DJETTE : RIKSLYD, ELECTRO FJORD

Dans la série des artistes venus du froid mais qui ne manquent pas de souffle, je demande Diis Paradiis aka Rikslyd, la reine du Champagne électro.
Photographe, productrice et DJ aux sets torrides, la Norvégienne quasi Parisienne vient de sortir, sous les labels deBonton et Tsunami Addiction, son premier album digital, Music For Headphone Dancers, un serment hédoniste emplie rythmes qui pulsent, de melodies au groove voluptueux et d’arrangements soignés. Ca méritait bien un petit coup de projecteur. Interview découverte.
 
Paulette : Qui est Rikslyd ?
Rikslyd : C’est moi, Diis Paradiis. Sur scène, je suis accompagnée de la danseuse et chorégraphe Ylva Falk. Il y a trois ans, on a commencé par organiser des fêtes à Paris. On mixait aussi pas mal ensemble. En plus d’être une amie très proche, Ylva est une personne dont je respecte infiniment le travail. Il était naturel qu’elle participe au projet. Même si on a des univers et des affiliations différentes, on se comprend. Elle est d’une aide précieuse pour les concerts.

Tu as commencé ta carrière artistique en tant que photographe, je crois ?
J’ai un parcours assez atypique. Plus jeune, je voulais devenir souffleuse de verre. J’ai vécu quelques temps dans un trou pommé en Suède pour suivre une formation dans une école spécialisée. Ensuite, je me suis orientée vers le graphisme, ce qui m’a permis de développer un grand intérêt pour la photo. Aujourd’hui, la musique me prend beaucoup de temps et j’ai dû mettre la photo temporairement de côté. En revanche, je crée presque tous les visuels pour Rikslyd.
 
De quelle manière la musique est-elle apparue dans ta vie ?
Je savais déjà siffler à 5 mois. On peut donc dire que j’avais ça dans le sang dès la naissance (rires) ! Sinon, j’ai connu mon premier coup de foudre musical à l’âge de 5 ans avec Kate Bush, que j’écoutais en boucle. Quand j’y pense, je me dis qu’elle n’est pas totalement étrangère dans mon envie de faire de la musique. Ado, j’étais aussi très fan de Portishead et de Massive Attack, et je le suis toujours.
Musicalement, ça ressemble à quoi ?
C’est un mix entre le hip-hop, l’electrocute et le champagne-electro. Mais je puise ma plus grande inspiration dans le trip-hop. J’ai du mal à tracer une ligne claire entre les différents genres. Tous ces styles ont des bases communes. Finalement, la seule chose qui me motive dans la musique c’est l’émotion. Ne pas me poser de limites de style me permet de mieux évoluer entre deux eaux.



À qui s’adresse la musique de Rikslyd ?
Elle s’adresse aux personnes qui passent leur vie avec un casque vissé sur les oreilles et qui montent le son jusqu’à s’en faire pêter les tympans. Ça ne veut pas dire que ma musique ne s’adresse qu’aux solitaires. Plus sérieusement, j’ai voulu créer un disque qui puisse s’écouter partout et tout le temps. Comme un album de pop ou comme une bande originale de film.

Les concerts de Rikslyd sont de véritables performances artistiques presque théâtrales. Pourquoi ce choix ?
C’est grâce à Ylva ! Elle a un vrai sens du spectacle et de la mise en scène. Et le plus surprenant c’est qu’elle travaille de manière très instinctive. C’est aussi pour cela que l’on se ressemble artistiquement parlant. Les performances live me permettent d’exploiter d’avantage le côté soigné et décalé de ma musique.

  

Tu as fait quelques remixes (La Chatte, Cibelle, Thieves Like Us…). Tu fais de la musique pour Sephora, Stella McCartney utilise le titre Amisexy pour son défilé. Quand as-tu compris que tu pourrais faire de la musique en professionnelle ?
Une chose est sûre, c’est que l’objectif n’est jamais lucratif. Même si j’ai bien conscience que rien n’est acquis, je ne vis pas dans l’angoisse permanente que tout peut s’arrêter. Que je le veuille ou non, l’argent et la reconnaissance varient d’une saison à l’autre. Mon but est de sortir plus d’albums, de faire de la bonne musique et de grandir artistiquement.

Pourquoi avoir signé avec Tsunami Addiction et deBonton ?
Parce que ce sont des gens que j’adore et en qui j’ai vraiment confiance. On essaie de faire vivre Paris et on travaille tous dans ce sens. J’ai hâte de voir les deux labels se développer. Il y a des personnes derrière qui se donnent à fond pour donner la chance à une nouvelle scène musicale. Je me sens proche de la philosophie de ces labels. La musique d’abord, le business ensuite.

Tu es Norvégienne et tu vis à Paris. Pourquoi as-tu décidé de t’y installer ?
Pour le champagne ! Paris continue d’exercer une fascination sur les artistes. J’en suis la preuve. Cela s’explique en partie par son histoire, par sa tradition culturelle et par son esthétisme. Paris est une ville inspirante même si elle me fait parfois souffrir avec ses promesses.

Musicalement qu’aimerais-tu faire dans le futur ?
M’approcher le plus possible du son médiatif. C’est un travail de longue haleine.
 
 
RIKSLYD :: MUSIC FOR HEADPHONE DANCERS
deBonton / Tsunami Addiction 

Album disponible en digital ici

Blog

 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *