ELLE PREND UN SELFIE AVEC CHAQUE PERSONNE QUI LA HARCÈLE DANS LA RUE


Noa Jansma a 20 ans et étudie dans la ville d’Amsterdam. Face au harcèlement de rue quotidien qu’elle subit, Noa décide de dénoncer ce phénomène misogyne à sa manière. A chaque fois que la jeune femme se sent désormais harcelée, elle demande à ses détracteurs de poser à ses côtés pour un selfie. Au bout d’un mois, la jeune étudiante a déjà posté vingt quatre photos sur son compte Instagram dearcatcallers de ces fameux clichés. Faîtes le calcul.
 
Comme des millions de femmes dans le monde, Noa subit les désagréments d’une virée nocturne, d’une robe fleurie ou tout simplement… d’être une femme de vingt ans bien dans ses baskets’. Il y a des insultes, des regards, des mains sur l’épaule ou tout simplement un homme qui la suit sur plusieurs mètres dans la rue. Face à cet harcèlement banalisé, Noa a souhaité répondre autrement que par un doigt d’honneur ou une fuite tête baissée à ces multiples manques de respect. C’est comme ça qu’est née l’initiative @dearcatcallers, que l’on traduit par chers harceleurs.

 

#dearcatcallers « Babyyyyyyyy! THANKYOU » *blowkiss* (slide ??)

Une publication partagée par dearcatcallers (@dearcatcallers) le 20 Sept. 2017 à 12h11 PDT

 
« Souvent, les femmes ne savent pas répondre à un commentaire sexiste. Poursuivre sa route semble être la seule solution, mais cela n’a aucune conséquence pour les harceleurs. Parfois, je leur faisais un doigt d’honneur, mais je me sentais bête après. Je voulais faire quelque chose qui me donne du pouvoir sur eux”. Noa poste environ une photo par jour tout le long du mois d’août avec un, deux voire quatres hommes au second plan, et la jeune femme stoïque, visiblement lasse. Sur les légendes, on y retrouve les petites phrases qui accompagnent les actions sexistes des protagonistes : “Après m’avoir suivie pendant au moins dix minutes : Hey sexy, tu vas où ? Je peux venir avec toi ?, Me suivant lentement dans deux rues en criant ‘Sexy !’, puis ‘Tu veux monter dans ma voiture ?’, « Je sais ce que je ferais avec toi, bébé…” et tant d’autres.

#dearcatcallers « hmmmm you wanna kiss? »

Une publication partagée par dearcatcallers (@dearcatcallers) le 14 Sept. 2017 à 8h32 PDT

 

Noa a avoué au média Het Parool qu’elle avait parfois eu le sentiment de se tromper, elle aurait ainsi supprimé divers clichés par culpabilité. Preuve encore que la misogynie a tendance à faire regretter sa victime, comme si tout était normal. D’ailleurs, aucun harceleur n’a demandé à la jeune femme pourquoi elle prenait ces photos…
 

 

#dearcatcallers « baby! Baby! *whisting* »

Une publication partagée par dearcatcallers (@dearcatcallers) le 16 Sept. 2017 à 10h43 PDT


Aujourd’hui, l’initiative dearcatcallers est suivie par plus de 60 000 personnes, et le dernier post indique la fin de sa routine selfie. Cependant, Noa Jansma a indiqué vouloir donner ses codes personnels de son compte Instagram, pour que toutes les femmes à travers le monde puisse poster ses selfies.
 
> Article de ARENA Stacie
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