INTERVIEW : AEROPLANE

Photos, Angels & Ghosts

Remixeur de Grace Jones, George Michael ou Cassius, le DJ from Belgium Vito De Luca, alias Aeroplane, sort en octobre une compilation In Flight Entertainment.

Une heure de mix fait uniquement d’exclusivités, d’inédits composés spécialement pour l’occasion par les artistes qu’il considère comme être les prochains grands noms sur la liste.

Paulette : Salut Vito. Ça plane pour toi ?
Aeroplane : Tu sais, j’aurais bien aimé avoir composé ça ! Maintenant, grâce à ce titre, il est pété de blé, sur son boat, tranquille… Sinon, oui, tout va plutôt bien en ce moment.

"Aeroplane", c’est parce tu hésitais entre DJ et pilote d’avion quand tu étais petit ?
A l’époque, on s’appelait Javelot et on faisait les mêmes mélodies, mais avec des sons beaucoup plus agressifs. Au final, c’était pas terrible, on ne savait pas le faire. Et puis on a sorti deux tracks, "Caramellas" et "Aeroplane". C’est venu comme ça. Moi je voulais qu’on s’appelle Pistache, mais ça ne l’a pas fait.


Parle-nous de ta jeunesse. Tu as une formation musicale, tu avais un magasin de disques… La musique, c’est une vocation ?
Oui, j’ai été dans une école de musique de l’âge de 9 ans jusqu’à 18 ans. J’ai fait du solfège, du piano, de la guitare… C’est à la fois une chance et un handicap dans mon boulot parce que j’ai une espèce de carcan. J’ai du mal à bosser à l’oreille comme d’autres DJs, à cause de ma formation justement. Quand j’étais jeune, j’ai fait pas mal de scratching avec des potes en buvant des bières, comme les DJs à l’ancienne. Aujourd’hui, c’est plus des shows que des DJ sets. Quand les gens viennent pour entendre tes sons, tu ne peux pas jouer n’importe quoi.



Ton premier album n’est pas à proprement parler un album électro. Les beats sont plus lents, on retrouve des influences disco ("I don’t feel") voire reggae ("We can’t fly"). Comment le qualifierais-tu ?
La musique est électronique à partir du moment où elle est faite avec un ordinateur. On retrouve dans l’album les influences de ceux qui ont fait les grandes années de la pop, comme les Pink Floyd. Sinon, pour les conditions d’enregistrement, on est allé au max de ce qui était possible : tous les live ont été enregistrés en studio. Laurent Burgalat (son producteur, ndlr.) a été d’une aide précieuse.

Tu présenteras ta compil’ In Flight Entertainment le 13 octobre chez Colette. Explique-nous ce projet.
C’est mon "effort de guerre", j’utilise ce que j’ai pour pousser des mecs qui seront les Aeroplane de demain ! Ça a été long et difficile. Pendant six mois, il a fallu contacter les artistes, recevoir les tracks, les sélectionner… jusqu’au dernier moment, j’ai dû faire des choix. C’est vraiment difficile, parce que tu dois privilégier le mix au profit des morceaux, il faut qu’il y ait une cohérence, et même s’il y a des tracks que tu kiffes, tu ne peux pas forcément les mettre dans la compil’, parce que c’est elle que tu dois mettre en avant.

Aeroplane – Big Boys Don’t Cry 

On connaît tes influences musicales : les crooners italiens, l’électronica du début des années 80, la disco soul… Au-delà de tout ça, y a-t-il des personnages qui t’ont vraiment marqué, musicalement ou autre ?
Je suis influencé par des tas de gens au quotidien, célèbres ou non. Dernièrement j’ai vu un documentaire sur le photographe de mode Bill Cunningham. Il disait "Tant que tu ne touches pas à l’argent, personne ne peut te dire ce que tu dois faire." C’est génial de voir qu’on peut être le meilleur et rester 100\% intègre. Sinon il y a aussi Sébastien Tellier qui est pour moi d’une intelligence artistique énorme. J’adore "La Ritournelle". On avait bossé ensemble, mais je n’ai jamais réussi à hisser le mix à la hauteur de sa performance.

Ton quotidien, c’est plutôt Playstation entre potes ou play music entre deux avions ?
J’ai grandi tout seul, mon quotidien c’est bosser, manger – j’adore manger – et me cultiver. J’aime bien emmagasiner un max d’infos, regarder des documentaires. Je suis un musical nerd à 200\%, et pourtant la technologie me gave : les ordinateurs ne marchent pas, et je ne comprends pas que personne ne s’en soit encore rendu compte !

J’ai lu que ton rêve de gosse serait de faire une soundtrack. Je t’offre la possibilité de réaliser ton rêve, là maintenant. Quel film choisis-tu ?
Je ne voudrais pas réaliser la soundtrack d’un film déjà existant. Mais dans le style, ça serait plutôt le genre de musique qui font les films, de vrais thèmes musicaux : Rocky n’existerait pas sans sa soundtrack par exemple. Le genre de réalisateur qui m’inspire ? Aronofsky dans sa période π ou Requiem for a dream.

 

AEROPLANE :: IN FLIGHT ENTERTAINMENT
Eskimo Recordings

Sortie le 13 octobre

En concert :
13/10 – chez Colette (Paris), 17h

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