INTERVIEW : JOSÉPHINE OSE


Paulette a rencontré la jolie Joséphine cette semaine, une parisienne de choc, sourire aux lèvres et regard pétillant.

Cette artiste à mi-chemin entre Anaïs et Pénélope Jolicœur monte pour la première fois sur scène pour un spectacle qui mêle humour et chant – sans oublier une gestuelle comique. En nous dévoilant ses amours ratés, ses coups de foudre, sa famille, Joséphine ose, expérimente, joue de son charme et de son talent absurde pour nous faire rire, tout genre confondu. Et avec un peu de chance, vous aurez même le droit à l’interprétation d’un taliban, d’un guacamole et de la loi Carrez, si si.

 
Paulette : Joséphine Ose, d’où vient ce nom de scène ? 
Joséphine Ose : Mon père était musicien, il était le batteur d’Alain Bashung pendant dix ans. Quand j’avais quatre ans, j’étais timide à l’époque – oui, ça a bien changé depuis ! – il venait souvent me voir et il me prenait la joue en me disant: "ah si j’osais, Joséphine", c’était un petit câlin, "ah si j’osais, Joséphine" répétait-il. Apparemment, de cette petite formule qu’il disait, des années plus tard, il l’a ressorti et il a partagé cela avec un auteur, ils ont pensé à la chanson, Osez Joséphine. Je ne suis pas le sujet de la chanson mais j’en ai été le déclencheur, le gimmick qui a fait que cette chanson existait. Quand j’avais neuf ans je crois, il avait appelé mon père en lui disant : "J’ai la permission ? J’ai utilisé le prénom de ta fille pour une chanson". Joséphine c’est mon vrai prénom, le "Ose" est un véritable clin d’œil à cette chanson et aussi parce que c’est mon premier spectacle, j’ose vraiment faire cette démarche, tout ce que je fais sur scène c’est un saut dans le vide.
 
Quel est l’univers de ton spectacle ? Que fais-tu sur scène, sans tout révéler ? 
Les deux principales choses de mon spectacle sont d’abord que j’essaie de faire rire et que je chante. Après, est-ce que l’on peut vraiment dire que je danse… J’ai quelques chorégraphies dirons nous ! Je pense que derrière tout ça, en faisant rire, ce sont des sujets drôles, très actuels et surtout très autobiographiques que j’expérimente.
 
Qui est Joséphine au quotidien ? 
Le spectacle est assez féminin quelque part mais je ne me considère pas comme une "fifille", même si j’aime bien la mode, la dentelle, les nœuds, les paillettes, le côté kitsch. Par exemple, je suis très entourée de garçons, dans la vie j’ai un côté franc du collier. Mon univers est rempli par le rap, le hip hop aussi, un style urbain qui ne transparait pas du tout sur scène. Je suis quelqu’un de très absurde, j’ai un humour décalé, toujours dans le second degré, j’ai du mal à être sérieuse ! Plus je parle de sujets sérieux d’ailleurs, plus je suis dans l’autodérision. C’est au centre de ma vie !
 
Quelles sont tes inspirations ? 
Musicalement, j’essaie de me dire que je n’en ai pas, même si je pense que l’on est tous nourris inconsciemment par quelque chose. J’adore le rap et le hip hop même si je ne considère pas que je m’en inspire. Les mouvements folks me bercent totalement, j’aime bien Keren Ann, Feist, Pauline Croze en France.
 
Quand as-tu préparé ton premier spectacle ? 
Je l’ai construit d’abord en écrivant les chansons. Pour tout avouer, le spectacle m’a été révélé ! C’est un peu bizarre ce que je raconte… En général, ce n’est pas comme ça que l’on fonctionne si on désire faire une comédie musicale, une histoire et des chansons.
En fait, j’ai écrit une série de chansons avec un compositeur, Antoine Salher (qui est aussi le producteur du spectacle), du coup, tous les deux on a écrit ces chansons-là. Un jour, je les ai fait écouter à mon éditeur, je bosse avec Universal et là, mon éditrice m’a dit qu’à travers les chansons on voyait une fille de vingt-cinq ans, il se dégageait un véritable personnage. Je les ai écoutées à nouveau dans le métro et j’ai vu une sorte de puzzle. Avec sept chansons, j’ai vu une histoire, sans rien inventer ! Les chansons ont donc raconté une histoire. J’ai pris ces chansons, je les ai mises les unes à côté des autres en travaillant les transitions. C’est son anniversaire, puis elle se fait larguer… Entre la réflexion et le moment où le spectacle a été joué sur scène en audition, il s’est passé seulement… quatre mois !
 
Joséphine, es-tu amoureuse ? 
J’ai quelqu’un dans ma vie mais il faudrait lui poser la question (rires) ! Ma grande question : suis-je avec lui ou non ? Oui, mais bon, sa notion du couple n’est pas la même que la mienne ! Il ne répond pas aux codes du couple, un peu cliché, où l’on s’appelle tous les jours pour savoir comment ça va, des choses un peu mignonnes, avoir envie de se voir très régulièrement… On a énormément d’atomes crochus, des sentiments mais il peut se passer plusieurs jours sans m’appeler, pour lui c’est tout à fait normal… Je suis pourtant très en attente, et du coup, je n’ai pas l’impression que ça va créer une relation de couple. Mais il est dans mon cœur et dans ma vie.
 
Quel est ton titre musical culte, ton "indémodable" ? 
Je peux écouter en boucle, à l’infini, Marvin Gaye. C’est un de mes artistes favoris, je connais toutes ses chansons par cœur. Si je devais te donner un artiste sinon, même si c’est dur, je dirais Alain Chamfort, notamment son album Neuf, que j’aime bien.
 
Entre l’humour et le chant, ton cœur balance ? Si tu devais choisir ? 
Ah, j’ai eu beaucoup à choisir entre les deux ! Je suis comédienne avant de faire de la musique. J’ai d’abord commencé par la comédie, très jeune, quand j’avais quinze ans. Après j’ai arrêté totalement la comédie car j’avais pris beaucoup de poids et j’ai eu un repli sur moi, je n’assumais pas ce que je projetais, par dépit j’ai arrêté de faire ça et je me suis mise à la musique. Je n’ai fait que ça. J’ai fait des concerts, j’ai écrit pour les autres. Le chant m’a ramené à la comédie, pendant un an et demi je me suis remise à la comédie, retour à la case comédienne. Du coup, j’ai fini par réunir les deux.
Aujourd’hui, si je devais choisir entre la comédie et le chant, je pense que je voterais pour la comédie. Comme j’écris pour d’autres artistes, mes désirs d’écriture seront forcément remplis pour d’autres en fait. À terme, je préférerai jouer la comédie, c’est sûr.
  
Un mot à Paulette ? 
Osez ! Tout simplement osez ! J’ai passé beaucoup de temps à ne pas oser oser ! Même si c’est pour se prendre un mur, une claque ou risquer d’avoir du succès ou non, je me rends compte aujourd’hui que je ne regrette pas d’avoir osé. Je suis ravie de l’avoir fait ! 

 

  Retrouvez Joséphine Ose

Tous les mardis au théâtre du Sentier des Halles
Jusqu’au 12 juillet 2011
 
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