche, mon appareil photo, mon répertoire, mon lecteur MP3, ma carte Michelin… Si seulement je disposais, comme avant, d’un répertoire papier, d’un ipod, d’un appareil photo, d’un plan de Paris, d’un plan du métro, je ne serai pas aussi accro à mon smartphone. Le côté pratique a pris le dessus, désormais tout est réuni dans un tout petit objet au lieu d’avoir un sac à main rempli de mille bidules à la Marry Poppins et je ne peux pas m’en passer. Objectif : je recopie dès demain les numéros des personnes que j’appelle le plus dans mon agenda, j’achète un réveil et je retrouve mon ipod !
 
> BILAN FINAL :
Téléphone je t’aime, téléphone je t’adore. Je vais essayer de m’en détacher un peu mais je dois reconnaître que je suis quand même bien attachée à lui… <3
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