ÊTRE CYCLISTE DANS PARIS ET RESTER EN VIE.

    Chère Paulette,

J’ai remarqué qu’il devenait de plus en plus difficile de rester une jeune femme courtoise, polie et surtout vivante, lorsque je sillonne la capitale sur ma jolie bicyclette.

Tu vas me répondre : "Oui, mais les pistes cyclables ?" 

Problème number one (j’aime les anglicismes, ça permet d’aller straight to the point) : la plaie principale, pour tout cycliste qui possède un système nerveux, c’est le piéton. Le quidam parisien est dépourvu d’altruisme et n’hésite en aucun cas à marcher sur la piste cyclable et ce, de préférence, dos au sens de circulation.

La sonnette n’est hélas que fort peu utile car, comme nous l’avons tous remarqué, mes amis cyclistes et moi-même : le piéton ne comprend jamais qu’il est la cible des "shgling gliiiing" d’une sonnette, ni des "spin-pou" d’un klaxon de vélo. Le trottoir est libre, juste à côté, mais la piste cyclable, c’est mieux.

C’est là que l’on est obligé de recourir à la voix, qui se doit d’être claire et tonitruante, et que le "PAAAARDOOOOOON !!!" s’impose.

Parfois, ça ne plaît pas à l’égoïste piéton, qui répond par l’insulte, en plus d’à peine se pousser. Mon amoureux a sa technique : il fonce dans le tas, et distribue quelques coups de coudes. Je suis un peu trouillarde, mais j’admire. Et me faufile dans son sillage, enfin dégagé.

Les piétons les plus récalcitrants ne répondant pas au "Pardooooon !!!", ceux-là seulement ont droit au vindicatif "Vous êtes sur la piste cyclaaaable, DÉGAGEEEEEZ !!!" Ça défoule. Mais eux, ça les énerve, et ils répliquent "Baaaaah ouiiii !" Dialogue de sourds.

Dans la lignée des boulets, ennemis du cycliste, on trouve également les bus, les taxis (dangereux ceux-là) qui partagent avec nous les couloirs de bus. Ils y règnent en maîtres invinscibles. Règle number two (on a déjà vu la number one, pour ceux qui suivent, hein), ne JAMAIS se positionner dans leur angle mort qui se situe comme chacun sait, à l’arrière droite du véhicule motorisé, là où ça pue les pots d’échappement.

Mais diable, comment ai-je fait jusqu’à présent, pour survivre en milieu hostile peuplé de panneaux et règles de priorités? Car je n’ai pas le permis de conduire, donc pas le Code.

Eh bien, chère Paulette, j’aimerais te confier que j’ai parfois eu quelques frayeurs. Rien de grave, ma mère me lit (Coucou Mamoune !) mais je me dis que potasser le Code de la route de ma grande soeur devrait figurer sur ma "TO DO" liste.

Parce que se balader dans Paris à vélo, ça n’a pas de prix. J’habite à Paris depuis que j’y suis née et j’ai le plaisir chaque week-end de re-découvrir cette ville magnifique, aux monuments tous majestueux, tellement prisés des touristes étrangers.

J’ai acquis une certaine confiance en moi, à force de parcourir les quatre coins de ma belle capitale sur mon vélo vintage (il date de 1970 et ne m’a coûté que 20 € chez Vélo vintage – 58 rue du ruisseau 75018 Paris ; métro Jules Joffrin – http://www.velo-vintage.com/). À force d’anticiper les réactions de l’ennemi, on devient rapidement le roi (ou la reine) du 2 roues !

Voici, pour conclure mes DO’s et DON’Ts, afin d’apprécier pleinement ses balades dans Paris :

DO :
– Checker ses freins avant et arrière avant chaque balade
– Avoir un éclairage à l’avant et à l’arrière, surtout si l’on roule de nuit
– Sourire aux piétons gentils, être sympa et poli quand on demande son chemin : ça paye !
– Entretenir son vélo, changer les chambres à air régulièrement, regonfler les pneus souvent.

DON’T :
– Griller les feux rouges à pleine vitesse
–  »Regarde, sans les mains !!"
– Oublier ses gants/son écharpe/son bonnet quand ça caille

Retrouvez Valentine sur son blog : http://helloitsvalentine.blogspot.com/

 

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