GRAINE DE CREATEUR : CLIVIA NOBILI


Photos de Merel’t Hart

Le truc de Clivia Nobili, c’est le vêtement de travail. La créatrice de mode revisite les uniformes de postier et autres blouses de peintre depuis cinq ans. En juillet, elle a été récompensée au concours européen des jeunes créateurs ACTE « The Fashion Contest Awards ». Des projets plein la tête, Clivia Nobili rêve aujourd’hui de développer sa marque, et son équipe. Rencontre !


Paulette : Depuis tes débuts dans la mode, tu as multiplié les expériences. Racontes-nous !
Clivia : Je me suis accrochée et raccrochée au vêtement à partir de mes années collège. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, le milieu de la mode est vaste. Il comprend de nombreux métiers, tous plus passionnants les uns que les autres. Du coup, pendant dix ans, j’ai essayé des choses très différentes. J’ai cherché à me faire une idée de ce que pouvait être ma place dans la mode.
 
Quelles ont été ces expériences ?
J’ai débuté chez Lee Cooper et Ventilo, je faisais des petits jobs d’assistante attachée de presse. Ensuite, j’ai été engagée chez Yohji Yamamoto. J’avais 19 ans et je me suis pris une grande claque. Avec lui, j’ai vraiment appris un métier. Je coordonnais les shoppings presses pour les magazines de mode, je préparais les défilés etc. Un temps, j’ai été assistante photographe à New-York. C’est là-bas que j’ai pris mes premiers cours de Fashion Design, à FIT. A mon retour en France en 1999, j’ai postulé à la biennale des jeunes créateurs d’Europe et Méditerranée. J’ai alors créé mes propres vêtements. Je suis arrivée première lauréate française et j’ai présenté mon projet en Italie. Je n’étais pas sûre de moi, j’ai d’ailleurs longtemps cherché mon mode de création propre. Ce n’est qu’en 2008 que j’ai monté ma marque à Marseille.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je suis inspirée par le monde du travail et le vêtement du travail. Parce que c’est très large ; à la fois sociologique, politique, historique. La photo, les tissus et l’environnement sont pour moi des sources d’inspiration. Je cherche à créer des vêtements fonctionnels et assez chics.
 
Tu privilégies la fabrication française, pourquoi ?
Lorsque j’ai crée ma marque, j’ai éliminé tout ce qui me posait problème en tant que jeune créatrice. Je ne pouvais pas commander 40 000 tissus, parce que je n’avais pas les reins solides. Pour faire correspondre mes créations aux vêtements de travail d’antan, j’ai cherché de l’écru. Par chance, un fabricant sur le point de fermer m’a presque fait cadeaux de ses écrus en denim. Puis, j’ai rencontré une super nana en chambre de commerce et d’artisanat. Elle m’a poussée à faire de la teinture, donc j’ai trouvé un teinturier. La fabrication française est finalement venue par logique. En plus, elle prend sens avec mes collections et les vêtements de travail.


Ta collection a été remarquée lors du Concours Européen des Jeunes Créateurs ACTE en Italie, en juillet dernier. Quel souvenir en gardes-tu ?
Le concours est vraiment arrivé au bon moment, j’en avais besoin moralement et financièrement. Cela fait cinq ans cette année que j’ai monté ma marque, je ne pensais pas tenir aussi longtemps. On a beaucoup travaillé, et ça a payé. Quand on fait quelque chose et qu’on arrive à gagner par rapport à ce qu’on a investi, c’est merveilleux. Je suis très heureuse.
 
Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
Je souhaiterai passer à une vitesse supérieure. Idéalement, j’aimerai ouvrir ma propre boutique, monter une équipe, embaucher une personne ou deux, et faire connaître mon produit. Rien que cela !
 
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