FAUSSE MODESTIE ET SOURDE OREILLE

"T’es sûr ?", "Non mais sûr, sûr ?".  Ça, c’est le genre de phrase que tu peux lancer en moyenne 48 fois dans une journée sans que ça te fatigue outre mesure. C’est devenu un automatisme, une vieille routine.
 

Au fond la question, tu ne la poses pas forcément pour avoir une réponse. Non ! Ce que toi tu attends, c’est simplement d’être rassurée, voire de jouer la fausse modeste. Exemple : le jean que tu as acheté chez Zara. Direct quand tu l’as essayé, tu t’es dit que, pour sûr, la petite cambodgienne qui l’a cousu l’a fait pour toi. Jambes fuselées, hanches passables, couleur au top avec ton teint…banco tu le prends. Malheureusement, plus tard tu découvres le pot aux roses : le combo ni-vu-ni-connu-j’tarnaque de la salle d’essayage soit miroir amincissant + éclairage bonne mine = Supercherie.
 
Bref, Tout de même, ce petit jean, tu le kiffes bien. Tu n’es pas la seule. Une collègue t’harponne dans le couloir et te plaque presque au mur "Non mais attend, tu l’as eu ou ce jean ? Il est canon. Je le veux !". Tu es flattée, mais tu te sens obligée de sortir ton "Ah oui, t’es sûre ? Tu trouves qu’il me va bien ?"
 
Et hop ! la FAUSSE MODESTIE clignote en tricolore sur ton front ! Pourquoi ? Pourquoi n’assumons-nous pas de nous trouver jolie quand c’est le cas.  Après tout, c’est rare d’acheter une fringue où l’on se sent comme un boudin dans un concours de miss France. Toi, ce que tu penses c’est : "Ouais, tu as raison. Il est canon ce jean". Mais tu t’empêches de dire ça car au fond de toi tu sais que, dans le quart d’heure qui suit, Monique t’auras déjà collé une réputation de pimbêche racoleuse auprès de toutes les secrétaires de l’agence.
 
Dans un autre cas de figure, le "Tu es sûr ?" peut prendre l’allure d’un : "Attention, je te piège". Parce que parfois, tu doutes. Tu doutes, mais tu ne veux pas forcément entendre la vérité. Alors, tu comptes sur l’amitié à toute épreuve de tes amis, le regard amoureux de ton Georges et l’amour de tes parents.
 
"T’es sûr, je n’ai pas un peu grossi d’ici ?" Là, tu pinces ta bouée ventrale devant le proche à qui tu tends le piège et tu attends une réponse du genre : "Mais pas du tout ! S’il y avait une île de la splendeur, tu en serais la reine". Mais ce que tu obtiens généralement c’est : "Hein ?? Non ! Oui peut être un petit peu ! Pffff" suivi d’un "Mais tu es très bien comme ça".
 
La solution ?  Soit tu entends la vérité, soit tu leur lâches les baskets avec ton "Non mais t’es sûr ?". Et si vraiment tu as un grand besoin d’être rassurée, que tu es à côté de tes pompes, tellement tu te trouves nulle, vilaine, incapable (oui, tu as l’art de l’exagération aussi) tu peux toujours compter sur un duo gagnant. Tes parents. Eux, ils ont mit leur objectivité en boîte il y a 30 ans. Il y aurait un troisième bras qui te pousserait sur le front qu’ils trouveraient que Monica Bellucci à côté de toi c’est une Susan Boyle de bas-étage.
 
Conclusion, sois belle et sois rebelle parce qu’avec toutes ces conneries, tu passes ton temps à te poser des questions au lieu de te pavaner avec ton jean qui te va à la perfection !

 

>Retrouvez Ludivine sur son blog : http://trentenaireparty.blogspot.fr
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