GRAINE DE CRÉATEUR : MAISON FMK

FMK. Qui se cache derrière cet acronyme ? Frédérique Marlène Kragbé, jeune designer de talent qui a créé en 2011 sa marque éthique et poétique au style rétro. Sa collection de robes et jupes tutu 100% made in France nous a séduite. Rencontre avec leur créatrice.

 
Paulette : Qui es-tu ? Quelle est l’histoire de ta marque ?
Je m’appelle Frédérique, j’ai 31 ans. J’ai fait une école de commerce à Nice mais j’ai toujours été passionnée de dessin. J’ai donc voulu intégrer une école de style pour avoir un diplôme de styliste. Je suis entrée à l’Istituto Marangoni à Milan (école qui a formé Domenico Dolce, co-créateur de la marque Dolce & Gabbana, ndlr) où j’ai étudié pendant une année intensive : trois ans en un an, c’était le rythme prépa ! Là-bas, j’ai tout de suite compris que je ne voulais pas travailler pour des marques.
En 2011, je suis montée à Paris et j’ai commencé à élaborer le projet de monter ma propre marque. L’élément déclencheur a été l’exposition d’une de mes collections de pièces uniques aux Galeries Lafayette de Cannes. Cela m’a permis d’avoir un très bon retour et de remporter un prix de la mairie de Cannes. C’est vraiment là que j’ai eu la validation de mon travail, avec l’idée que les gens aimaient ce que je faisais.
 
Comment conçois-tu tes collections ?
Avant, je créais uniquement des pièces uniques : une seule taille, un seul modèle mais c’était assez contraignant pour les clientes. L’année dernière, j’ai commencé à avoir une frustration de ne pas pouvoir habiller toutes les femmes et de ne pas étendre mes collections. Du coup, j’ai “vendu mon âme au diable” et je suis passée au prêt-à-porter. Mais, finalement, c’est plutôt à mi-chemin entre de la couture et du prêt-à-porter.
 
Est-ce que tu dessines tous les jours ?
Tous les jours, tout le temps, j’ai des dessins partout ! J’ai toujours plusieurs carnets avec moi, je dessine beaucoup dans le métro, par exemple. Parfois les gens doivent se demander ce que je fais !
 
Toutes tes pièces sont faites en France et tu proposes une mode éthique, peux-tu nous en parler ?
J’ai opté pour une démarche éthique, écologique depuis mes débuts. Tous les tissus que j’utilise sont issus de maisons de couture. Pour résumer, les maisons de couture commandent des quantités colossales de tissus d’une qualité incroyable dont elles ne se servent pas entièrement. Les tissus sont soit stockés soit jetés. De 2011 à 2014, j’ai établi un réseau avec des agents et distributeurs pour pouvoir récupérer ces stocks de tissus afin de bâtir mes collections. Tout est ensuite produit en France, à Paris.
 
Quelles sont tes inspirations ?
C’est absolument les années 50 – j’en suis complètement dingue, c’est une maladie – et le ballet. J’ai été danseuse pendant dix ans mais j’aime surtout ce que le ballet représente : la grâce, la pureté. Quelque chose de clean mais en même temps de fort. Une ultra féminité.
 

Quelles sont tes icônes ?

Grace Kelly et Audrey Hepburn : elles ont ce côté candide, femme enfant mais avec une maturité classique assumée. Elles avaient une vraie élégance qui est assez rare aujourd’hui. Ce sont des femmes qui m’inspirent toujours, notamment pour mes collections de pièces uniques. Mais je n’oublie pas les femmes d’aujourd’hui : j’aimerais mettre en avant l’image d’une femme espiègle, hyper féminine qui s’assume et recherche du confort.
 
Pourquoi avoir choisi de revisiter le tutu ?
J’ai mis énormément de temps à trouver comment twister un style vintage avec un univers contemporain. Je trouve que le tutu résout le problème : c’est un vêtement qui est presque un accessoire, que chaque femme peut s’approprier. Si elle est très contemporaine elle peut l’associer avec une veste en cuir, si elle a un style plus urbain elle peut le porter avec un sweat et des baskets. À une femme très fine, le tutu donne des formes, à une femme plus forte elle lui donne des jambes interminables… On peut vraiment jouer avec cette pièce.
 
As-tu toujours eu un rapport très fort au vêtement ?
Plus au style, en fait. Je ne suis pas une “fashionista”. J’ai toujours porté des choses qui vont avec mon corps et avec ma vision de la mode, sans suivre les tendances. D’ailleurs, je ne propose pas une démarche tendance parce que je ne veux pas créer une mode éphémère.
 
Avec quelles marques rêves-tu de travailler, en partenariat, par exemple ?
J’adore Maison Kitsuné, leurs sweats en particulier. J’aime beaucoup Carven, aussi. C’est à la fois très féminin et très moderne.
 

Où peut-on retrouver tes créations ?
J’ai décidé d’exister sur Internet exclusivement et de façon ponctuelle sur certains sites de vente. J’aime avoir une relation claire et intéressante avec mes clientes et mettre en place une expérience shopping différente. Je peux ainsi leur proposer un produit de qualité mais à un prix raisonnable puisque je coupe la chaîne de distribution. Aujourd’hui, je peux vendre une jupe tutu 150 € qui valait 450 € quand elle était vendue aux Galeries.
 
Quels sont tes projets ?
Le dimanche  8 mars prochain de 15h à 18h, j’organise une après-midi “Bar à Tutu” au Cat Café, 31 rue de Mogador dans le 9ème. Tout le monde pourra acheter, essayer ou pré-commander mes tutus. Grâce à la campagne de financement participatif qui est ligne sur My Major Company depuis une semaine, je souhaiterais ensuite organiser cet évènement une fois par mois pour créer une dimension humaine à la vente et développer mes créations de tutus.
 
Son site et e-shop >http://www.fmk-design.com/

Pour soutenir Maison FMK et son projet de Bar à Tutu rendez vous sur la page de sa campagne My Major Company >
https://www.mymajorcompany.com/maison-fmk-le-bar-a-tutu
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