FILMS DE ROUTE

Illustration, Amélie Bonnin

Rubber, le road movie complètement taré de Quentin Dupieux (Mr Oizo) est sorti mercredi. L’occasion pour Paulette de revenir sur un genre mystérieux, captivant, intense et sublime. L’épopée vengeresse de Robert le pneu psychopathe ? Vibrant !
 
J’ai lu quelque part que le road movie, c’était essentiellement : (a) aller nulle part très vite ou (b) se rendre lentement quelque part. 

Parce que le définir est impossible (2001 : l’Odyssée de l’espace en est-il un ?), cette petite phrase me paraît plus pertinente qu’une longue thèse d’étudiant en cinéma blafard et ennuyeux. Elle implique l’itinérance, la cavale (Thelma & Louise de Ridley Scott, 1991), l’errance (Stranger Than Paradise de Jim Jarmusch, 1984), la liberté (La Ballade Sauvage de Terrence Malick, 1973), l’amitié (L’Épouvantail de Jerry Schatzberg, 1973), la quête initiatique, etc.
 
Ces thèmes irriguent la fiction et l’art depuis un bail, mais c’est grâce à la Beat Generation (voir le manifeste Sur la Route de Kerouac en 1957) et au Nouvel Hollywood que le road movie devient un genre cinématographique à part entière. En 1969, l’Easy Rider de Dennis Hopper en devient l’emblème monstrueux. Si le road movie s’exporte (notamment grâce à Wenders), son émergence est indissociable de l’histoire et de la géographie américaines – conquête de l’Ouest, immigrations et grands espaces – qui prédestinent au voyage, à l’expansion des frontières.

Avec l’apparition d’une contre-culture dans les années 60, le marginal et le Hipster remplacent le cow-boy. Ils s’opposent aux Squares (les conformistes) et roulent à fond la caisse dans une Chevy 55. Qu’il s’agisse d’une comédie (Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton, 2006) ou d’une œuvre post-apocalyptique (Mad Max 2 de George Miller, 1981), le road movie sacralise les figures d’inadaptés ou de paumés (Un pneu, vraiment ?), cela expliquant peut-être la fascination qu’il exerce.

 
Alors oui l’hiver arrive, mais le road movie nous permet de nous évader et de casser notre quotidien. Je crois que mater Macadam à Deux Voies (de Monte Hellman, 1971) est un bon moyen d’oublier que le temps est pourri, qu’on est une bille en mathématiques et que, définitivement, l’Open space c’est Satan.
DVD

MACADAM À DEUX VOIES :: Monte Hellman (1971)

avec Dennis Wilson, James Taylor, Laurie Bird

32,93 € à la Fnac


Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *