INTERVIEW : YULES

Photo, Eva E. Davier

Strike a balance, le dernier album des deux frérots Guillaume et Bertrand aka Yules, est un petit trésor pop made in Besançon.

Cette ode à la bonne humeur, à écouter entre amis ou au fond du lit, n’est pas sans rappeler Leonard Cohen et Simon & Garfunkel. Sur scène, les Yules, complices avec leur public et à 100\% habités par leur musique, offrent une prestation d’exception. Rencontre avec Guillaume et Bertrand.

Alors les garçons, dites-moi tout. Comment est né le groupe ?
Guillaume : On vient de Franche-Comté, une région qui doit être autant connue que la Creuse (rires), on a commencé à faire de la musique parce qu’on s’ennuyait là-bas… Non, je rigole, on a toujours fait de la guitare, chacun de notre côté, et vers 1999 on a eu envie de construire un projet ensemble. À l’époque, on faisait de l’électro, puis on a viré en mode acoustique, pour finalement se tourner vers la pop.
Bertrand : On a aussi fait un peu de blues et un peu de rock mais c’est vraiment la pop qui nous a le plus attiré. Ça nous correspond parfaitement. On se sent pop.
Guillaume : D’ailleurs on nous dit souvent : "Vous êtes un peu trop pop sur vous" !

Vous avez choisi de chanter en anglais, une évidence ?
Bertrand : En tant que férus de pop, on trouve que pour ce genre de musique, la langue c’est comme un instrument. Il y a de très bonnes choses qui se font en français, on a des camarades qui écrivent de supers textes et de jolies poésies mais ce n’est pas pour nous…
Guillaume : Oui et puis, franchement, le flamenco en hongrois c’est vachement moins cool ! Et bien pour la pop c’est pareil, ça sonne mieux en anglais. D’ailleurs John Lennon disait : "le rock français c’est comme le vin anglais". Nous on ne fait qu’appliquer ce qui a été dit (rires).

Comment se passe le processus d’écriture ?
Guillaume : Moi j’écris le squelette de base, après on regarde ça de plus près tous les deux.
Bertrand : En fait, Guillaume écrit la mélodie et le texte puis il me fait écouter. Je découvre le morceau et on discute ensemble de la direction vers laquelle on l’emmène. On tombe toujours d’accord. Le truc c’est que quand mon frère écrit le morceau, il a déjà une idée précise de ce qui me plait, donc au final il y a très peu de chance pour que je n’aime pas.
Guillaume : Et pourtant, à chaque fois, j’appréhende sa réaction… C’est un moment très difficile que de lui jouer la chanson.

Lors de votre concert au Théâtre de la Traversière, vous jouez avec deux autres musiciens, Julien Woittequand et Sébastien Vaivrand.
Bertrand : Oui, effectivement, on a besoin d’être entouré.
Guillaume : On a tellement joué à deux qu’à la fin on a eu une grosse envie de faire vivre notre musique, de la partager dans d’autres mains, avec d’autres instrumentistes. C’est tellement agréable… C’est une aventure humaine, une aventure de copains, on connait Julien et Sébastien car ils sont de chez nous. Et voilà, on en revient toujours à la Franche-Comté… (Rires)

Je vous sens très attachés à votre région. Prêts à quitter Besançon pour les besoins de la scène ?
Bertrand : Oui, oui, on a bien envie de s’exporter. Que ce soit en province, dans la capitale, à l’étranger… partout en fait (rires) ! On a déjà joué pas mal en Allemagne, c’était super. C’est important pour nous de rencontrer du public. On veut du contact.
Guillaume : On a un vieux rêve, celui de continuer à vivre à 2h30 de Paris tout en gardant une certaine qualité de vie, ça serait le pied ! Il y a des tonnes de Parisiens qui quittent Paris pour pouvoir écrire ! Il y a tout ce qu’il nous faut ici, ça alimente notre musique. Si on n’avait pas grandi dans cette gigantesque campagne – qui peut quand même être vachement ennuyeuse quand t’es ado – et ben on ne ferait certainement pas ce qu’on fait maintenant. Le reggae est né en Jamaïque et la Franche-Comté, son vert et sa nature nous ont inspiré la pop…

En parlant d’inspiration, quelles sont vos références ?
Guillaume : Moi j’aime bien The Smiths, Crowded House et Phoenix bien sûr !
Bertrand : The Charlatans, The Sundays, Ray Lamontagne, Goldfrapp, REM…

D’où vient le nom de votre dernier album, Strike a balance ?
Guillaume : C’est une expression tirée d’une déclaration d’un lama. Pas l’animal mais le lama qui parle (rires) ! Un lama tibétain, un bouddhiste quoi ! Il s’appelle Sogyal Rinpoche, il évoque le côté spirituel, le bien-être, la simplification de la vie et ça nous tenait vraiment à cœur de proposer un disque unifié, qui rassemblerait tout ce qu’on est, tout ce qu’on a compartimenté : le premier album, les débuts à l’électro…
Bertrand : Strike a balance c’est aussi l’équilibre entre les époques, les faces…. On avait envie de vinyle avec cet album, donc on a fait en sorte d’avoir deux faces avec 2 x 5 chansons. Encore un équilibre. Deux débuts, deux fins donc Strike a balance !



Pour le single Absolute believer vous avez choisi de réaliser un clip en 3D, pourquoi ?

Bertrand : C’est un hasard. Un jour on a filmé une session avec Benjamin Lemaire sur le web et il nous a fait part de son projet de clip, il avait envie de travailler la 3D et on s’est dit "ok, allez c’est parti". C’était une aventure incroyable, on a tout tourné en un seul plan séquence !
Guillaume : Une belle collaboration avec des tas de gens ultra motivés. C’était hyper intéressant de confronter les deux univers, le côté un peu old school de la pop et le côté  super moderne de la 3D. Parce qu’en général quand on te dit 3D, tu t’imagines tout de suite voler dans l’espace avec des bestioles monstrueuses, potentiellement c’est plus l’univers des Black Eyed Peace. Et nous, les Yules, on débarque là dedans, sans qu’on y soit attendu, et ça nous a bien fait marrer !
Bertrand : Ce qui nous a plu aussi c’était toutes les références sympa du type Wes  Anderson, Big Fish, Michel Gondry…

Avant de partir, une petite dédicace pour Paulette ?
Guillaume : On nous dit souvent que Yules est un groupe pour filles alors grâce à Paulette on espère avoir encore plus de nanas à nos concerts ! On en serait très fiers…
Bertrand : Et puis il faut dire que là où il y a des filles, il y a toujours des mecs ! Donc, grâce à Paulette, on va vraiment finir par avoir un public énorme.
Guillaume : Je pense qu’il est aussi important de préciser que Paulette n’est pas que la reine des paupiettes, c’est avant tout un super site !

 

STRIKE A BALANCE :: YULES
Sterne/Sony Music

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Concerts à venir :
08/04: M6 Music Mobile Live – L’autre Canal – Nancy
20/04: Showcase FNAC, Bayonne à 16h00
20/04: Caveau des Augustins – Bayonne 
21/04: Showcase FNAC, Pau à 17h00
21/04: Show Case Time – Pau

 
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