EXPO : AXME, D’ELLEN GALLAGHER

Née en 1965 à Providence aux Etats Unis, Ellen Gallagher se fait connaître aux Etats Unis dans les années 1990. Sa carrière internationale d’artiste contemporaine débute peu de temps après. Du premier mai au premier septembre dernier, le Tate Modern Museum de Londres lui a rendu hommage en lui consacrant sa première exposition individuelle au Royaume Uni. J’ai eu la chance d’y assister mais sachez que si vous voulez voir ses œuvres, certaines sont exposées dans des collections publiques du  Metropolitan Museum of Art de New York et du Centre Pompidou de Paris.

 
Axme retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste et rend compte de l’extrême richesse de son travail. Ses œuvres, complexes et imaginatives, entrainent le spectateur dans un monde fantastique et mystérieux. La grande variété des supports et des techniques utilisés impressionne.  Les  dessins, peintures et collages abordent les thématiques de la Nature, du mythe,  et de la vie marine pour laquelle l’artiste se passionne. Chaque détail compte et est mis en exergue.  Passé et présent se rencontrent et se mêlent dans des œuvres empreintes d’une dimension historique et sociale forte. 

 
Dans ses Yellow paintings, l’artiste travaille à partir d’images  stéréotypées de femmes noires qu’elle a extraites de publicités de magazines vintage des années 30 à 70, tels que Ebony, Our  World ou encore Black stars. Gallagher donne un second souffle à ces images et les libère du cadre qui les contraignait. Les visages féminins aux perruques jaunes visqueuses, aux yeux exorbitants et aux lèvres exagérément grosses renvoient aux représentations caricaturales des noirs que l’on retrouvait à l’époque dans les cartoons ou les minstrel shows.  L’altérité raciale et la condition noire sont ainsi questionnées et mises en perspective.

 
Dans Bird in Hand, un pirate unijambiste domine le centre du tableau. Ses cheveux tentaculaires se mêlent à la végétation sous marine qui flotte autour de lui. La figure du pirate évoque celle du Capitaine Ahab de Moby Dick mais aussi celle de Peg Leg Bates,  récurrente dans l’œuvre de l’artiste.
 
Etudiante en océanographie, Ellen Gallagher connaît les secrets de la vie sous marine et nous en apporte sa vision personnelle en créant des organismes marins imaginaires. Son œuvre audiovisuelle, Murmur 2003-4, créée en collaboration avec Edgar Cleijne, Gallagher imagine une Atlantis noire mythique au fin fond de l’océan dans laquelle les vies humaine et marine convergent, se rencontrent.

 

Avec Gallagher, le spectateur voyage dans le temps et l’espace et les transcende.  L’univers onirique dans lequel il est transporté le laisse aller à son imagination, le fait rêver. Mais le titre de l’exposition fait écho et résonne,  comme pour lui rappeler qu’il ne saurait oublier l’importance du questionnement inhérent à  chaque œuvre.

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