INTERVIEW : JÉRÔME VAN DEN HOLE

Photographe, Philippe Lebruman

Non, Jérôme Van Den Hole n’est pas un coureur cycliste hollandais mais bien un chanteur français dont les textes vont vous faire marrer.

"J’ai pas demandé la lune, j’ai pas demandé l’Amérique, j’voudrais seulement seulement seulement du ketchup pour mes frites". Voilà ce à quoi vous aurez droit le 2 mai avec la sortie du premier album de Jérôme Van Den Hole. S’en aller, son premier single, ouvre une petite porte vers son univers loufoque et barré, faisant bien volontiers le grand écart entre NTM et Dutronc. Rencontre avec le maillot jaune de la chanson française.

Paulette : Bonjour Jérôme, raconte-nous ton parcours musical, je crois savoir que tu as eu une formation classique…
Jérôme : J’ai fait 5-6 ans de conservatoire, mon père était musicien. Puis je me suis mis à la batterie et vers 15 ans, j’ai commencé la guitare, les groupes de rock jusqu’à 22-23 ans en parallèle de mes études de communication. J’ai fait des études pour plaire à mes parents. Après j’ai voulu me mettre au chant car je sentais que je stagnais un peu, je voulais reprendre le solfège, les bases, et je suis rentré au conservatoire du 10e. Je ne faisais que du chant lyrique mais ça m’a plu, j’en ai fait 8 ans. On répétait en parallèle avec nos groupes de hip-hop, de hardcore avec des copains du conservatoire dans le bistrot du père d’un pote. À un moment, ce que je faisais a commencé à me plaire, je me suis appelé par mon nom, j’ai lâché la guitare électrique et j’ai rappelé mes copains du conservatoire pour répéter.

Cela a-t-il été difficile de s’assumer en tant que chanteur de variété ?
Moi qui venais d’une culture de groupes anglo-saxonne, je me suis rendu compte qu’on n’était jamais meilleur que dans la contrainte. J’avais des velléités littéraires comme plein de chanteurs français qui ont lu beaucoup de livres. J’ai eu une période où j’écrivais des textes que j’étais le seul à comprendre. J’aurais peut-être eu de bonnes critiques dans Télérama, sûrement pas avec des chansons comme Ketchup !

Les chansons de ton album sont pleines d’humour et de second degré. J’ai été très impressionnée par Debout, le duo avec Camille, très hip hop.
Oui c’est rapé quasiment. Avec Camille, on se connait depuis 2 ans par un copain qui n’est autre que mon batteur. J’avais ce morceau en tête mais je ne voulais pas le chanter tout seul donc je lui ai proposé et ça a marché tout seul.

Ce décalage entre ton côté beau gosse et la malice de tes textes, c’était pensé ?
Non j’ai essayé d’être le plus sincère possible. J’ai fait des études supérieures, j’ai une grosse moto, j’ai fait du rugby aussi, j’adore la littérature, je suis le mélange de tout ça. J’assume complètement, c’est pour ça que j’ai voulu que mes chansons soient fortes mais pas crétines. J’ai énormément travaillé le sens des textes.

J’ai eu l’impression que chacune de tes chansons étaient en référence à un chanteur, quelles ont été tes inspirations pour cet album ?
J’ai écouté énormément de trucs, j’adore le hip hop et pour Debout par exemple, je voulais que ce soit un vrai morceau avec une rythmique bien fat. Chienne de vie ça fait référence aux crooners, j’adore Sinatra, Dario Moreno… Nougaro et Brel pour tous les arrangements de cordes dans la chanson française. On peut voir un peu de Dutronc dans Baise en ville ou bien le Mal-aimé de Claude François dans Juste une minute. Tout a été enregistré live dans la même pièce. On en faisait 4-5 prises et on a retenu les meilleures, j’ai de supers musiciens.



Pour ton premier single S’en aller, tu te dévoiles de façon ultra-sobre mais efficace…

C’est une présentation quoi. Les idées qu’on nous a proposées étaient vraiment tartes donc on a choisi cette option-là, façon mini-scènes de l’Actor Studio où tu enchaînes les émotions. Après je ne suis pas sûr que cette chanson est celle qui me ressemble le plus. On sortira Boum boum après…

Côté scène, ça prend bien ?
Ça se passe hyper bien, même si c’est assez neuf. J’ai fait les premières parties de Renan Luce en duo avec mon pianiste et ça marche bien, les gens chantent le refrain de Ketchup, tapent dans les mains sur Boum boum et lèvent les mains sur Paradis, ils adhèrent au concept. Même résultat pour la première partie des Ogres de Barback en Belgique, je suis hyper content.

Un compliment pour Paulette ?
Je t’imagine évidemment allongée dans les blés avec une jolie robe à fleurs et un retour à la ferme avec les fesses qui piquent. Façon Isabelle Adjani dans l’Été meurtrier, un peu mutine…

Donc tu es Souchon ?
Un peu oui, je serai Pinpon.
 

JÉRÔME VAN DEN HOLE
EMI

Sortie le 2 mai 2011

Retrouvez-le :
> 24/04 : Printemps de Bourges
> 12/07 : Francofolies de La Rochelle

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