EXCLU : BÉRÉNICE BÉJO, EN LICE POUR L’OSCAR

Photos, Antoine Chesnais pour Paulette (à l’hôtel Amour)

Le phénomène The Artist est tel que nous ne pouvions faire l’impasse sur cette success-story à la française ! Découvrez (ou redécouvrez) l’interview de Bérénice Béjo, publiée dans le numéro 1 papier de Paulette magazine !

Dans The Artist, Bérénice Bejo se transforme en Peppy Miller, starlette du cinéma parlant, propulsée sur le devant de la scène et follement éprise de George Valentin. Confidences de cette étoile en course pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin, aux côtés de Melissa McCathy (Mes meilleures amies), Janet McTeer (Albert Nobbs) et les héroïnes de LaCouleur des sentiments Jessica Chastain et Octavia Spencer.

Paulette : Dans The Artist, tu joues le rôle de Peppy, une actrice de cinéma hollywoodienne. Peux- tu nous parler un peu de ton personnage ?
Bérénice : Peppy assume tout ce qu’elle fait, c’est pour cela que je l’adore. Le film se passe à la fin des années 20, période où l’industrie du cinéma était en pleine effervescence. Elle est amoureuse de la vie mais surtout de George Valentin (Jean Dujardin, ndlr.) qui restera à ses côtés malgré tous les obstacles. C’est grâce à Peppy, que j’ai enfin pu me dire "Je suis actrice". Un jour, Michel Hazanavicius (le réalisateur, ndlr.) m’a confié que Peppy était le fantasme qu’il avait de moi, une image idéalisée, transposée mais intime. Forcément, c’est mon amoureux dans la vie !

Comment est venue l’idée de faire un film sur le Hollywood de l’entre-deux-guerres ?

Cela faisait une quinzaine d’années que Michel voulait faire un film muet. Au départ, il imaginait une histoire d’espionnage à la OSS 117. Mais il avait également en tête une histoire plus romantique sur les acteurs disparus avec l’arrivée du cinéma parlant, souvent à cause de leur voix comme celle de John Gilbert par exemple, jugée trop efféminée. Le film raconte une histoire d’amour populaire, très forte.

"POUR CE ROLE, JE ME SUIS INSPIREE DE L’ACTRICE JOAN CRAWFORD ET DE MARLENE DIETRICH"




Le film fait le double pari du noir et blanc et du muet. Comment t’y es-tu préparée ?

Le fait que le film soit muet n’a pas changé ma préparation avant le tournage. Je travaille toujours sur la trajectoire d’un personnage, sur l’histoire, sur ce qu’il se passe avant une scène et même après. Pour The Artist, j’ai surtout travaillé le lâché-prise du corps car je suis censée être une actrice américaine et je sais que les Américains parlent beaucoup avec les mains ! Et comme je suis Argentine, j’ai laissé parler un peu mes origines ! J’étais très inspirée par certaines actrices comme Joan Crawford, une petite actrice absolument adorable, qui avait cette façon de s’exprimer très libre, moderne et délurée. J’ai beaucoup observé Marlene Dietrich, pour son côté animal. Il y a aussi les nombreux films muets de Borzage et de Murnau avec Janet Gaynor qui est la première actrice à avoir reçu un Oscar. Quand je suis arrivée à Los Angeles sur le tournage, j’avais tout ça en tête.

Est-ce qu’une scène t’a plus marquée qu’une autre ?
J’aime beaucoup celle où Peppy et George tournent ensemble et tombent amoureux au fur et à mesure des prises. Après, il y a celle où je porte un costume masculin, en hommage à un film de Borzage, L’heure suprême, dans lequel l’actrice Janet Gaynor enfile le costume de son amoureux, puis se love dedans. J’ai pris beaucoup de plaisir à tourner toutes ces scènes avec Jean, c’était très fort. Pourtant, il y a un an, tout le monde nous disait "Qui va bien vouloir voir ce film ?". À l’instar du personnage de Jean, Michel leur a dit :"Vous voulez faire du parlant ? Et bien moi je continue le muet".



En parlant de Jean Dujardin, comment s’est passée votre collaboration sur ce film ?

On était vraiment contents de se retrouver parce que l’on avait adoré jouer ensemble sur OSS 117. Je trouve que notre couple fonctionne vraiment bien à l’écran, ça rappelle les couples de l’époque. Tout est facile avec lui, il est très généreux, il vous fait rire, pleurer. C’est quelqu’un qui porte sur vous un regard bienveillant. Nous avons tourné à Los Angeles, on habitait une jolie maison sur une colline, en immersion totale dans ces décors à l’américaine… Il suffisait juste de transposer l’histoire 80 ans auparavant, c’était émouvant… On a même tourné une scène dans la maison de Mary Pickford, dans son propre lit ! Ce sont des petits détails auxquels on ne pense pas mais qui ont leur importance.

"SI VOUS AIMEZ PAULETTE, VOUS AIMEREZ THE ARTIST !"

Qu’avez-vous ressenti lorsque Jean Dujardin a obtenu le prix du meilleur acteur au festival de Cannes ?

C’est le prix qui pouvait faire le plus de bien au film dans le sens où Jean est très populaire, et si ça peut mettre un coup de projecteur sur le côté performance d’acteur, plus que sur le côté noir et blanc, muet, tant mieux. J’ai trouvé ça bien pour lui, pour le film, et il a été très classe sur scène, il a partagé son prix et nous a remerciés, j’étais très touchée.

Un mot aux Paulette pour conclure ?
Paulette, ça me fait penser à Paulette Godard qui joue dans Les Temps Modernes de Chaplin. Michel m’en avait parlé avant de tourner ! Alors si vous aimez Paulette, vous allez aimer The Artist !

Propos recueillis en septembre 2011
 
THE ARTIST
de Michel Hazanavicius

Sortie le 12 octobre 2011
de nouveau en salles depuis le 25 janvier 2012

Une séance de rattrapage s’impose
pour celles et ceux qui ne l’auraient pas
encore vu !

 

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