DU CÔTÉ DE CHEZ SWOON

Courtesy of the artist

Qui connaît l’artiste américaine Swoon ? En France, (trop) peu de monde.

Aux États-Unis, la jeune femme est plutôt convoitée. Le Moma de New York a déjà acquis certaines de ses œuvres, elle expose dans des musées d’art contemporain de renom. Le Moca de L.A, pour n’en citer qu’un. Cette baroudeuse de haut vol préfère parcourir le monde et s’investir dans des projets humanitaires plutôt que de répondre à ses mails (et indirectement aux sollicitations d’interviews). Adeline Jeudy, de la galerie LJ qui expose des pièces récentes de l’artiste, nous raconte Swoon.
 
 "Il était 8h du mat, à Brooklyn, un dimanche. Elle m’avait donné rencard dans un café mexicain pérave, elle n’avait pas dormi de la nuit." C’était en mai 2005, Adeline Jeudy découvre Swoon. La galeriste se remémore en souriant ce dimanche de balade dans Brooklyn où la street artist laisse sa trace sur les murs de son "tierquar".   
 
À l’époque, Caledonia Curry (son nom à l’état civil), née en 1978, se fait connaître grâce à l’exposition personnelle que lui offre Jeffrey Deitch, influent galeriste, devenu depuis le directeur du Museum of contemporary art (MoCA) de Los Angeles. "Quand j’ai découvert ses dessins sur le Net, j’ai tout de suite pensé que son travail était différent de celui des autres, que c’était clairement une grande artiste, raconte celle qui était à l’époque thésarde en archéologie. C’est devenu une obsession : il fallait que je la rencontre. Elle répondait encore à ses mails."
 
Le courant passe bien entre les deux jeunes femmes qui gardent contact. Adeline n’a qu’une idée en tête : exposer en France les œuvres de l’Américaine. Swoon accepte. En guise de contribution à l’expo, elle envoie une boîte. "Quand je l’ai reçue, j’étais dégoûtée, explique Adeline en mimant la petitesse de la boîte. Sa contribution à l’expo se résumait à ça : des pastilles avec dessus des photos. Il y a avait deux options : soit elle se foutait de moi, soit c’était un test…"
 
"LE PARFAIT MELANGE DE LA HIPPIE ET DE LA PUNK A CHIEN"
 

Un test que la galeriste remporte haut la main. "Tu t’es bien débrouillée", lui écrit Swoon en découvrant la façon dont les pastilles ont été exposées. La collaboration n’a pas cessé depuis 2006. "Swoon est une fille très sociable et extrêmement gentille… Totalement roots aussi, précise Adeline. Elle est le parfait mélange de la hippie et de la punk à chien… enfin en dix fois plus propre !"
 
Accessoirement, elle vend ses toiles plusieurs milliers d’euros. "Swoon fait partie de cette génération d’artistes, comme le photographe JR, qui n’assument pas complètement de gagner de l’argent, note la galeriste. Elle réinvestit tout ce qu’elle gagne dans ses projets artistiques ou humanitaires (à Haïti par exemple). En fait, elle retire de ses expériences un profit humain plus que pécuniaire."


 

"SES PERSONNAGES TRANSCENDENT OU ACCENTUENT LE RÉEL."

De ses voyages, l’artiste puise son inspiration dans des images, des rencontres, des visages. Déclinés en format galerie ou en installation monumentale, les personnages de Swoon racontent tous une histoire. Ils sont ultra-figuratifs mais transcendent ou accentuent le réel. Parfois, un paysage se mêle au corps d’un homme ou d’une femme. La technique de gravure employée demande des heures de travail mais permet d’obtenir un résultat saisissant.
 
En anglais, "Swoon" se traduit littéralement pâmoison. Un nom d’artiste prétentieux ou équivoque ? À vous de voir. 
 
> Infos pratiques
Jusqu’au 23 juin à la galerie LJ
12 rue des Commines, Paris 3e
Du mardi au samedi
11h-19h

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