EDH, ELECTRO AMBIGÜE

 
   
Lisa a interviewé Emmanuelle de Héricourt, alias EDH, qui nous livre avec Yaviz, son deuxième album solo, une musique électro raffinée et pleine d’ambiguïtés.

Paulette : Quel a été ton parcours ? Comment t’es-tu initiée à la musique ?
EDH : Avec le temps. Petit à petit. J’ai tendance à progresser dans un domaine en fonction de mes besoins. La nécessité de faire de la musique m’a entraînée à apprendre à en faire. Tout a commencé avec un ordinateur. J’ai sauvegardé mes premiers sons sur mon disque dur il y a une dizaine d’années.
 
Yaviz est ton 6e album mais tu es méconnue du grand public français. Comment l’expliques-tu ?
C’est en fait mon deuxième album solo qui passe par les médias traditionnels. J’ai précédemment beaucoup composé, sorti des micro-albums ça-et-là, sans vraiment de structure. Mais c’était parfait. Je me suis morfondue seule dans ma chambrette à composer pour personne pendant un certain nombre d’années. Et je le conseille ! J’ai bien envie de proposer des stages de musique dans des cellules individuelles, seuls, dans le noir.
 
Pourquoi avoir baptisé ton album Yaviz ?
Il s’appelle comme ça. À vrai dire je ne suis pas vraiment sûre de savoir pourquoi. Ça ressemble à ce terme YAVIS utilisé par les psychanalystes dans les années 60. C’est la description d’un patient idéal qui reflète une bonne image au psychanalyste lui-même. "Youg, Attractive, Verbal, Intelligent, Successful. " C’est aussi le nom d’une petite ville en Afghanistan.
 

Les 11 morceaux de l’album démontrent une grande maîtrise technique et un raffinement très "féminin". Dirais-tu que ton son est féminin ?
Par rapport au son féminin je ne sais pas. J’aimerais tomber sur quelque chose de neutre et effacer la question du genre. La douceur féminine, c’est poétique mais c’est désuet. Quand je fais de la musique, je ne veux ni être une femme, ni un homme. Une créature plutôt. 
 
EDH c’est aussi Elmapi et Renka. Comment vous êtes-vous rencontrées ?
Oui, sur scène je suis accompagnée d’Elmapi. Elmapi c’est la partie "Love" du projet "Video Love"et nous co-dirigeons ensemble le label Lentonia Records. Nous nous sommes rencontrées lors d’un Placard (un festival de musique expérimental, ndlr.). Renka, je l’ai rencontrée à Berlin dans le cadre d’une soirée pour la sortie de la compile FEU du label Neopren. Elle jouait avec son projet Kartei. Un projet plus techno qui m’a beaucoup plu. Je cherchais avant tout deux personnes avec qui ça se passe bien humainement pour qu’il puisse vraiment se dégager quelque chose d’intéressant sur scène.
 
Quelles sont les émotions que tu souhaites communiquer à ton public ?
J’espère produire une musique pleine d’ambiguïtés ! J’y mets de la pudeur et de l’impudeur. Il y a des passages presque joyeux, assez jouissifs, qui cohabitent avec des ambiances plutôt dépressives. Il y a une bonne dose d’énergie dans ces morceaux. J’aimerais bien perdre l’auditeur dans une sorte de sinistre marécage avec des jacuzzis un peu partout.
 
"JE SUIS UN BON PILIER DE BAR"
 

Te sens-tu proche de la culture club ? Sors-tu beaucoup ? Quels endroits fréquentes-tu ?

Je sors peu. J’ai peu de temps. Je cours dans tous les sens. Je ne me sens à l’aise dans les clubs que si j’ai bu 3 tonnes d’alcool. Je vais plutôt voir des concerts. De préférences des petits endroits avec des musiciens inconnus. Sinon, à l’occasion, je suis un bon pilier de bar.
 
Quelles sont les artistes féminines électro qui t’inspirent ? Ton univers me fait naturellement penser à Mohini…
Oui, c’est curieux, je me sens plutôt proche d’une scène plus underground. J’aime bien les choses bien produites, mais je suis souvent irrésistiblement attirée par les sons de caves, les synthés low-fi, les productions home made, les choses un peu écorchés, entre deux eaux. 
 

Accordes-tu de l’importance à la mode, aux fringues ? De quelle manière t’en sers-tu pour t’exprimer ?
J’ai toujours la hantise d’être à la mode. Mais j’y porte un intérêt. Porter cinq jours d’affilée les mêmes fringues dans un total abandon de soi ou passer 3 plombes à choisir une tenue, ce sont des choses que je suis capable de faire. En général, je m’habille chez les soldeurs et je m’efforce de trouver des fringues plutôt improbables.
 
Pour finir, une petite dédicace aux Paulette ?
Aphrodite reine de beauté, accorde la jeunesse éternelle aux Paulette !
 
 
EDH :: YAVIZ
Lentonia Records
Sortie le 5 mars 2012
 
 
Concert :
08/03 : showcases à la Fabrique
Balades Sonores (19h) et à Galsrock (20h30)
23/03 : Release Party – Le Point FMR, Paris

Photos, Bénédicte Jacqueline
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