DJETTE : LOUISAHHH!!! SORT DE L’OMBRE


© Eric Traoré

La seule figure féminine de l’écurie Bromance records sort un EP solo baptisé “Shadow Work”. L’occasion de faire le point avec l’Américaine Louisa Pillot, au passé sombre mais en quête de rédemption…

Paulette : Tu as commencé à jouer dans les clubs de New York à 17 ans. Quelle était l’ambiance d’alors ?
Louisahhh!!! : C’était une période très excitante, avant l’invention du serato et de la démocratisation du DJ software. Il y avait encore cette magie. J’ai commencé dans des bars, plutôt que dans des clubs. On passait de la dance rock music ou de l’électroclash, pas tellement de la techno. New York était bouillonante à cette époque, il y avait les Yeah Yeah Yeahs, les Strokes, Interpol, The Rapture, LCD Soundsystem, Ratatat… Tous étaient de New York, ils venaient jouer de manière confidentielle, pour moi c’était très stimulant. On pouvait faire ce que bon nous semblait, car personne ne comprenait ce que nous faisions de toute façon.

Qu’est-ce qui a fait que la jeune passionnée de chant que tu étais plus jeune se convertisse au djing ?
C’est compliqué… J’avais écrit une chanson pour des beats électro qui me tenait très à coeur. J’avais aussi repris – sans prétention aucune – “Blue Monday” de New Order et “Can’t Get You Out Of My Head” de Kylie Minogue en version club. Même si ces chansons ne représentaient pas totalement mon style, j’avais l’impression de créer quelque chose de magique. Ce sentiment ne m’a jamais quitté depuis.

“Louis est un excellent mentor, un vrai meneur de troupe, un ami.”
Comment t’es-tu initiée à la techno ? As-tu eu des mentors ?
J’ai fait mon chemin de façon un peu chaotique…. Juan Maclean m’a beaucoup inspirée, il m’a introduite à des artistes tels que Levon Vincent qui a beaucoup influencé ma sensibilité à la techno. Louis Brodinski (patron du label Bromance) a également façonné mon rapport à cette musique, à la fois dure, sombre,sans jamais être élitiste. Tout cela m’a donné la force d’aller vers un son plus pur, plus limpide. Le mélange des genres en musique énerve les gens finalement.

Tu es arrivée en France grâce à Brodinski , qui t’a fait intégrer l’écurie Bromance records. Comment est née cette “Bromance” justement ?
On s’est rencontrés via des amis communs en 2010. L’année suivante, je sortais “Let The Beat Control Your Body”, sur le label Bromance. Louis est un excellent mentor, un vrai meneur de troupe, un ami, un homme bien. Notre Bromance dure parce que je lui fais confiance, et il me fait confiance. Il est une famille pour moi.

Ton nouvel EP s’appelle “Shadow Work”. As-tu puisé dans ton côté le plus sombre pour le composer ?
Oui c’est exactement ça : travailler sur, au travers et à propos de l’ombre. J’en avais marre d’avoir peur de ma propre ombre donc j’ai décidé de créer quelque chose à partir de ça !

“J’essaie d’être à la fois guerrière et féminine.”

Tu nous confiais dans nos pages (voir notre numéro Turfu, ndlr) que ton attitude sur scène était celle d’une guerrière qui ne jouait pas de sa féminité. Peux-tu nous en dire plus ?
J’essaie d’être à la fois guerrière et féminine, de célébrer l’Amazone qui est en moi, la Chasseresse. Jeanne d’Arc, Athéna, Diane… Tous ces archétypes m’aident à explorer et à consolider ma force. Elles sont toutes féminines et combatives. Etre DJ, ce n’est pas être sexy et chatte, c’est être entièrement femme. Je pense qu’on a besoin de ce genre de références.

Quel est ton rapport à la mode ?
J’aime porter des vêtements, mais je n’aime pas quand ce sont les vêtement qui veulent me porter. C’est ça le vrai style !

Quelles sont les autres figures féminines de la scène techno dont tu te sens proche ? Clara 3000 ? Cholé ? Nina Kraviz ?
Je respecte profondément ces artistes, j’y ajouterais également Steffi, Ellen Alien et Miss Kittin. Je peux également m’inspirer d’artistes venant d’autres genres musicaux comme Jlin, Holly Herndon, Jubilee, Speakerfoxxx. Ces filles sont des inspirations et je suis fière de les avoir comme amies.

Quel est ton regard sur la nuit parisienne ?
Elle a beaucoup changé depuis que je me suis installée à Paris. Et elle continue de changer. La nuit parisienne sera toujours fraîche, j’espère seulement qu’il y aura toujours plus de soirées clandestines, où les gens peuvent vraiment se lâcher, sans avoir peur de ne pas être “cool”

En dehors de la nuit, à quoi ressemble ton lifestyle ?
Ah ! Je fais pas mal de sport, de la gym, de la course, du vélo… J’ai rencontré pas mal de monde à travers ces passions. J’essaie aussi de placer la spiritualité au centre de ma vie, elle m’apporte un équilibre vital.

Où peut-on te croiser à midi ?
Idéalement, si je ne suis pas en tournée, à la maison, en train de déjeuner et de répondre à mes emails.

Et à minuit ?
Si je ne suis pas en club, vous me trouverez au lit, en train de lire !

Ton activité licite favorite ?
Ma vie entière est une série d’activités que j’adore.

Illicite ?
J’ai arrêté la drogue donc je dirais des soirées illégales ou des sessions street-art.

Une dédicace aux Paulette ?
Chères Paulette merci pour ces super questions, j’espère que vous apprécierez mon travail.

LOUISAHHH!!! :: SHADOW WORK (EP)

Disponible depuis le 18 septembre
Bromance records

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