EXPO : INITIALES L.G

Tony Frank  : Serge fumant, 1969

À l’initiative de Sotheby’s, la galerie Charpentier s’anime d’une extraordinaire exposition dédiée à Serge Gainsbourg : Initiales L.G

L.G comme Lucien Ginsburg, le veritable nom de “l’homme à tête de chou”. Plus de 70 clichés font revivre sous nos yeux la légende du dandy ivre et mal rasé, de l’insolent magicien des mots au visage fatigué, du poète maudit toujours la gitane aux lèvres et le verre de sky à moitié plein bien en main.

L’occasion d’un coup de projecteur sur cet immense artiste de la chanson française : Gainsbourg drapé dans un drapeau français, brûlant un billet de 500, nu dans sa baignoire parmi les flacons Chanel, ou sanglé dans un costume à la Al Capone, Zizi aux pieds…
Le défilé des clichés nous fait revivre les moments clés de sa carrière de depuis les premières années, où l’artiste souffrait d’ailleurs du peu de reconnaissance accordé à son travail, jusqu’au succès flamboyant de ses tubes des années 1970, dont on a tous un air en tête.
Michel Ginies : Serge & Jane chez Regine,1974

On peut voir le Serge des débuts, hésitant et incertain, celui qui disait d’ailleurs assez honnêtement de lui-même "J’étais timide et laid, je suis très tôt devenu misanthrope", un Gainsbourg qu’on ne connaît pas, pour l’avoir trop vu si bien accompagné, vivant et vibrant lors de fêtes avec tout le gratin germanopratin, au Régine ou ailleurs, mais toujours un verre à la main, un clope au bec et une jolie fille à son bras. Une vie à 100 à l’heure déroulée sur papier argentique : les premiers succès, Brigitte Bardot qu’il désignait comme "la Rolls de sa vie", la vie rue de Verneuil, la rencontre avec Jane Birkin, la pochette de Melody Nelson, une époque en pattes d’eph à danser dans les clubs enfumés, les jolies pépées, le star system assimilé mais démystifié. La vie à 200 à l’heure, à brûler des billets de 500 eu sur les plateaux télés. Dans ce tourbillon de succès, on tombe malgré tout des instants suspendus, des moments de calme et d’intimité entre Serge et Jane notamment.

Soixante-dix clichés pour illustrer une vie que Gainsbourg a bien résumée lui-même : "Je sais que c’est épuisant de vivre avec moi. Il faut prendre des risques, c’est le genre formule 1, c’est pas la 2CV". Alors Serge Gainsbourg c’est quoi ? Une tête ébouriffée, des bagues aux doigts, une odeur de tabac, une éternelle chemise Levi’s en jean, des jean’s serrés, des chaussures de danseur, voilà pour la silhouette et l’allure. Et pour le reste ? L’essentiel. Des chansons aux textes chiadés, lancés en opposition à la vague yéyé, des phrases qui restent, des mélodies quasi indémodables tant elles ont été variées.
Celui qui chantait "J’avoue j’en ai bavé, pas vous ?" a bien roulé sa bosse, il squatte désormais nos playlists (que celui ou celle qui n’a pas une de ses chansons dans son baladeur me jette la première pierre). D’ailleurs, laissons lui le mot de la fin : "La vie n’est que le claquement entre le pouce et l’index d’un rocker." Yeah… 

 

 Roberto Battistini : Serge Gainsbourg en Dali,1989
GAINSBOURG
Initiales L.G
 
Exposition de Photographies – Galerie Charpentier
Du 28 février au 9 mars 2011
 
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