FACEBOOK, OU L’EXHIBITION VIRTUELLE

  Tiens ! Paulette propose de publier les articles de madame tout le monde ?… ça tombe bien, mes tiroirs regorgent de chroniques. Des plus sérieuses aux plus farfelues, j’aime décortiquer mon quotidien et m’interroger sur le monde qui m’entoure. 
L’être humain est profondément exhibitionniste, j’en suis convaincue. Depuis sa plus tendre enfance, l’homme est confronté à cette pulsion naturelle qui l’oblige à se dévoiler. Qui n’a jamais couru nu dans le jardin de ses parents devant tonton Bernard et mémé Jacqueline dans l’espoir d’une brève célébrité ? (je savais que cette image vous parlerait). Chacun en grandissant refoule plus ou moins cette tendance. Cependant, même enfouie derrière toutes les barrières judéo chrétiennes possibles, elle reste en nous, comme une immonde bête qui cherche à s’échapper par tous les moyens.

A cette époque de communication omniprésente, difficile de ne pas remarquer que cette tendance est particulièrement accrue. Et les moyens sont désormais nombreux : TV, internet, smartphones et autres gadgets…l’homme est en constante représentation. Il se met à nu à tout bout de champs et devant tout le monde. Il vit à travers le regard d’autrui et joue constamment avec son image. Les barrières sautent. L’exhibitionnisme explose.

Facebookeuse depuis peu, je m’interroge. Après avoir renié si longtemps ce site communautaire, je tombe dans les schémas habituels. Je tague mon mur d’états d’âmes qui ne regardent personne, et poste des photos qui n’ont rien à faire sur le net. Et je ne comprends pas pourquoi. Et moi, quand je ne comprends pas, ça m’énerve (oui ça m’éneeerve comme dirait l’autre). Et ma seule réponse valable après une longue (minute de) réflexion, c’est : mais qu’est-ce qui nous pousse à nous exposer de la sorte si ce n’est l’exhibitionnisme ? Et si tagger sur son mur pour dire qu’on a fait caca ou qu’on a le blues n’était qu’une simple transposition du "courir tout nu dans le jardin de ses parents devant tonton Bernard et mémé Jacqueline" (c’est moins drôle la deuxième fois non ?).

Le Facebookeur s’exhibe, parce qu’il veut se faire remarquer. Comme quand il était petit. Parce que se faire remarquer, c’est exister. Le Facebookeur n’est rien d’autre qu’un être humain perdu dans la masse, un internaute égaré au milieu d’une vaste communauté. Un internaute qui s’est fait entubé.

Facebook, les blogs, internet donc, et le reste, nous poussent à l’exhibition virtuelle et nous font miroiter la survie sociale (la même d’ailleurs qui nous pousse à nous y inscrire un jour).
Le facebookeur, l’internaute, l’homme finalement, est pris au piège. Et même s’il est conscient de la supercherie, il continuera à se dévoiler un peu plus chaque jour. Pour attirer l’attention. Pour ne pas tomber dans le l’oubli…

Ps : toi, lecteur, qui ne te sens pas concerné par l’article parce que tu ne postes jamais ("oh juste une vidéo de temps en temps"), dis toi bien que j’en aurais pas mal aussi à dire sur ceux qui se contentent d’observer la vie de ceux qui s’exhibent…sale petit voyeur !

En attendant son blog, retrouvez Astrid ici, où elle poste régulièrement ses articles.
 

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