ÉPIDERMIQUES, LA TATOUAGE DANS TOUS SES ÉTATS


Esthétique, amusant ou même provocateur, le tatouage décore désormais toutes les peaux de toutes les catégories sociales. Zoom sur ce phénomène de société qui fait couler beaucoup d’encre…
 
Dans la catégorie tatouage, on trouve d’abord les indécisqui hésitent longtemps avant d’oser passer le pas (pour certains la patience se révèle parfois vaine). Puis il y a les déterminés qui recouvrent leurs corps dès qu’une occasion leurs semble assez importante pour qu‘elle en devienne indélébile. Enfin, il y a les réfractaires, les insoumis au tatouage, celles et ceux qui le considèrent comme une aberration épidermique et un outrage corporel.
 
N’en déplaise à ses détracteurs, le tatouage est une pratique qui se démocratise de plus en plus dans notre société. Il n’est plus l’apanage des marginaux, ni des punks, ni même des voyous et il n’a plus la connotation négative bien souvent attribuée aux signes de ralliement des gangs ! (Lire à ce sujet notre chronique blog sur « La difficulté d’être une femme tatouée »)
 

Il faut dire qu’il a de quoi séduire : du petit motif discret, à la grosse pièce colorée, en passant par le lettrage décoratif, vous êtes de plus en plus à vous laisser tenter par un petit coup d’aiguille. Cet engouement se confirme notamment à travers les multiples salons dédiés à la culture du tatouage qui fleurissent un peu partout et les sites comme the Tattoorialist qui, à l’instar du Sartorialist, traque les plus beaux looks de tatoués dans la rue. Depuis peu les institutions publiques lui ont même consacré de la place dans leurs galeries, à l’instar de la Maison Folie Wazemmes de Lille et son exposition Epidermiques.
 
 
>Épidermiques : Le tatouage dans tous ses états
 

L’exposition revient sur l’histoire traditionnelle du tatouage et l’évolution fulgurante de son style et de sa technique. S’il ne peut être considéré au sens strict du terme comme une forme artistique, le tatoueur lui, n’en reste pas moins un artiste. Certains ont su développer leurs propres techniques en se réappropriant les codes du tatouage et jouissent désormais d’une réputation sans faille. Parallèlement, les artistes contemporains se sont intéressés au tatouage et au symbole qui s’en dégage, quelques-uns ont même fini par embrasser la profession.
 
Parmi les artistes s’étant focalisés sur le tatouage, Terry Adkins, professeur d’Arts Appliqués aux Etats-Unis, musicien, sculpteur et dessinateur. Il s’est notamment intéressé aux rituels sociaux liés à l’histoire, aux voyages et à la culture. Dans son œuvre la plus marquante, il présente des corps anonymes sur lesquels il projette des cartes historiques rappelant ainsi la découverte du nouveau monde. Par ce procédé, il souligne la découverte des tatouages Inuits et soulève la question de leur disparition et du colonialisme.

 
Le Français Camille Bertin a quant à lui travaillé sur un nouveau procédé de reconstitution corporel (os, muscles, peaux, etc.). Il a imaginé des mannequins au réalisme saisissant qui ont la propriété de se faire tatouer avec les techniques identiques que pour un corps vivant (matériel, résistance de la peau, sensations du tatoueur et résultats esthétiques identiques). Ce support ingénieux permet désormais aux tatoueurs de pouvoir diffuser leurs réalisations.
 
 
>La France reine du tatouage
 

En France, les tatoueurs n’ont rien à envier à leurs pairs asiatiques ou sud-américains.  Aller voir l’exposition Epidermiques, c’est aussi se faire une petite liste (non exhaustive) des meilleurs tatoueurs de l’hexagone. A l’instar de Léa Nahon, qui après des études d’Arts Appliqués a intégré la célèbre Boucherie Moderne à Bruxelles, un collectif de tattoo-artists bourré de talent. Elle puise notamment son inspiration dans les œuvres poétiques de Klimt. Les tatouages de Nada Lenad se caractérisent quant à eux par leurs motifs sombres et leurs traits impeccables. Enfin, le Lillois Greg Briko est célèbre pour son style Old School faisant référence aux tatouages américains des 50’s et 60’s qu’il revisite aves des couleurs acidulées et des motifs décalés.
 
Alors les Paulette vous en dites quoi des tatouages vous ?
 
L’exposition est à découvrir jusqu’au 12 mai à la Maison Folie Wazemmes, 70 rue des Sarrazins (Lille). 

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