GEORGES DE LA SEMAINE #50


Photo de Marie Augustin

Rencontre avec Yann Gael, comédien au coeur tendre.

Paulette : Qui es-tu ?
Yann Gael : Je m’appelle Yann Gael, je suis comédien. Yann avec deux n, mais cette semaine tu peux m’appeler Georges.

Qu’est-ce qui te fait sourire ?
La tendresse.

La chanson que tu écoutes en boucle ?
« Papi Pacify” de FKA twigs. C’est intense, sensuel. Le clip est inattendu, ça parle de confiance et de désir. FKA est une belle femme, une artiste curieuse, en recherche. On lui a beaucoup tapé dessus dernièrement, c’est insensé.

Le métier de tes rêves, c’est quoi ?
Je ne rêvais pas d’être comédien. Faut être fou pour faire ça ! C’est arrivé et j’ai écouté. Chaque rôle est un rêve. Ou un cauchemar (rires). Mais je me souviens à la fin d’une représentation à Marseille, une femme s’est approchée et m’a dit “J’ai compris”. Des larmes ont envahi ses yeux, on s’est pris les mains, on est resté là. Parfois, on arrive à apporter quelque chose aux gens, je veux dire, intimement. Et ils te le rendent. Le métier de tes rêves, c’est ce qui te transporte et si t’arrives à le partager, touché. Moi, c’est ça.

Le dernier film qui t’a fait pleurer ?
BABEL d’Iñarritu.

Quel rôle rêverais-tu de jouer ?
Suis open. Des trucs différents. Tu découvres souvent les rôles quand tu les travailles. Parce que c’est là que la vraie exploration commence. Tu trouves quelque chose que tu ne cherchais pas et ton imagination galope. En dehors de ça, rêver de jouer tel ou tel rôle, ça ressemble un peu à du fantasme pour moi. Au théâtre, avec certains rôles, on se regarde en coin depuis quelques temps. Je pense que je finirai par jouer Louis Laine un jour par exemple. Macbeth, Titus, Oreste. Mais je n’en rêve pas. C’est plus comme quand tu croises un regard et que t’as l’impression que vous vous êtes déjà vus quelque part. Au cinéma, j’aime quand les rôles ont des désirs chevillés au corps. Quand ils veulent quelque chose, qu’ils vont quelque part. Les lames de fond. Pas juste des gens qui sont là et qui parlent.

Un réalisateur fétiche ?
Alors là ! Choisir ? Jane Campion, Steve McQueen, Michael Winterbottom, David MacKenzie, Paul Thomas Anderson, bim! Derek Cianfrance, Cary Fukanaga, Gus Van Sant, Luchino Visconti, Michelangelo Antonioni, Jan Kounen, Orson Welles… Et Adbelkrim Bahloul, qui a commencé à écrire un superbe rôle pour moi.

Qu’est-ce qui te fait craquer chez une fille ?
Qu’elle danse le zouk et parle politique avec la même passion. Si elle embrasse bien… Mamma mia !

La fille de rêve serait…
La prochaine.

La recette que tu ne rates jamais ?
Poulet pimenté au fenouil. Avec des plantins.

Ta phrase culte ?
“I never saved anything for the swim back” Ethan Hawke, Gattaca.

La pièce fétiche de ta penderie ?
Mes Fratelli Rossetti. Les femmes regardent toujours tes pieds. (rires)

Ton dernier concert ?
Concha Buika à Copenhague. “Always say the truth. If you say the truth, your voice is beautiful.”

Un lieu de vacances pour décompresser ?
Je peux pas. Le mot “vacances” me fait flipper. Au bout de 48h, je commence à m’agiter.

Le pire texto que tu aies jamais reçu ?
“I miss you too”. Et le meilleur ? Quand les gens que j’aime me disent qu’ils m’aiment. Ça m’apaise.

Ton plus gros moment de honte ?
Maintenant, l’époque qu’on vit. La montée de l’extrême droite. Je conçois que les nostalgiques se sentent animalement menacés par la différence. Mais je ne comprends pas les logiques haineuses et mortifères à notre époque. C’est lâche d’élever en doctrine que l’enfer c’est forcément les autres. J’aimerais qu’on encourage la jeunesse à croire en elle et surtout à agir. Qu’on intègre les Français qui galèrent à se (re)construire une identité. Que les femmes soient enfin payées et considérées comme les hommes. Qu’on se rende compte que l’unité de la famille c’est l’Amour, et que l’Amour a tous les sexes ou n’en n’a pas. Qu’on arrête de dire des choses et d’en faire d’autres. Et qu’on sorte de l’hyperindividualisme. Voila, tout ça. Entre autres… Je suis fier d’être Français. Liberté Egalité Fraternité.

L’endroit où on peut te croiser un vendredi soir ?
Dans un train Paris-Londres.

The next big thing pour toi ?
A partir du 28 novembre sur France 2, la diffusion de DUEL AU SOLEIL réalisé par Olivier Guignard. J’y joue aux côtés de Gérard Darmon. Peut-être une deuxième saison, on verra… La Martinique, pour un téléfilm France 2 (ma deuxième maison): ROSE ET LE SOLDAT réalisé par Jean-Claude Barny. Et avec Peter Kassovitz, on a un joli film dans les tuyaux. Je me réjouis de travailler avec lui.

En couple ou célib’ ?
Célibataire. La plupart du temps…

Tu nous lâches ton Twitter / instagram ?
Mieux j’ai un site : yanngael.com

Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *