FILS UNIQUE : « JE SUIS NOSTALGIQUE DE MON ENFANCE »


Crédits photo : Thomas Feret

Après avoir passé les derniers mois à écouter « My Girl(s) » de Fils Unique, on s’est dit qu’il était peut-être enfin l’heure de faire les présentations officielles. Vous ne connaissez peut-être pas encore ce jeune bordelais aux mélodies electro-house mais chez Paulette on est certaines que vous allez l’adorer ! Rencontre avec Etienne, l’homme à moustache qui se cache habilement derrière les manettes de Fils Unique.

Paulette : Qui es-tu ?
Je m’appelle Etienne, je suis bordelais, j’ai 24 ans, je suis ingénieur en construction et étudiant en licence 3 d’architecture à Bordeaux. Je suis aussi un peu musicien, producteur… c’est plutôt ce dont on va parler j’imagine.

Tu as toujours voulu faire de la musique ?
J’ai presque toujours fait de la musique, j’ai commencé à apprendre le piano à 3 ans. Au collège on avait un groupe un peu nul, un peu pop qui s’appelait « Mangez D Nouilles » mais on a pas fait ça pendant très longtemps. Au lycée par contre j’ai complètement arrêté, je pense que c’est le propre de cette période, faire absolument tous les mauvais choix pendant 3 ou 4 ans ! J’ai repris juste après, j’ai fait du rap en groupe et de la musique électronique en duo, puis tout seul. Donc pour répondre à ta question : Non, mais presque.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la grande aventure musicale ?
Je travaillais sur la musique telle que je la fais aujourd’hui depuis presque 3 ans quand j’ai fait écouter un morceau à un pote qui fait de la vidéo. Il a aimé et il m’a dit « vas-y, on fait le clip ». À l’époque je ne le connaissais pas bien, je faisais des trucs tout seul depuis trop longtemps j’avais envie que des trucs sortent, j’avais envie d’avoir des « copains de projet » alors j’étais chaud comme la braise. J’ai fait un maxi, on a fait un clip, et pour le coup on est devenu très copains. Foggy Lagoon est sorti, le clip aussi, et plein de gens m’ont donné envie de continuer. Alors je continue !

Enfant, tu voulais faire quoi ?
Au début je voulais être joueur de rugby, comme tous les enfants qui font du sport, c’est normal. J’ai très très vite compris que ça ne serait pas du tout possible alors après je voulais être entraineur de rugby ! Puis tout ça m’est passé, le moment de choisir mon avenir est arrivé. Sauf qu’on nous demande de faire ça au lycée, au pire moment ! En 2007 j’ai vu New York et en rentrant je voulais faire des tours, des gratte-ciel.



Quels sont les 3 morceaux qui ont bercé ton enfance/adolescence ?

Dave Wise – Stickerbrush Symphony : Plutôt enfance, école primaire. A la maison, les disques qui mettaient mes parents d’accord c’était des trucs de variété que j’aimais pas trop, genre Cabrel et d’autres que j’aimais bien, comme France Gall et Michel Berger. Moi j’écoutais pas grand chose de moi-même. En revanche je jouais à la console, et certains jeux mettaient de vraies BO. La série Donkey Kong était trop bien, la musique y était pour beaucoup, ça m’a vraiment bercé pour le coup.
Gorillaz – 19/2000 (Soulchild Remix) : Plutôt préadolescence, collège. En 2001, je suis en 5ème, je grave mon premier CD, c’est l’album de Gorillaz, avec la jeep. À la toute fin du disque il y a un remix un peu dingo du morceau le plus chiant de l’album. Ça nous avait beaucoup plu, on en avait fait une cover avec Mangez D Nouilles !
Syndicate Of Law – Right On Time : Entre le collège et le lycée, tout a changé. On achetait plus de disques, on ne galérait plus à retrouver de la musique, on s’est mis à découvrir des trucs par nous même et à rattraper des périodes. Au lycée j’ai écouté de la musique électronique de club, un peu dance comme celle là, et du rap. Ce morceau est trop cool, on cassait la piste à chaque fois.

Tu es vraiment fils unique ?
Non, j’ai un frère et une sœur, je les embrasse.

Ça vient d’où ce nom, alors ?
Comme je t’ai dit, j’ai eu du mal à rencontrer une seule personne qui s’intéressait à mon travail, j’avais l’impression de faire un truc tout seul dans ma chambre. Un truc qui occupait mon temps le soir ou la nuit. Ça faisait un peu ça, le gamin solitaire qui joue aux Lego tout seul. Ça vient de là. Après j’ai pensé à plein de double sens et de références, mais ça sera pour une prochaine fois… Pour les Paulette qui ne te connaissent pas, comment qualifierais-tu ta musique ? Jusqu’à aujourd’hui, les morceaux que j’ai sorti étaient en théorie un mélange de house moderne et de pop. Dans la pratique, c’était plus électro que house. Parfois pour la chambre, parfois pour le club, mais il y a toujours de l’énergie dans mes morceaux, des sonorités électroniques, et d’autres constantes qu’on retrouve. En revanche, j’explore les styles, les structures, les références, les émotions véhiculées. Quand j’ai travaillé sur « Building Bridges » ça a été l’occasion de ne jamais refaire deux fois le même truc. Contrairement au premier EP, aujourd’hui je cherche à faire passer des idées, des philosophies. Ce truc de vouloir faire danser sans bourriner, ce truc de mélanger les rythmes, ou encore d’anticiper la scène… J’ai tendance à dire que j’essaye de faire de la musique sexy. Je me base sur mes tous derniers travaux pour te répondre, les premiers étaient moins pensés.

Quelles sont tes influences ?
J’ai deux types d’influences. D’abord j’ai mes influences directes, les morceaux que j’aime entendre, dont j’aime les sonorités, l’efficacité, ou la culture. Ensuite j’ai les influences modernes qui sont tous les gens qui mélangent activement des influences qui me parlent et qui font de leur musique le concentré d’un mélange unique, osé mais sensé. Je m’inspire de ça aussi, car j’aime tellement cette idée que je veux faire pareil, sans pour autant que mon travail ressemble au leur. Ce qui fait que je peux m’inspirer de Brenda K. Starr, Dipset, Madonna, Skepta, ou encore de Petey Pablo pour le raw ; mais aussi des mecs comme Eprom, French Fries, Feadz, Joe Howe, Ikonika, Orgasmic, Sinjin Hawke etc. pour le reste.

Tu es nostalgique des années 2000 ?
Non pas vraiment. Je suis nostalgique de mon enfance, comme tout le monde, de temps en temps on rêve tous d’avoir 10 ans à nouveau. Moi j’avais 10 ans en 2000, tu vois. Ce clip est plus un hommage aux « filles qu’on a aimé avant de savoir ce que ça veut dire » qu’aux années 90/début 2000. C’est juste que je pense qu’on était beaucoup plus réceptifs aux images quand on était petits. Je me vois pas tomber amoureux d’une fille qui joue dans une série bidon aujourd’hui, alors que c’était le cas il y a 15 ans. Et ça, ça me parait important. Quand on me parle du clip, certains me disent des trucs du genre « Mais tu sais pas comment j’étais à fond sur Kristin Kreuk, j’avais des posters dans ma chambre » J’aime bien ce truc de sentiments mal contrôlés, pas assumés pendant trop longtemps et qui ressortent, ça fait des conversations intéressantes.

Tu as fait pas mal de dates cet été, quel est ton meilleur souvenir ?
Le public à Toulouse était bonnard, ils ont trop dansé, ils avaient envie de tous les morceaux que je leur ai passé, de toutes les ambiances que j’ai voulu mettre, c’était du pur plaisir. Je leur envoie un petit bisou, et je reviens le 1er mars. Il y a-t-il un lieu où tu rêverais de te produire ? Oui, à Bordeaux ! Je plaisante mais j’exagère à peine. A chaque fois que je vais à Paris on me demande « ça va, tout roule pour toi à Bordeaux ? » et je leur apprends que pas vraiment, que j’ai fait peut-être deux dates en deux ans là-bas. Dont une qu’on avait nous même organisé dans un bar ! Cela dit je vais y jouer le 5 mars, à l’iBoat, juste avant Adana Twins. Donc je donne rendez-vous aux copains au bateau ce soir-là dès minuit. Il parait aussi qu’une petite soirée  Family se prépare en douce , où je jouerai avec mes potes. J’espère que c’est vrai !

Et si tu devais faire une collab’ sur un morceau, avec qui rêverais-tu de le faire ?
Avec quelqu’un dont j’aime le travail , dont je partage certaines visions mais qui fait des trucs très différents de moi. J’aime cette idée de s’apporter des influences, des techniques, des idées. J’aimerais bien faire quelque chose avec quelqu’un qui vient de l’autre bout du monde et qui aime 30% de ce que je fais, pour aller chercher ensemble le fruit de notre entente potentielle. Sinon, j’aimerais aussi faire un morceau avec une pop star, un hybride pop- r’n’b qui mettrait en valeur l’univers de la chanteuse. J’ai joué ce jeu là à fond avec mon amie ZA sur l’album, vous verrez. Et puis on va continuer à le faire parce qu’on a adoré ça.

Peux-tu nous parler un peu plus de cet album qui est sorti le 2 mars ?
C’est un album dont je suis très content, il contient 12 morceaux dont My Girl(s). C’est un mélange de sonorités et de rythmes que j’aime, qui me font plaisir ou qui me font danser. C’est un peu grime, un peu pop, un peu house ou techno parfois. Ça me ressemble, je me vois déjà le jouer en club, en extraire des boucles pour faire danser les gens ! Je l’ai produit seul, puis j’ai collaboré avec des amis : une chanteuse, un rappeur mais aussi les producteurs Fruckie et Lois Plugged, des bordelais qui m’ont permis de réaliser certains morceaux, qui ont fait quelques arrangements et surtout qui ont peaufiné le son du disque. Je les remercie pour tout ça !

Son titre, c’est un clin d’œil à ta formation ?
Oui mais pas plus que ça. Je ne dirais pas que je n’y ai pas pensé, mais le sens c’est plutôt ce truc de relier des points, de survoler des marécages et de faire sens avec un assemblage de petites choses.

On se sent comment au moment de la sortie de son tout premier album ?
Déjà on dort mieux que quand on le fait ! Et sinon, on a bêtement envie que tout le monde l’aime, alors que c’est pas du tout ce qui est prévu et que jamais cette idée n’est venu pendant sa conception !! Donc en fait j’évite de penser à ce qui va s’en dire, j’espère que les gens l’écouteront et que les papiers qui en parleront seront intéressants.

Parmi les 12 titres qu’il contient, tu as bien un petit chouchou. C’est lequel ?
J’ai plein de petits chouchous, mais j’ai plus de tendresse pour les deux featurings. Hometown avec ZA et Building Bridges avec Cokee Dee. Déjà car ça devient tout de suite une affaire de famille, puis parce que la conception et le rendu m’ont donné envie de continuer à inviter des voix sur mes morceaux. D’ailleurs, pour ceux qui aimeront ces titres là, on vous prépare une surprise.::

Quelles sont les conditions optimum pour une première écoute de cet album ?
Je pense que quand vous aurez lu tout cet interview, vous serez plus que fin prêts !

Tu as déjà d’autres projets en préparation ?
Forcément, l’album est fini depuis quelques mois et j’ai continué de travailler. J’ai pendant ce temps pu réaliser le clip de In Vitro Rebirth. J’ai aussi fait un remix de Neptune de François Ier pour Boxon, un label Bordelais que je remercie de m’inviter dans le jeu. Il sortira avant l’été si j’ai bien compris. Je vais continuer de faire des trucs avec ZA, Cokee Dee et peut-être d’autres gens. Et puis bien sûr je vais continuer de faire des morceaux, continuer de chercher à faire des choses que j’aime.

Un petit mot pour Paulette ?
Bisous.


FILS UNIQUE :: BUILDING BRIDGE

> Article écrit par Amandine Rouhaud

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