GRAINE DE CRÉATEUR : LES INDISCRÈTES


Photos de Nicolas Dormont

Elles fouinent, ici et là, furètent, de leurs regards aiguisés, à la recherche de trésors passés. C’est là toute leur indiscrétion, transposée jusque dans leur nom. 
Les brocantes pour QG, véritables musées recélant de matières premières par milliers, Pauline et Violaine s’adonnent alors à leur art préféré, celui de redonner vie à des matériaux, bribes polies, frises vernies, oubliés.
 
Descendues de leur meuble, ré-attribuées à des formes façonnées dans un atelier français, affublées d’apprêts dorés, d’ornements nouveaux, de touches éclats ambrées, ces pépites d’autrefois retrouvent alors leurs lettres de noblesse en des bijoux magnifiés.

 
C’est comme ça que naît Joséphine B., sautoir presque égyptien, amulette du quotidien. Ou Colette, l’intrépide, forte d’une féminité exubérante, pendant de tout son raffinement pétillant à nos oreilles accueillantes. Ou les Apollonides, vestiges d’une ère royale, déclinées sur nos poignets ou nos fronts en des coloris profonds, tirant leur noble langue à un hiver bougon. Les Indiscrètes lyonnaises ont pensé à tout, même au headband réchauffant nos frimousses engourdies de son admirable fourrure chapka. Nous avons interviewé ces créatrices d’orfèvre au travail de mémoire aussi remarquable que délicat.
 
Paulette : Bonjour les filles, comment vous êtes vous rencontrées et comment votre marque est-elle née ?
Violaine : Après avoir fait la même formation pendant deux ans dans le costume, Pauline s’est orientée en maroquinerie et moi en maquillage, coiffure et perruquerie historique. Les études finies, nous avons très rapidement eu l’envie de travailler ensemble, Notre goût commun pour l’histoire de la mode, la finesse et la qualité des objets anciens a naturellement axé nos créations sur le rétro. De fil en aiguille, nous avons étoffé nos collections, affiné notre univers, des ventes entre copines nous sommes passées aux salons et marchés créateurs puis maintenant aux salons professionnels !
 
Une ère artistique préférée, plus inspirante ?
Notre inspiration vient surtout des modes du début du XXè siècle. La collection de cet hiver est plus dans la fibre des années 30, dans un style art déco.
Au début de la marque, nous chinions des objets en brocante et les transformions en bijoux. Des montres goussets d’origine, des ornements de meuble, passementeries anciennes, nombre de petits trésors qui sont passés entre nos mains! Ce sont donc ces objets qui ont donné les lignes conductrices de nos collections. Tout a été pensé en fonction de la matière première et non l’inverse. 

Nous avons ensuite évolué, nous faisons maintenant de la reproduction. Les colliers sont des broches anciennes, moulées et tirées en série, dorées à l’or fin et émaillées par nos soins. La passementerie des bijoux de tête est faite selon des modèles anciens chinés en brocante… Ce qui nous permet de prévoir de plus importantes quantités de fabrication tout en gardant le charme et la qualité de l’époque. 

Maintenant que nous sommes passées à la reproduction et la série, nous cherchons un type d’objet pour monter nos collections tout en nous laissant encore la liberté d’être surprises par une trouvaille. 

 
Comment travaille-t-on en duo sans se bouffer le nez ?
Le truc c’est qu’il faut se bouffer le nez justement ! Après 3 ans de travail ensemble, nous avons eu des situations galères, de grosses situations de stress, des coups de bourre, les soulagements, nos moments de fierté… Bref tout ses moments qui font que les températures d’humeur sont variables et il faut parfois lâcher la soupape !
 
Une fois le bijou créé, qu’en est-il du choix du prénom  de ce nouveau-né ?
Une fois le modèle créé, c’est brainstorming ! On prend un moment à dire tout ce que cette pièce nous évoque, une époque, un adjectif, un livre, un film… le tout à la volée. Les noms sont donc choisis selon notre ressenti et dans l’esprit de la marque. Sur la nouvelle collection, par exemple, nous pouvons retrouver le sautoir Joséphine B. pour Joséphine Baker, c’est une ancienne broche aux formes raffinées et aux accents ethniques, ou encore la collection Aspasie, courtisane érudite grecque, avec ses galons lamés, tressés, tissés,  qui renvoient le souvenir des statues grecques.  

 
Quels vœux pour l’avenir des Indiscrètes ?
Mille boutiques qui distribuent nos créations! Mille articles ! Mille vœux à réaliser! Nous avons encore mille choses à faire, et c’est ça qui est bien.
 
 
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