HINDS, BANDE DE FILLES MADE IN MADRID

Hinds, retenez bien leur nom ! Le 31 octobre, ces quatre Madrilènes endiablées joueront au Pitchfork à Paris et, le 29 février, elles se produiront au Badaboum. Programmées en première partie des libertines au Zénith et véritable phénomène de cet hiver, Paulette a eu la chance de les rencontrer lors de la 24ème édition du festival La Route du Rock en août dernier. Interview.

Sous le soleil -très- paresseux de Saint-Malo, quatre jeunes filles aux tignasses emmêlées et relevées en palmier par un gros chouchou rient aux éclats sur des gros canapés. “Hola !” avaient elles prononcées en choeur au début de l’interview, le sourire aux lèvres et en relevant leur canette de boisson énergisante. Vêtues de t-shirts et jeans trop grands dénichés en friperie aux quatre coins du monde, Ana, Carlotta, Amber et Ade fument cigarette sur cigarette tout en prenant la parole pour répondre à nos questions.

Paulette : Il y quelques mois, vous vous appeliez Deers, mais suite à l’ordre de l’avocat d’un groupe qui porte le même nom, vous avez dû en trouver un autre, Hinds. Du cerf à la biche, vous avez une obsession avec cette race animale ou je me trompe ?
Ana : Hahaha on croirait, mais non ! Il fallait bien choisir un nom pour notre groupe, on trouvait ça cool au départ de s’appeler Deers, c’est mignon. Puis on a eu des problèmes avec ce nom-là, on était menacés, ce n’était pas drôle du tout, du coup on a trouvé un truc qui serait le plus proche, le plus ressemblant. Après un petit brainstorming, on a choisi celui-ci.
Ade : En vrai, on aurait pu prendre le nom de n’importe quel autre animal !

Parlez moi un peu de votre premier album, disponible le 8 janviers prochain.
Ana : Il s’agit d’un disque avec douze chansons avec différents états d’esprit, différentes facettes. On l’écrit et le prépare depuis un an maintenant. On a travaillé toutes les quatre ensemble. On a toutes participé à l’écriture des lyrics, des compos. En général, Carlotta et moi trouvons facilement les mélodies qui correspondent aux paroles qu’Amber ou Ade écrivent.
elles écrivent toutes des chansons, on le fait ensemble, on en parle beaucoup.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour ces nouveaux titres ?
Carlotta : En fait, ça nous arrive souvent d’écouter une chanson et d’adorer les sentiments qu’elles dégagent, ça nous inspire beaucoup et ça nous entraine à écrire et penser à d’autres mélodies. Par exemple, si cette chanson me rappelle le fait que je suis en train de passer une bonne journée, ça me donne envie d’écrire sur cette émotion-là.
Ana : Rapidement, on se dit “ok, essayons de faire un riff qui sonnera comme une envie de passer une chouette journée”. Mais il est clair que le fait de voyager énormément nous influence beaucoup sur nos envies musicales, c’est assez logique, on voit et vit pleins de choses, du coup on écrit dessus.
Carlotta : C’est vrai, beaucoup des morceaux sont inspirés des personnalités qu’on a croisées sur la route. On a rencontré ce garçon en Australie qui nous a parlé de telle chose, qui nous a emmenés dans tel endroit, et rapidement on s’est dit “tiens on va en faire une chanson sur lui dès qu’on rentre à Madrid ».

Vous écrivez et composez seulement à Madrid ?
Carlotta : Oui absolument. On ne fait ça que chez nous à Madrid. Ailleurs c’est pas possible. Dès qu’on rentre à la maison, on se réunit pendant des jours et des jours pour faire le point sur les choses qui nous ont marqués lors de notre dernier voyage, nos derniers concerts, nos dernières rencontres. Puis on bosse sur de nouveaux morceaux, avant que nos pensées s’effacent.

Vous avez récemment mis en ligne le clip du titre “Chili Town” dans une ambiance très urbaine, vous êtes assise sur des bancs, en train de faire la fête très simplement avec des bouteilles d’alcool et des cigarettes, un peu comme des ados… Qui a eu l’idée de le réaliser ainsi ?
Carlotta : On s’est vraiment amusées pour le faire, sachant qu’on avait absolument zéro budget…
Ana : Je pense qu’il y a une chose que tu dois savoir sur nous… Nous sommes Hinds et nous prenons la plupart des décisions nous-mêmes. Lorsqu’on doit réaliser un clip vidéo, on s’occupe de contacter les gens avec qui on veut travailler, on trouve l’endroit où on veut réaliser la vidéo, on s’occupe de tout en fait. C’est super dur de trouver tout ça et ça coûte beaucoup d’argent. Jusqu’à présent tous nos clip vidéo sont faits maison même si on a un label etc…
Carlotta : Même si nous avons un label, on a garde le contrôle sur tout et c’est essentiel. Or, si on sort trois nouveaux morceaux, on va avoir du budget pour un seul clip. Du coup, on doit choisir quelle chanson qui sera favorisée car les deux autres auront un clip sans budget, à savoir quelque chose de très simple et homemade ! “Chili Town” en est l’exemple. Mais au final on est super contentes du résultat.

Pourquoi avoir choisi l’ambiance street, presque digne d’un clip de rap ? Carlotta ressemble un peu à la chanteuse MIA dans la gestuelle !
Carlotta : Haha oui, c’est trop bien que tu penses ça car c’était un peu mon intention. On avait envie de réaliser un clip qui relate notre quotidien pendant notre temps libre. On s’habille avec des fringues amples et cool, trouvés en friperie généralement, on rencontre des gens dans la rue, on fait la fête.

Vous avez un peu l’allure de quatre garçons manqués, désinhibées et qui assument pleinement leur attitude !
Ana : Oui exactement, on savait que ça ferait rire les directeurs de notre maison de disques, ce côté un peu tape-à-l’oeil. En plus c’était notre dernier clip avant la sortie de l’album donc il fallait que ce soit un peu marrant. Résultat, il y a eu 17.000 dès les trois premiers jours de la mise en ligne.

Comment avez-vous débuter à jouer de la musique ?
Ade : J’en joue depuis que je suis toute petite, avec divers instruments. Depuis toujours, je rêvais de faire partie du monde de la musique, que ce soit sur scène ou en backstage.
Carlotta : Tu avais un groupe quand tu étais plus jeune aussi…
Ade : Oui mais ce n’était qu’un groupe de reprises donc ça m’avait juste donné un peu d’expérience.
Amber : J’ai commencé à jouer de la batterie il y a 10 ans, toute seule, en regardant des vidéos. J’étais super fan de Matt Taylor des Arctic Monkeys… On l’a rencontré depuis, c’était un rêve d’ado !
(L’interview prend soudainement la face d’une discussion entre adolescentes toutes émoustillées, moi y compris.)?

Oui ! Je me souviens d’une photo sur Facebook de vous quatre enlacées par Alex Turner ! Comment est-il en vrai ?
?Carlotta (hilare) : Il est tout petit ! Mais en dehors de ça, c’était tellement surréel de le rencontrer. Imagine la scène, on a aperçu ce garçon qui portait un blouson de cuir noir, de profil, qui allumait sa cigarette avec une élégance et une virilité hallucinante. Il s’est retourné vers nous et là, c’était lui. On était bouche bée c’était ridicule ! Il faisait tellement “rockstar”, et finalement est très simple et gentil.
Ana : Bref, pour reprendre avec notre envie de faire de la musique, moi je n’ai jamais vraiment rêvé d’avoir un groupe jusqu’au moment où j’ai eu le mien. Carlotta et moi avions l’habitude de jouer des morceaux toutes les deux et on s’est spontanément demandées si on était capable de créer un groupe. On ne savait juste pas comment débuter, on avait pas d’argent pas de contact. (Au départ, le groupe Deers n’était constitué que d’Ana et Carlotta, depuis 2011. Amber et Ade sont arrivées après la sortie du titre “Demo”, en 2014.)
Carlotta: On a toujours était très très liée à la musique, on allait à énormément de concerts, on voyait nos amoureux de l’époque jouer dans des groupes et on les admirait en partie pour ça. On adorait cet univers, on avait même un club de musique.

Donc vous avez tout appris en quelques mois ?
Carlotta : Carrément, on a tout appris sur le terrain en pratiquant encore et encore lors de multiples concerts en Espagne. Une fois que le groupe était créé, tout a été très rapide.

Comment a débuté votre collaboration avec Burger Records ?
Carlotta : Cette histoire est folle, tu dois la connaître… En fait, Burger Records est mené par deux types, Sean et Lee, qui sont accessoirement deux des gros fumeurs de weed, comme nous. Sean était venu à un festival dans le sud de l’Espagne qui s’appelle Monkey Week et il était totalement perdu. C’était la première fois de sa vie qu’il quittait la Californie. On est rapidement devenue copines avec lui car on voulait prendre soin de lui ! Il avait l’air si seul et désorienté, on l’emmenait aux concerts, aux soirées. Par moments, on lui demandait s’il avait faim et il nous répondait qu’il était affamé donc on le fâchait pour ne pas l’avoir dit plus tôt. C’était vraiment très drôle… Et puis au fil des semaines on s’est rendues compte qu’on était totalement d’accord avec l’esprit de ce label. Les deux boss aimaient notre musique approximative et notre concept et sont vraiment sincères. C’était le meilleur contrat qu’on pouvait décrocher, ils nous offrent une liberté totale de créativité. On voulait faire des cassettes parce que ce n’est pas cher et cool, ils étaient d’accord avec ça. En général, nous les espagnols on a l’habitude de beaucoup se plaindre mais cette fois-ci nous n’avions vraiment aucune raison de le faire !

Comment a-t-il connu votre musique, vous lui avez juste fait écouter une cassette ?
Ana : Non, lors de ce même festival espagnol, il a regardé du premier rang notre concert. Bon c’est vrai que ce concert était vraiment cool, il faut le reconnaitre on en est vraiment fières haha ! C’était sur un rooftop, l’ambiance était fun etc… Dès qu’on est descendues de la scène il nous a immédiatement dit “travaillons ensemble !”.

C’est une chouette histoire, ça fait plus d’un an à présent que vous êtes produites par Burger Records…
Carlotta : Oui presque, depuis octobre 2014. On travaille ensemble, on ne subit pas la pression d’un boss qui nous impose tel ou tel genre de musique. On leur propose des choses, ils nous disent oui ou non, on collabore ensemble. C’est assez incroyable comme tout le monde aime ce label. Les grandes maisons de disques l’apprécient beaucoup et sont d’accord pour travailler avec Sean et Lee. Nos tournées aux Etats Unis, on les doit à Burger Records et leur enthousiasme. C’est tellement rare de découvrir un label qui respecte profondément le travail des musiciens.

Carlotta : Oui presque, depuis octobre 2014. On travaille ensemble, on ne subit pas la pression d’un boss qui nous impose tel ou tel genre de musique. On leur propose des choses, ils nous disent oui ou non, on collabore ensemble. C’est assez incroyable comme tout le monde aime ce label. Les grandes maisons de disques l’apprécient beaucoup et sont d’accord pour travailler avec Sean et Lee. Nos tournées aux Etats Unis, on les doit à Burger Records et leur enthousiasme. C’est tellement rare de découvrir un label qui respecte profondément le travail des musiciens.

Avant de se quitter, j’avais envie d’en savoir plus sur votre pays natal, l’Espagne… Bien que vous tourniez beaucoup en ce moment, racontez moi un peu quelles sont vos occupations favorites à Madrid ? Le genre de choses qui vous manque le plus quand vous êtes en tournée ?
Ana et Carlotta : La météo ! Mais aussi les rues et la vie nocturne de Madrid ! Les bières presque gratuites…

Vous avez un endroit préféré, un QG quand vous sortez le soir à Madrid ?
Ana : Vers la plaza Del Dos de Mayo, on reste majoritairement dans la rue, à rencontrer des gens, à fumer et boire des bières sur les trottoirs bondés. Même si c’est interdit, la police ne vient pas dans le centre ville et les rues piétonnes, et tant mieux !

Site web : http://hindsband.com/
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