EVAN GLODELL NOUS RACONTE BELLFLOWER

Evan Glodell plein de sang dans son film, Bellflower 
 
Bellflower est le film qui a fait parler cette semaine. Pour résumé, il s’agit d’une love story qui finit mal, très mal. Son réalisateur, l’atypique Evan Glodell, a répondu à nos questions.
 
Paulette : Comment c’est, de grandir dans le Wisconsin ?
Evan : C’était cool quand j’étais jeune. J’avais plein d’espace pour jouer et faire des bêtises, c’est là que je me suis fait mes meilleurs amis, que j’ai toujours aujourd’hui. Mais je devais partir pour la Californie si je voulais percer en tant que cinéaste. Si j’avais 18 ans aujourd’hui et que je vivais toujours dans le Wisconsin, peut-être que je n’en partirais pas. Avec toute la technologie dont nous disposons maintenant, je pourrais faire des films là-bas avec mes amis, en utilisant un Canon 5D, j’imagine.
 
Quel fut ton premier contact avec le cinéma ?
Je n’ai pas de souvenir particulier. Je sais que j’ai vu des tonnes de "kid movies". J’ai des images en tête de "Neverending Story" bloquées dans mon subconscient. Je me souviens aussi de la première fois où j’ai eu envie de faire des films : ce fut après avoir regardé "Army of Darkness" à la télé, j’étais alors en primaire.
 

 
Quand as-tu décidé de déménager à Los Angeles ? Est-ce que les personnages de ton film vivent la même vie que tu as vécue à ton arrivée ?
J’ai déménagé en 2001, il y a plus de dix ans maintenant. C’était difficile au début, je voulais trouver le moyen de faire des films à Hollywood. Mais j’avais l’impression que tout était bouché, je ne connaissais personne et je n’avais pas d’argent. C’est ainsi que j’ai décidé de monter des courts-métrages sans budget puis plein d’autres projets avec des amis et des gens rencontrés par la suite. Ça a pris en tout dix ans – durant lesquels je n’ai reçu aucun signe d’encouragement particulier – pour faire "Bellflower", qui a finalement été projeté au festival Sundance.
 
Dans le film, les personnages fabriquent tout eux-mêmes (une voiture, un lance-flammes). Peut-on dire que Bellflower est un "DIY movie" ?
Absolument. La plupart de l’équipe est autodidacte. On a tout fait avec nos propres moyens, en construisant nous-mêmes les décors et les effets. On n’a jamais pensé le concept de DIY ou revendiqué cela, c’est juste la technique que nous avons adoptée, mais la définition est très juste en effet !
 
Quelles ont été tes influences dans ce film ? J’ai relevé des similitudes avec l’univers de Gondry, comme le film "Be Kind Rewind"…
C’est très difficile de trouver la bonne réponse à cette question, et je m’en excuse. Mais comme tu mentionnes Gondry, je dois dire que j’ai regardé "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" juste après avoir écrit le premier brouillon du script de "Bellflower". Ce film a eu un grand impact sur moi, j’ai été très déprimé pendant quelques jours après l’avoir vu. Je refuse d’ailleurs de le revoir une deuxième fois car je ne sais pas ce que cela pourrait encore provoquer en moi. Mais j’ai adoré ce film.
 

 
Tu portes toutes les casquettes du film : producteur, scénariste, réalisateur, acteur principal… n’était-ce pas crevant ?
C’était très difficile. L’équipe de tournage étant très réduite – seulement deux ou trois personnes plus un acteur – j’avais des tonnes de trucs à gérer. Le tournage a été probablement la partie la plus dure, j’ai connu des phases très dark !
 
Ton meilleur souvenir de tournage ?
Ce que j’aime le plus en fait, c’est observer le public en train de découvrir le film. À part cela, je crois que le meilleur souvenir reste la voiture Medusa, que j’ai toujours et que je conduis quand j’ai assez de sous pour payer l’essence !
 
Le film a été projeté dans de nombreux festivals, a été nominé 7 fois et a même gagné le prix du Paris International Fantastic Film Festival. Cette reconnaissance est-elle importante ?
Bien sûr, cette reconnaissance est une chose incroyable pour nous qui ne sommes pas du métier à proprement parler. Je me demande à présent si j’aurai toujours l’énergie et les idées pour faire un second film. C’est une vraie question : après avoir remporté un tel challenge, suis-je en mesure de faire un autre film qui vaille le coup d’être vu ?
Quand j’ai lu la première bonne critique du film dans la presse, j’ai pensé un truc du genre : "Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?" J’étais si impatient et excité que je me suis précipité pour écrire un nouveau script. Ces encouragements m’ont boosté.

 

 
Ton personnage, Woodrow, est un romantique invétéré. Dans quelle mesure te ressemble-t-il ?
C’est assez "tricky" comme question. C’est difficile de porter un jugement sur soi-même. Au moment où j’écrivais le script, je pensais à ma situation en 2003. Mais quand je regarde le film, je pense qu’il s’agit d’un moi beaucoup plus calme que je ne l’étais à l’époque…
 
Le film comporte des scènes ultra-violentes et pour la plupart imaginaires. Quel était ton but, en montrant toute cette violence comme une sorte de "possible non-réalisé" ?
Haha, encore une question difficile ! Je ne suis pas très fort pour analyser ce que je fais. On peut dire que l’idée qui se cache derrière tout ça, c’est celle du pardon ("forgiveness"). Woodrow est en dehors de la réalité car il est vraiment bouleversé par sa rupture. Il doit passer par toutes ces phases, toucher le fond, tout doit devenir vraiment sale pour qu’il puisse refaire surface, grandir et pardonner. C’est seulement après avoir fait tout ça qu’il pourra vraiment passer à autre chose.
 
Ton message semble être que les histoires d’amour finissent toujours très mal. Quelle est ta vision de l’amour ?
Je pense que ta question vient du fait que le film montre des scènes vraiment très sombres. Mais cela ne correspond pas du tout à mes sentiments. Dans la vraie vie, plein d’histoires finissent mal mais beaucoup marchent. J’aimerais penser que lorsque les gens grandissent et s’acceptent mutuellement, ils peuvent alors bâtir des relations très romantiques qui ne finissent jamais.
 
Une dédicace à nos lectrices ?
"Hello ! Thanks for reading and I hope you like the movie !"

 

BELLFLOWER :: EVAN GLODELL                    
 
En salles
  
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