FESTIVAL DE CANNES 2014 : LES PRONOSTICS DE LA REDACTION


Qui remportera la palme d’or pour cette édition 2014 du Festival de Cannes ?

Alors que la 67ème édition du Festival de Cannes se termine ce samedi 24 mai et que le Jury – présidé par Jane Campion – a fini à 14h sa délibération autour d’un déjeuner gastronomique sur les hauteurs de Cannes, l’heure est venue de vous dévoiler nos pronostics chez Paulette.

Délibération du jury dans une villa sur les hauteurs de Cannes

Prix d’interprétation féminine :

Anne Dorval dans « Mommy », de Xavier Dolan.
Quadra un brin vulgos aux jeans à pattes d’eph délavés et aux caracos en résille, Anne Dorval crève l’écran dans son rôle de maman tourmentée, sensible, indépendante, forte et pleine de poigne. La muse de Dolan est extraordinaire dans son jeu tout en spontanéité et féminité.
Ses concurrentes les plus sérieuses ? Hillary Swank en trentenaire pieuse et courageuse dans The Homesman de Tommy Lee Jones et Julianne Moore, en actrice Hollywoodienne névrosée dans Maps to the Stars de Cronenberg.

Prix d’interprétation masculine :

Timothy Spall dans « Mr Turner » de Mike Leigh.
Le comédien Britannique excèle dans la peau du peintre Joseph Turner, homme taciturne, bougon et imprévisible. Et comme les biopics sont souvent l’occasion pour les premiers rôles de raffler la mise, on ne serait pas étonné de le retrouver ce soir à la Cérémonie.
Notre coeur aimerait toutefois que ce soit le jeune Canadien Antoine Olivier Pilon, révélé dans Mommy de Xavier Dolan, qui soit récompensé pour son rôle d’adolescent atteint de TDAH.

Prix de la mise en scène :

« Maps to the stars » de David Cronenberg.
Le réalisateur, habitué du Festival de Cannes, a décidé cette fois de présenter un film choral où tous les personnages, pas du tout liés entre eux au départ, finissent par former un grand clan de dégénérés, liés par l’inceste et la consanguinité. Pour se moquer – avec brio – des moeurs hollywoodiennes, Cronenberg transporte les spectateurs dans un monde cynique et scabreux à travers la succession de scènes toutes plus irréalistes les unes que les autres comme celle où un ado camé abat froidement un chien en lui tirant dessus par inadvertence et celle où une actrice sur le retour exorcise ses vieux démons en sous vêtements, avec la main d’un coach sur ses fesses et l’autre sur sa poitrine. Une satire jouissive.

Prix du Jury :

« Timbuktu » d’Abderahmmane Sissako
Premier film a avoir été projeté en Compétition et seul film de la compétition qui porte les couleurs de l’Afrique, le film du réalisateur Mauritanien pourrait bien recevoir le Prix du Jury. Tout en retenue, Sissako livre un film politique puissant et violent où les personnages se battent pour obtenir dignité et liberté. Très ému lors de la Conférence de presse, on espère qu’Abderahmmane Sissako versera de nouveau des larmes de joie ce samedi 24 mai.

Grand Prix du Jury :

« Deux jours, une nuit » de Jean-Pierre et Luc Dardenne.
On pouvait en douter mais les frères Dardenne ont réussi à se renouveler dans le domaine du cinéma socialo avec ce pamphlet populaire, mené d’une main de fer par Marion Cotillard. Chômage, précarité, dépression, productivité, la violence du travail, la vraie, est ici transposée à l’écran sans fioritures, sans artifices. Résolument d’actualité.
Rivale féroce des frères Dardenne, Naomi Kawase pourrait elle aussi remporter le Grand Prix du Jury avec Still the Water, une fable animiste et naturaliste qui incite le spectateur à regarder le monde par « Deux fenêtres » (titre français, ndlr), soit par la nature, ou par les êtres humains. Entre paysages magnifiques (on retient ces travelings sublimes où les deux personnages se balladent à vélo, la route au premier plan, la forêt, les montagnes et la mer au second) et leçons de vie philosophiques, le film semble posséder tous les ingrédients pour gagner ce soir.


illustration de Charlotte Smith pour le numéro Romantique de Paulette Magazine (actuellement en kiosque)

Palme d’or :

« Mommy » de Xavier Dolan
Dommage qu’il n’existe pas un prix pour les meilleurs dialogues, qui reviendrait sans nul doute à Xavier Dolan, excellent dans le domaine de la joute verbale et qui nous offre un florilège de citations cultes (« C’est qu’il a de l’entregent mon fils ») et de répliques crues et assassines (« Elle a l’cul qui sent la fucking rose »). Tourné en format  1:1, qui se modifie en fonction de la joie ou de la tristesse des personnages, ponctué de ralentis (comme ces scènes où Steve, libre, traverse la rue juché sur son longboard ou perché sur un cadie), et interrompu par une ellipse où le flou est roi (dans un rêve, la mère se plait à imaginer son fils dans 10 ans, marié, diplômé et heureux..), le film est un (electro)choc esthétique indéniable. Ajoutons à tout ça une bande originale parfaite (vous l’aurez compris, on ne tarit pas d’éloges) composée de « White flage » de Dido, « I’m blue » d’Eiffel 65, « On ne change pas » de Céline Dion et de « Colorblind » de Couting Crows et on obtient le film le plus stupéfiant de la Quinzaine et le plus sérieux prétendant à la Palme d’or.
>Si l’on en croit l’enthousiasme des Festivaliers, Mommy de Xavier Dolan devrait remporter la Palme d’or. Il est le choc que l’on attendait tous depuis l’ouverture de la Compétition, la bouffée d’air frais, le petit bijou qui a eu le mérite de susciter une marée d’émotions et de faire chavirer le coeur des spectateurs. Mais on le sait, ce n’est pas toujours le film qui ravit le plus grand nombre qui rafle le graal alors on va croiser fort les doigts et espérer que le petit prodige québécois marque l’histoire du festival en devenant le plus jeune réalisateur depuis Louis Malle en 1956 à obtenir la palme d’or, à seulement 25 ans ! Coeur sur toi Xavier Dolan.
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