FAITES QUE LE MONDE D’APRÈS NE SOIT PAS FAIT DE DÉCHETS

Les masques c’est sur le nez, pas sous les pieds ! Dans le monde d’après, on continue de se protéger, et de protéger la planète.

C'est comme ça que l'on veut nos rues, avec des masques portés, pas jetés.
Crédit : Clovis WOOD on Unsplash
C’est comme ça que l’on veut nos rues, avec des masques portés, pas jetés.
Crédit : Clovis WOOD on Unsplash

La pandémie a laissé place à un autre virus. Alors que les mégots étaient un fléau, désormais les masques en sont un aussi. Ils sont partout. Pourtant, ils ne trônent pas seulement sur les visages, mais désormais au milieu des rigoles, sur les trottoirs, dans les fossés, à même le sol. C’est une triste réalité, et le phénomène ne fait que s’accentuer en cette période de déconfinement de plus en plus avancée.

Il y a quelques mois, tous cloitrés à notre domicile, nous énumérions les bonnes nouvelles pour la planète provoquées par la pandémie du Covid-19. Nos réseaux sociaux en étaient inondés. Les animaux s’approchaient davantage des habitations, les émissions de gaz à effet de serre ont connu une baisse historique, le gouvernement lançait un plan de quelques 20 millions d’euros pour encourager la pratique du vélo au sortir de la crise… Pourtant, le constat est tout autre. Dans toutes les grandes -et les moins grandes- villes de France, des masques et des gants usagés jonchent le sol.

Un danger pour l’humain

C’est un objet qui a pour fonction de nous protéger de la maladie, en l’occurrence celle du Covid-19, connue pour ses risques de transmission très élevés. Qu’en est-il alors des personnes qui ramassent ces masques ? Des passants ? Ou des enfants un peu trop curieux qui touchent à tout dans la rue ?

Comme exposé par France Info, « selon une étude publiée dans la revue The Lancet début avril, des traces du virus peuvent être décelées pendant au moins sept jours sur la surface extérieure d’un masque de protection et jusqu’à quatre jours sur la surface intérieure. » Une situation alarmante qui a provoqué la colère des collecteurs de déchets parisien. Quelques jours seulement après la début du confinement, ils tweetaient : « Nous devrions leur distribuer des balais. Ils ne méritent pas de masques ces gens. » Rappelons d’ailleurs qu’à cette date, de nombreuses personnes à risque remuaient ciel et terre pour se procurer un masque de protection.

Un danger pour l’environnement

Contrairement aux apparences, les masques de protection à usage unique ne sont pas faits de papier, mais bien de plastique. Ainsi, au même titre que les sacs de courses interdits depuis peu, ils mettent jusqu’à 450 années à se désagréger dans la nature. De plus, à l’heure actuelle, les masques chirurgicaux ne sont pas biodégradables. Si, au sein même des hôpitaux, il existe une chaîne de traitement de déchets qui sépare ces outils de protection des autres résidus pour les conduire à l’incinération, ce n’est pas sans raison.

Comme vous vous en doutez, les risques sanitaires et écologiques se rejoignent étroitement. Lorsqu’ils sont jetés dans les caniveaux ou les rigoles, les masques sont en contact direct avec les eaux usées qui attendent d’être traitées. Le Centre d’Information sur l’Eau a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme. « [Ils] finissent par boucher les tuyaux des réseaux d’assainissement et entraver le bon fonctionnement des stations d’épuration. […] L’accumulation de ces déchets d’un nouveau genre nécessite de nombreuses interventions, évitables, pour déboucher les canalisations obstruées et rétablir la performance optimale des installations de traitement des eaux usées. » Et ce ne sont pas les seules eaux à être impactées. Par cheminement logique, de nombreux masques parviennent jusqu’à la mer. Sympa pour faire trempette cet été…

Par sécurité, le masque doit être aussi bien jeté que ce qu’il est porté. Protégez-vous, protégez-nous, protégez l’environnement. Le monde d’après, ne doit pas être fait de plastique.

Article de Aurélie Rodrigo

Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *