INTERVIEW FRANCE BONHEUR : FRANÇOIS AND THE ATLAS MOUTAIN


Photo d’Ethel Chauvin
 
A quelques minutes de son passage sur la scène de RES2014, Lisa a interviewé François, leader du groupe François and The Atlas Mountains, dont l’album, Piano Ombre est sorti en mars dernier.
 
Paulette : Parle-nous un peu de l’ambiance de ton album, Piano Ombre.
François : Ça aurait pu être plus sombre, plus hivernal, mais j’avais envie d’un album dans les bleus, heureusement ça ne l’est pas autant que j’avais l’ambition de le faire. Il y a des touches de lumière qui relèvent le tout, on n’est pas dans du larmoyant ou de l’apitoyant. S’apitoyer sur son sort c’est quelque chose d’assez repoussant.
 
Quelles sont les émotions que tu essaies de communiquer sur scène ? Comment rentres-tu en connexion avec le public ?
Ça ne m’intéresse pas trop, j’ai essayé de le faire à certaines dates où l’enjeu était un peu gros comme aux Francofolies ou aux Vieilles Charrues, mais je me suis rendu compte qu’à partir du moment où ça faisait trop partie du cahier des charges du concert, ça devenait rébarbatif et sans intérêt. L’idée c’est toujours de se laisser porter par ce qui se présente, par exemple au Green Man Festival, je crois que j’ai passé tout le concert les yeux fermés et c’était génial.
 
“Je suis fasciné par les chansons de Christophe.”
 
Tu nous parlais d’une tonalité bleue pour l’album et justement, Christophe (Les mots bleus…), l’une de tes principales influences, jouait sur la même scène que toi en juillet, à Calvi On The Rocks. Est-ce qu’il y a des échanges artistiques entre vous ?
Non, malheureusement j’adorerais être dans sa sphère artistique mais je n’ai pas cet honneur-là. J’ai échangé quelques mots avec lui il y a quelques années lors d’un Taratata, je lui ai dit ma fascination pour son travail. Il m’a dit un mot très cool : qu’il ne fallait écouter personne et ne se fier qu’à soi-même. Son concert à Calvi était très beau, ce n’était peut-être pas l’endroit le plus approprié pour le voir, mais sa création était parfaite. C’est un modèle, si à son âge je pouvais avoir la liberté de faire cette musique-là et la présenter de cette manière, je serais très fier.


 
Piano Ombre termine une sorte de trilogie après Plaine Inondable et E Volo Love, comment communiquent les trois volets ?
Ces trois albums ont tous été faits dans le sud-ouest de la France, il y aussi beaucoup de vieux morceaux, ce qui donne de la cohésion et du lien. Ils représentent tous un lieu, sur “Piano Ombre” par exemple, on ressent fortement cette impression de forêt, sur “E Volo Love” c’est la plage et sur “Plaine Inondable”, c’est l’eau. C’est presque comme si tu étais dans l’eau, puis tu sors t’es sur la plage, tu profites de l’espace et de l’étendue après l’expérience liquide et tu te replonges dans la forêt où il y a beaucoup plus de reliefs, de détails avec une dimension un peu plus menaçante. Au niveau de l’équipe, les trois ont été arrangés par Amaury Ranger qui est le percussionniste et bassiste du groupe mais qui a pris beaucoup de décisions musicales et artistiques.
 
Sur le troisième volet, tu as collaboré également avec Ash Workman, le producteur de Metronomy. Qu’est-ce que ça t’a apporté ?
Il est très transparent, il n’a pas eu beaucoup d’influence sur la composition des morceaux. En revanche, il est très fort pour mettre en valeur ce que le groupe apporte et pour élaguer, aller à l’essentiel du son. Je l’ai choisi parce que je trouvais que dans le son du dernier album de Metronomy il y avait cette démarche de dépouillement, d’aller  à l’essentiel.
 
“Ramassez des luisettes sur la plage les Paulette !”
 
#FranceBonheur : Tu es issu de la région Epuisette, je voulais avoir tes bonnes adresses si on va se balader vers Saintes, La Rochelle…
Je conseillerais les Paulette d’aller ramasser des luisettes, c’est un coquillage qu’on trouve sur l’île d’Oléron à marée basse, on les fait dégorger dans de l’eau et on les faits cuire avec de l’ail et du beurre salé. Ou alors faire une éclade de moules, qui est une manière de cuisiner les moules en Charente-Maritime (on roule les moules à la verticale les unes sur les autres sur une planche, on ramasse des aiguilles de pin, on met une épaisseur d’environ vingt centimètres sur les moules et on met le feu). Sinon, dans la rue du port à la Rochelle il y a un très bon glacier.
 
Quels sont tes projets pour cet automne ?
On va tourner tout l’automne et en janvier, on sortira une collection d’enregistrements qu’on a faits avec des musiciens du Burkina Faso. Ça va sortir sous forme de site web et de vinyles, on va d’ailleurs à cette occasion essayer de faire venir les musiciens pour jouer avec eux.
 
Une dédicace aux Paulette ?
“Continuez d’être des filles qui nous font rire et nous donnent le sourire !”
 
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