INTERVIEW : THE RODEO

Photo, Léo Delafontaine 


Si vous croyez que The Rodeo c’est une paire de mecs à chapeaux et santiags, vous faites fausse route.

Derrière ce nom se cache la charmante Dorothée. Après deux EP réussis (Hotel Utah et My First EP), sa voix suave revient avec un nouvel album, Music Maelström, toujours plus folk, agrémenté d’une pointe de country et d’un soupçon de blues. Rencontre dans le Buffalo Grill de la place de la République.

Paulette : Avant The Rodeo tu faisais partie d’un groupe de rock, comment passe-t-on d’un groupe à la carrière solo ?
Dorothée : J’ai passé neuf ans au sein de Hopper et en parallèle j’avais des chansons qui n’étaient pas destinées au groupe et je me suis dit que c’était dommage de ne pas les exploiter. Et tout bêtement ce sont des amis qui ont commencé à me proposer de faire quelques chansons en première partie et de fil en aiguilles, j’ai commencé à accumuler pas mal de chansons. Je n’avais fait aucun plan et au final les gens étaient assez enthousiastes. Avec le groupe, on commençait à être un peu fatigué, on avait énormément de concerts, on a connu beaucoup de déboires. Ce n’est pas à cause de mon projet solo qu’on s’est séparé, c’est qu’on en avait vraiment marre, on avait plus l’énergie de refaire un disque, repartir sur les routes et certains étaient arrivés à un âge où ils avaient envie de faire autre chose. La scène toute seul ça change du tout au tout parce tu dois défendre ton truc, ce n’est pas évident et en même temps c’est un challenge. Maintenant je suis accompagnée sur scène mais au départ ce n’est pas évident.
D’où te vient ce goût pour le folk, la country ou le blues ?
Je dois avouer que j’ai une fascination pour les États-Unis, aussi bien les livres que la musique, le ciné, les paysages… J’essaie d’y aller plusieurs fois par an. J’avais eu un choc à l’âge de 19 ans, j’ai fait un périple pendant un mois en sac à dos qui m’a pas mal marqué. Après ce que j’aime bien dans ce côté "countrysant" c’est qu’à la base la musique country, blues ou jazz, c’est la musique du peuple, du coup tu retrouves des histoires qui sont racontées assez simplement avec des instruments qui ajoutent du charme au propos. Et mon beau-père était fan de western, tout ça est un peu relié.

Sur ton précédent EP il y avait une très jolie cover de Amazing de Kanye West, pourquoi ne pas l’avoir intégrée à l’album ?
Je compose beaucoup mais je fais également beaucoup de reprises, du coup je trouve que c’est une chance qu’aujourd’hui des morceaux puissent sortir même si ce n’est que sur iTunes ou Myspace, plutôt que sur ce format (qui se raréfie) du "tous les 4 ans on fait un nouvel album". C’est une très belle chanson mais après un mec comme Kanye West qui a une sale réputation, j’avais pas envie qu’on ne me parle que de ce titre-là, je n’avais pas envie qu’elle dénote.

C’est Stuart Sikes (The Walkmen, Cat Power) qui a produit ce premier opus comment ça s’est fait ?
En réalité, il a réalisé la deuxième partie de l’album, la première s’étant faite à Paris. On cherchait quelqu’un pour travailler sur cette deuxième partie d’album et j’ai, tout bêtement, regardé dans ma discothèque et son nom est revenu sur plusieurs albums que j’aimais bien comme notamment les Walkmen, les White Stripes, Cat Power et je me suis dit que ce mec avait fait de super trucs. J’ai fait mes petites recherches, découvert qu’il avait bossé avec Loretta Lynn, qui est une papesse de la country music américaine et j’ai vu qu’il habitait à Dallas, donc j’en ai parlé au producteur du disque et lui ai demandé si c’était possible de le contacter. Soit il vaut des milliards, soit il y a une bonne surprise, on ne sait jamais ! Et ce fut une bonne surprise, il a tout de suite accroché sur le projet, je lui ai envoyé un milliard de titres (les précédents EP, des maquettes) et il a voulu bosser dessus donc je suis allée à Dallas. C’était une belle rencontre parce que même s’il a un CV impressionnant, il est hyper accessible. Il s’est vachement investi, en proposant des musiciens locaux pour certaines parties du disque et on a fait des voix là-bas, le mixage.
  
Comment adaptes-tu ton album à la scène ?
Si on devait faire la même chose que sur le disque on serait huit sur scène, mais on est trois, souvent deux, pour des questions logistiques. Il y a donc des morceaux que je ne fais pas comme "Bird", sur le disque il doit y avoir 6 ou 7 flûtes, on l’a fait exceptionnellement à Paris mais sinon c’est impossible à refaire. J’aime l’idée que les gens vont découvrir quelque chose de différent sur scène que sur l’album. Après pour les musiciens et moi, c’est une manière de redécouvrir le disque et les chansons, si c’était pour refaire texto ce qu’il y a sur le disque ça ne serait pas intéressant. On agrémente le tout d’autres parties : à la place d’un violon on va le jouer au clavier sur scène, on change un peu les instruments. On mélange avec les deux EP, on fait des reprises etc. On essaie de faire en sorte que chaque concert soit différent, il y a toujours une petite place d’improvisation. C’est ça que j’aime, tout n’est pas fixé, on ne fait pas tous les soirs la même chose.
 
Tu as pas mal tourné à l’étranger, aux États-Unis notamment, comment ont-ils accueilli une petite frenchy qui joue sur leurs plates bandes ? 
L’accueil est plutôt bon en général. C’est toujours un peu un choc mais justement, je pense qu’ils trouvent cela amusant. En tout cas, les gens sont assez enthousiastes, on ne m’a jamais fait de mauvaises critiques. Les frontières s’ouvrent de plus en plus, avec internet notamment, c’est grâce à cela que j’ai pu jouer un peu partout (en Finlande, en Allemagne, en Chine), les barrières sont cassées. Je m’amuse de ça sur ma page Myspace, il n’y a pas écrit que je viens de France, j’ai dû marquer une connerie genre la lune ou les îles Sandwichs. D’ailleurs, c’est déjà arrivé qu’on croit que je vienne des îles Sandwichs, alors que je ne sais même pas où c’est (rires). Du coup, il y a des gens qui viennent m’aborder et qui ne savent pas d’où je viens et je trouve ça bien, c’est juste pour la musique.
  
Quels sont tes projets futurs ? 
Je suis encore en tournée jusqu’à l’année prochaine, je pense que je vais m’arrêter un peu vers février, après je ferai des concerts mais de manière plus ponctuelle. Là on va aller dans d’autres pays donc c’est chouette, ça va être bien de défendre l’album sur scène. Et je suis également en préparation d’un deuxième album, je pense l’enregistrer entre mars et juin, j’ai déjà la plupart des morceaux, ça ce serait pour janvier 2012, ça va très vite ! Il y aura sûrement un EP qui sortira avant, peut-être avec des duos. Mais après c’est aussi au gré des rencontres, que ce soit un artiste qui me propose de collaborer avec lui, un réalisateur qui veut une musique de film, rien n’est écrit, c’est ça qui est bien.
  
Une dédicace à Paulette ?
Paulette, la culture au coin de la rue vous guette.

 

Dernier clip, Hand Shadows (réal. Hush)




 
ALBUM
Music Maelström :: Emergence/Naïve

MYSPACE
http://www.myspace.com/iamtherodeo

Vous retrouverez très prochainement The Rodeo sur le Karaoké Paulette !

  
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