GUILLAUME GIBAULT, PRINCE DU SLIP


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Lucie Sassiat

A 27 ans, Guillaume Gibault est à la tête du Slip Français, une marque de slips made in France qui font un tabac.

Pour la petite histoire, c’est autour d’une bière et suite à un pari que Guillaume s’est décider de créer son entreprise. Alors qu’il était en train de vanter les mérites du made in France, un pote lui dit « tu n’arriveras jamais à vendre des slips, par exemple, sous seul prétexte qu’ils sont fabriqués en France. » Challenge accepted. Il n’en fallait pas plus pour que Guillaume crée son site internet et trouve une petite usine en Dordogne qui lui fabrique ses slips bleu blanc rouge. Affaire montée, et rapidement florissante. En 2012, Les Slips Français lui ont rapporté 300 000 euros de chiffre d’affaires. Impressionnant ? Pas autant que le personnage. Rencontre avec ce jeune entrepreneur.
 
Paulette : Alors ces slips français, ils se vendent bien ?
Plutôt bien, oui. Les Slips Français ont fait un gros buzz, plus que ce que j’aurais pu imaginer !
 
« On joue le code franchouillard »
 
Ce n’est pas trop dur de monter son entreprise ?
J’ai misé mes économies personnelles dans ce projet, environ 9000 euros. Et ça vaut le coup. J’ai toujours voulu monter ma boîte, et aujourd’hui c’est chose faite. Ce qui nous a aidés, c’est notre marketing. On a commencé par détourner les slogans de campagne électorale « En slip, tout est possible », « La France forte en slip », « Le changement de slip, c’est maintenant ». Et on a fait une vidéo un dimanche avec des potes. On s’était dit qu’avec 10 000 vues sur Youtube, on serait super content. On en a fait 100 000. En général, quand tu te revendiques français, tu es vite catalogué. Mais les gens comprennent qu’on rigole. Nous, on joue le code franchouillard. Le plus dur, donc, c’est d’avoir de bonnes idées et d’y aller à fond. Y croire jusqu’au bout.
 
Photo © Lucie Sassiat

Tu as une autre entreprise qui te vient de ton grand-père, n’est-ce pas ?
En 2010, j’ai découvert que mon grand-père, Léon Flam, fabriquait des bagages en cuir pour les pilotes de l’aéropostale dans les années 20. L’entreprise a fermé en 1931. J’ai eu envie de la reprendre. On y fabrique des bagages, des ceintures, bretelles ou encore des cravates. Le tout made in France. Un concept auquel je crois et qui m’a soufflé l’idée des Slips Français, aussi. Vous pouvez trouver nos bagages aux Galeries Lafayette.
 
Comment te décrirais-tu en tant que patron ?
Je suis un patron très cool. Mais on est en train de se développer. On est passé de deux stagiaires à deux CDI et trois stagiaires. Etre cool ça marche bien mais il faut voir comment ça évolue. Lorsqu’on a une grosse entreprise il faut savoir être ferme, serrer les vis. D’un côté j’espère que je serai moins cool parce que ça voudra dire que ça marche bien. Mais je veux quand même le rester. 
 
À quoi ressemble ton look de patron ?
Très cool, aussi. Jean, baskets, chemises et pull. Et évidemment, je porte le Slips français. Et les chaussettes qui vont avec.

Photo © Lucie Sassiat

 
Tes modèles portent des noms de sous-marins : Le Redoutable, le Vaillant, L’Intrépide ou encore le Triomphant. Tu es plutôt… ?
L’Intrépide. Ça sonne bien et c’est notre meilleure vente !
 
De quoi tu t’inspires pour tes modèles de slips d’ailleurs ?
Je m’inspire de tout, de la vie en général. Par exemple du tour de France : on a créé le slip vert du meilleur sprinter. J’aimerais beaucoup voir Joseph Kessel ou encore Jean Dujardin porter les Slips Français. Pour les femmes, je verrais bien Vahina Giocante poser pour nous.
 
« À bas le dictat des femmes, Georges se met en slip ! »
 
Tu redores l’image du slip, en quelque sorte.
C’était le pari. Mais il faut savoir le porter, d’après moi. Ne pas trop être baraqué mais pas trop gros non plus. Ce n’est pas un sous-vêtement sexy, mais mignon. C’est peut-être passé de mode, mais c’est confortable. Je ne dirais qu’une chose : A bas le dictat des femmes, Georges se met en slip !
 
Et ton slip idéal alors, c’est quoi ?
Un slip comme dans le défi-défilé de Zoolander avec Ben Stiller pour ceux qui l’ont vu. Sur un podium, le mec enlève son slip d’une main alors qu’il est en pantalon. Incroyable (rires). Plus sérieusement, les hommes privilégient le confort. Tandis que la femme fait attention au confort mais il doit être esthétique aussi. Elle porte des sous-vêtements pour plaire.
 
Quels sont tes objectifs  pour la suite ?
J’ai forcément envie que ça marche, que nous continuions à nous développer. Le problème aujourd’hui, c’est que nous ne fabriquons pas assez vite. On y va doucement, on prend notre temps, on privilégie la qualité. On aimerait bien développer nos modèles féminins mais on se laisse le temps de faire les choses bien avec les slips pour homme. Nous allons participer à de gros salons de mode et accessoires, et bientôt vendre nos modèles sur Claudie Pierlot. Et en ce moment nous avons un partenariat avec Princesse Tam Tam, nous vendons des coffrets Saint Valentin pour femme (disponibles dès le 6 février). Je pense que ça va continuer de marcher. Bref, nous avons de quoi faire.
 
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