EXPO : BRASSENS À LA CITÉ DE LA MUSIQUE

Photo, Jean-Pierre Leloir, Chaillot, 15 septembre 1966

Il aurait fêté ses 90 ans cette année. Georges Brassens, l’anar grimé en père peinard est à l’honneur à la Cité de la Musique, dans une exposition riche et ludique. Pom, pom…

Georges Brassens c’est presque une image d’Épinal. Une moustache, une pipe en bois, une guitare sèche. Et puis peut-être la campagne, un feu de bois qui crépite, une odeur de maquis. Un univers que l’on pourrait croire suranné. Mais Brassens c’est aussi et surtout des chansons que tout le monde connait. Des textes qui ressemblent à des comptines, mais qui sont emprunts de poésie et riches d’une substantifique moelle.

L’exposition que nous propose la Cité de la Musique à compter d’aujourd’hui nous fait découvrir un univers mélancolique et savoureux. On y entre comme on pénètre dans une forêt obscure et fantastique. Le parcours est à la fois thématique et chronologique, ponctué tout du long par les superbes dessins de Joann Sfar, qui recrée pour l’occasion un Brassens jovial et sympathique.

Tout commence par les plages de Sète, puis par l’impasse Florimont à Paris, qui verra s’épanouir le gaillard. Brassens choisit d’emblée la liberté, il sera autodidacte. Féru de poésie, il dévore tout : François Villon, La Fontaine, Victor Hugo… Il y a du Apollinaire et du Prévert dans ses chansons.

Photo, Fred Mella, Georges Brassens avec un perroquet à Crespières

On navigue entre manuscrits inédits sur feuilles à petits carreaux, dictionnaires et traités de versification. On découvre un Brassens perfectionniste à la Flaubert, écrivant encore et encore la même chanson. Il a mis dix ans à écrire sa Supplique pour être enterré à la plage de Sète.

L’exposition est évidemment rythmée par l’écoute des chansons de Brassens, aussi bien les originales que des reprises, par Bertrand Belin notamment, enregistrées pour l’occasion. Des vieux téléphones à cadran installés un peu partout permettent d’écouter la voix du poète à travers d’innombrables archives radiophoniques.

Il y a aussi le Brassens libertaire, celui que l’on censure pour la bienséance. Le moustachu aime l’anarchie, mais refusera toute autre forme de militantisme que la chanson. Un anar à la guitare, qui parle de sexe trop ouvertement pour certains (Gare au gorille par exemple).

Brassens manifeste par Joann Sfar, 2011

On frôle parfois l’overdose de pipe en bois et de moustache, mais c’est le parti pris de cette expo imaginée par Joann Sfar (réalisateur de Gainsbourg, Vie héroïque dans lequel on voyait déjà apparaître Brassens). On peut d’ailleurs contre 2 euros se faire tirer le portrait façon photomaton avec une moustache.

Le plus de l’exposition : extrêmement ludique, tout est fait pour les enfants. Un espace leur est même entièrement dédié, où ils peuvent recréer leur propres chanson "à la Brassens", ou dessiner le moustachu qu’ils n’ont pas connu…

EXPO :: BRASSENS OU LA LIBERTÉ
Expo imaginée par Joann Sfar et Clémentine
Deroudille

Du 15 mars au 21 août 2011
Cité de la musique

Concert :
16-03, 20 h : Brassens ou la liberté
Avec Bertrand Belin, Thomas Fersen, JP Nataf,
Thibault Frisoni, Daniel Béja, Martin Gamet…

Sur Dailymotion :
Pour participer au Championnat du monde des
Brassens organisé par Joann Sfar c’est par ici !

 

Lectures recommandées :
Brassens ou la liberté, éd. Dargaud/Cité de la musique, 336 p., 39 € ; Brassens, de Clémentine Deroudille, éd. Découvertes-Gallimard, 128 p., 13,20 € ; Brassens, chansons illustrées, textes des chansons, avec les accords de guitare, dessins de Joann Sfar, éd. Gallimard, 304 p., 25 €. 
 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *