INTERVIEW : I’M FROM BARCELONA

Photo, Matt Hass 

I’m From Barcelona c’est vingt-neuf Suédois formant une "chorale punk" comme ils aiment à se décrire.
 Rencontre avec le chanteur principal, Emanuel Lundgren.

Après avoir testé la mélancolie avec Who Killed Harry Houdini? (2008), les Suédois retrouvent avec Forever Today, leur nouvel album, l’entrain de leurs débuts (Let Me Introduce My Friends, 2006). Le meilleur remède anti-coup de blues printanier à ce jour. 
 
Paulette : Est-ce que I’m From Barcelona est toujours composé de 29 membres ou tu en as perdu en route ?
Emanuel : Ça change tout le temps. Quand on a commencé il y a cinq ans, on avait tous autour de 25 ans, et aujourd’hui dix bébés sont nés au sein du groupe, ce qui change évidement le nombre de personnes pouvant aller en tournée. Ça n’a jamais été l’histoire d’un chiffre mais davantage celle d’un groupe de personnes qui s’aiment et aiment être en tournée ensemble. Pris un par un, on est assez ennuyeux, mais mettez-nous ensemble et quelque chose de bizarrement bien se produit. Demain par exemple, on ne sera que 16 au lieu de 17, un guitariste m’a appelé, il ne peut pas venir !
 
Comment gérez-vous ce genre d’imprévus ?
Par rapport au changement de demain, j’ai appelé le clarinettiste, qui est aussi un bon guitariste, je lui ai envoyé toutes les partitions de ce qu’on allait jouer et je lui ai demandé de jouer de la guitare sur les morceaux où il ne joue pas de clarinette. Il faut toujours être prêt à improviser, c’est ce qui est excitant. Si je n’aimais pas ça je suppose que je serais dans un groupe à quatre…
 
Étant donné la taille du groupe, est-ce qu’il vous est déjà arrivé que la scène soit trop petite ?
On aime l’improvisation, aussi si on ne tient pas tous sur la scène on descendra dans le public, ça n’a pas d’importance, c’est toujours de la musique. L’idée de la scène paraît si archaïque… Dans un monde parfait, il n’y aurait pas de scène, juste une fosse énorme avec des gens qui aiment la musique.
 
Que s’est-il passé pendant les deux ans qui nous sépare de votre album précédent ?
J’en suis arrivé à un point où j’étais tellement ennuyé par moi-même que j’ai demandé à chaque membre du groupe d’enregistrer leurs propres chansons. Nous en avons fait un album, il y a un an, intitulé 27 Songs from Barcelona. C’était une sacrée expérience. Et pendant que l’on faisait cet album, de mon côté j’essayais d’écrire des textes, en envoyant des démos aux membres du groupe, pour savoir ce qu’ils en pensaient, puis on a répété. On a essayé d’enregistrer cet album en live dans les studios. Quand nous avons commencé, il y a cinq ans, nous n’étions pas vraiment un groupe, depuis on a fait beaucoup de concerts et je me suis rendu compte qu’en live il y avait quelque chose que je n’entendais pas sur l’album. Cette fois, je voulais essayer de capturer ce qui se passe quand on est tous ensemble, ce que les gens voient en live. C’était très drôle d’enregistrer de cette manière.
 

Au niveau de la composition, comment ça se passe ?
Quand on va à l’école, on nous impose un sujet, et bien là c’est moi qui définis le sujet et ensuite tout le monde fait ses devoirs (rires). Souvent mon idée de départ change dès que je la propose au groupe, car nous sommes tous très différents, avec des goûts musicaux très éclectiques, et au final elle se transforme en quelque chose que je n’aurais jamais pu penser seul. J’essaie d’écouter ce que tout le monde a à dire, c’est quasiment une mini-démocratie. Si, par exemple, toute la majorité préfère telle chanson, alors que je préfère telle autre, cela veut sûrement dire que la première est meilleure, avoir un gros groupe oblige à faire des choix.

Qui admires-tu ?

Tom Waits… Joni Mitchell… Et Prince ! Tout le monde à ses dieux musicaux, j’aime en choisir des plus vieux et plus sages. Je suis quelqu’un d’assez faible donc j’ai tendance à choisir des personnes avec une forte personnalité, une forte aura, pour me rendre plus fort. Je pense que ces trois-là sont des individus très forts avec une vraie vision.
 
Ton meilleur concert ?
Je devais avoir 5 ans, j’étais avec mes parents, sûrement mon premier concert. Pendant le show le batteur a cassé l’une de ses baguettes et je suis allé le voir pour lui demander s’il pouvait me la donner car à l’époque je rêvais de devenir batteur. Il a bien sûr accepté mais un autre membre du groupe est arrivé et lui a dit de me donner de vraies bonnes baguettes. Par la suite, j’avais l’habitude de m’asseoir sur le plan de travail de la cuisine en tapant sur toutes les casseroles avec !
 
Quels sont tes rêves d’avenir pour I’m From Barcelona ?
Je ne sais pas, peut-être ne ferons nous pas de nouvel album, parce que cela devient de plus en plus difficile d’avoir un groupe avec autant de personnes qui sont en train de construire leurs familles. On verra dans 2 ans si l’on est toujours là. Si c’est le cas, je souhaite que l’on devienne encore meilleurs, que l’on soit vraiment honnêtes avec nous-mêmes. Mais je n’arrive pas à visualiser ça, j’ai l’impression qu’on est fini…
 
Vraiment ?!
C’est la première fois que je le dis à quelqu’un. On a fait du bon boulot le temps mais je ne sais pas… ce sera une surprise ! Je ne veux pas dire "on arrête" mais j’ai l’impression qu’on en a bel et bien fini.
 
Un conseil pour les Paulette ?
Si vous avez besoin de rire, regardez Walk On The Wildside sur la BBC, cela m’a fait beaucoup rire quand je l’ai découvert. 
 
 
   I’M FROM BARCELONA :: FOREVER TODAY  
  
EMI Music                       
 
   Disponible depuis le 23 mars 2011

   Site web

 
 
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