GERALDINE MARTINEAU, NOUVELLE GUEULE SUR LES PLANCHES

Photos de Sébastien Vincent

Crédit stylisme : combinaison pantalon bleu marine Laura Clément par La Redoute. Coiffure : Dessange Paris

On a découvert Géraldine Martineau au théâtre dans Le Poisson belge, en duo sur scène avec Marc Lavoine. Et pourtant, depuis très jeune, la jolie comédienne séduit aussi bien les metteurs en scène que les publics, au théâtre comme au cinéma. Dans Le Nouveau (sorti le 23 décembre 2015), film de Rudi Rosenberg, elle joue Aglaée, une adolescente handicapée physique. Avec Marc Lavoine, Géraldine incarne un petit garçon. Capable de tous les rôles, elle n’a pas fini de nous épater. Interview découverte.

Paulette : Peux tu nous parler de tes débuts de comédienne ?
Géraldine Martineau : J’ai commencé le théâtre à Nantes en amateur, à 8 ans. J’étais dans une compagnie, “La Tribouille” et ça a été une vocation ! Avec le recul, je me rends compte que je n’ai jamais arrêté depuis cette époque. Je suis tombée en amour avec le théâtre. Ensuite, ma famille ne vient pas du tout de là, je n’y connaissais pas grand chose, j’habitais Nantes et c’est en entendant parler du Cours Florent que j’ai décidé de venir à Paris. En terminale, je suis entrée en classe libre là-bas. C’est ça qui a lancé plus officiellement la chose !

Que connaissais-tu du théâtre avant de jouer toi-même dans des pièces ?
J’allais au théâtre régulièrement, après, curieusement, j’allais beaucoup plus au cinéma ! Le paradoxe, c’est que j’étais grande spectatrice de cinéma alors que mon but c’était de devenir comédienne au théâtre… J’ai adoré les planches dès petite fille.

Qui te faisait rêver au cinéma, comme acteur ou actrice ? Ou quel réalisateur t’a amené à aimer cet Art ?
Je me souviens d’un cinéma à Nantes qui faisait des cycles donc je me suis faite le cycle Godard, le cycle Truffaut, dès mes 8 ans. C’était 10 francs la place, on avait souvent les films en différé, 6 mois après leur sortie. Ça m’a tout de suite plu.

Comment te sens-tu sur scène ? Dans “Le Poisson belge”, qui s’est joué au théâtre de la Pépinière, on te sentait très investie, dans ton élément, à ton aise sur les planches.
Oui et puis sur cette pièce, disons que la longueur nous a amené à une certaine liberté, c’était génial. On pouvait emmener la représentation à des endroits différents, devant des publics divers, se laisser porter par le personnage. On était dans l’écoute aussi avec Marc Lavoine, on pouvait aller encore plus loin.

En parlant de Marc Lavoine, c’était sa première fois au théâtre. Il a de belles paroles sur toi, “Une fille très talentueuse”, comment prends-tu ses compliments ? Était-ce intimidant de jouer à ses côtés ?
Au début, c’était très gênant ces confidences ! Il arrêtait carrément la répétition et il me regardait pour me dire, “Je suis scotché quoi ! Je ne peux pas continuer là parce que je la regarde et je suis impressionné !” (rires). C’est tellement rare que l’on me fasse d’aussi grands compliments, de manière aussi généreuse… J’étais troublée. Il en parle naturellement aux autres, à moi, qu’au final je prends tous ces compliments avec joie ! Ça me fait du bien.

“Je ne refuserai aucun rôle. Ce qui me plaît, c’est la diversité.”

On a le sentiment que tu es capable d’accepter des rôles difficiles, d’une personne handicapée à un petit garçon, loin de ta nature. Es-tu prête à tout faire au théâtre et au cinéma ?
Oui ! Je ne refuserai aucun rôle. C’est ça qui me plaît, c’est la diversité. J’aime bien aller chercher ce que je ne suis pas, que ça soit étonnant. Après, c’est vrai qu’au théâtre j’aimerais bien “grandir” un peu. J’ai fait beaucoup de rôles d’enfants, des rôles magnifiques, mais pour la suite, j’ai envie d’être plus grande sur les planches. Au cinéma, si j’ai une belle opportunité de jouer un rôle d’adolescent, je le ferais, c’est différent. Au théâtre, j’ai l’impression d’avoir fait le tour de cet âge.

Ton âge est devenu un mystère, que l’on va garder. Mais tu es loin de l’adolescence maintenant.
Oui, ce mystère me fait rire. J’ai vu apparaître dans la presse des âges complètement différents, je ne sais de quelles sources ! J’en ai souffert de paraître plus jeune que mon âge. Dans la vie, ça a toujours été compliqué, comme par exemple pour me faire des amis de mon âge en vacances, tout le monde pensait que j’avais 8 ans quand j’en avais 14… Ça a toujours été comme ça. Arrivée à Paris à 17 ans, on pensait que j’étais une enfant. On me disait, “Tu fais les courses pour ta maman ?”, alors que non, j’habitais déjà toute seule, j’avais mon bac. Et aujourd’hui, même parfois pour acheter des cigarettes, on me demande ma carte d’identité ! Professionnellement, on m’a donné beaucoup de rôles d’enfants. Mais maintenant, je réalise que c’est une chance de pouvoir faire un rôle de 12 ans comme de 30 ans, et que tout le monde soit un peu perdu avec mon âge !

En plus d’être comédienne, d’aimer le théâtre et le cinéma, je crois que tu aimes beaucoup la musique ?
J’aime beaucoup la musique oui mais en ce moment, je lis énormément. J’ai une envie dévorante de lectures. Le Delphine De Vigan, “Rien ne s’oppose à la nuit” est magnifique, le Virginie Despentes “Vernon Subutex” est splendide. Et je viens de terminer “En finir avec Eddy Bellegueule” d’Édouard Louis et “Un amour impossible” de Christine Angot. En ce moment, je ne sais pas ce qu’il se passe mais cette envie de lecture me prend la moitié de mes journées. Je lis chez moi, sur mon canapé en plus… (rires).

Tu as grandi à Nantes mais est-ce que l’on peut dire que tu es une vraie parisienne maintenant ?
Oui je crois ! J’adore aller au théâtre, je vais voir mes amis, j’aime découvrir de nouveaux auteurs, etc. C’est vrai que j’ai beaucoup d’amis comédiens. Après, dans le théâtre, j’ai fait aussi bien du subventionné que du privé, je ne cloisonne pas, je vais tout voir. Et même du stand up ! D’ailleurs, petit clin d’œil à Zazon, allez la voir, elle est géniale. Elle me fait extrêmement rire !

Quels sont tes projets ? Je crois savoir que tu envisages une mise en scène bientôt ?
C’est juste ! J’ai un projet de mise en scène à partir d’une œuvre d’un auteur belge, Maurice Maeterlinck, qui me tient très à cœur, et je suis en ce moment en train de rechercher des productions. C’est “La Mort de Tintagiles”, de Maeterlinck.

“Dans un rêve fou, j’adorerais travailler avec Emmanuelle Bercot.”

Avec quels metteurs en scène ou autres comédiens aimerais-tu travailler ?
Dans un rêve fou, j’adorerais bosser avec Emmanuelle Bercot dont je suis fan (ndlr : réalisatrice de La Tête Haute et Prix d’interprétation féminine à Cannes l’année dernière pour son rôle dans Mon roi de Maïwenn). Et tout autant, dans un rêve encore plus fou, j’aimerais travailler avec les Dardenne (La Promesse, Rosetta, Le Gamin au vélo, Deux jours, une nuit). J’aimerais bien faire un peu plus de cinéma !

Et en théâtre, qui aimerais-tu incarner ?
J’ai joué beaucoup de théâtre contemporain, aujourd’hui, j’aimerais faire du répertoire. Du Racine, Andromaque, du Brecht, j’ai envie d’un grand rôle. Je n’ai pas peur des rôles, je me dis que c’est du travail, toujours du travail.

Un mot de fin ?
Allez au théâtre, au cinéma, profitez de la chance que l’on a en France d’avoir une offre culturelle aussi vaste ! Après les attentats du 13 novembre, il y a eu des baisses de fréquentation un peu partout, alors que c’est important d’y aller, d’être curieux, d’aller dans les salles encore plus maintenant que jamais !

> Actu à venir : la tournée province du Poisson Belge d’octobre 2016 à janvier 2017.

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