DÉCOUVERTE : THOMAS AZIER

Photos © Malte Pietschmann

Thomas Azier, c’est la révélation du moment. Avec deux EP à son actif, ce Berlinois d’adoption prouve qu’il faut désormais compter sur lui.  Quatre ans de musique en solitaire et un résultat plus que surprenant : des tonalités électroniques mêlées à une voix délicate et mélancolique. Une réussite.

 
Tu as plié bagage à 19 ans, direction Berlin. Pourquoi avoir quitté la Hollande ?
Thomas : Parce que ce n’était pas cher ! Je ne savais rien à propos de Berlin, je l’ai juste Googlé et c’était sensé ne pas être cher et j’avais besoin d’un endroit bon marché. J’ai donc déménagé et je ne suis jamais reparti. J’ai trouvé une maison à louer pour 200 euros par mois, où je pouvais faire de la musique doucement mais en même temps seul.  C’est ce que je voulais.

 
Est-ce que vivre à Berlin a influencé ta musique ?
Oui, c’est sûr. J’ai déménagé 9 fois dans Berlin, je connais tous les quartiers par cœur. J’avais aussi, en arrivant, besoin d’améliorer mon anglais, pour pouvoir écrire des paroles. Doucement, j’ai commencé à développer le son que j’avais dans la tête. À Berlin, les gens sont des fanas de techno. Tu entends de la techno partout et à la longue c’est fatiguant. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que les Français aiment ma musique, vous aimez les mélodies tout comme moi.
 
"NOUS, LES GAMINS DES ANNEES 2000 ON A AUJOURD’HUI TELLEMENT DE REFERENCES EN TETE."
 
Donc quelles sont tes influences ?
Je suis plus influencé par les choses qui m’entourent que par la musique en elle-même. Une ville, une conversation, un rêve sont des choses qui, notamment,  m’inspirent. Bien sûr, il y a des artistes que j’admire beaucoup comme Elvis Presley par exemple. Nous, les gamins des années 2000 on a aujourd’hui tellement de références en tête. On peut tout écouter sur Internet.
 
Comment as-tu rencontré Woodkid ?
Il a trouvé ma musique sur Internet, il a aimé et donc on s’est rencontré il y a quelque mois. C’était très bizarre pour moi qui avais l’habitude de faire de la musique seul dans ma chambre. Puis j’ai rencontré ses amis, comme Guillaume des Shoes, on est devenu amis. J’ai eu la chance de jouer à L’Olympia avec Les Shoes. C’est super excitant, tout ça est très nouveau pour moi.

 
Tout est allé assez vite pour toi. Comment gères-tu ton récent succès ?
Oui, enfin pour moi, ce n’est pas allé très vite. Ce n’est pour moi pas vraiment encore un succès. C’est encore petit, j’aime ça. Je crois que je vais commencer à avoir peur quand de plus en plus de gens vont commencer à aimer ma musique. Mais je suis content de n’avoir fait aucune concession sur ma musique. C’était important pour moi.
 
Tu as passé 4 ans à travailler ta musique, avant de la partager. Pourquoi ?
Pour devenir meilleur. J’ai dû lire beaucoup de livres, de poésies en anglais avant de pouvoir devenir bon dans cette langue. Je voulais juste être prêt avant de faire écouter ma musique. Etre artiste, c’est avoir à dire quelque chose qui compte. Pour moi, la musique, c’est de la communication. C’est ce que je pensais, que je devais voir quelque chose à communiquer et quand le message n’était pas lisible, ça ne servait à rien. Quand la musique est un accessoire, c’est juste une mode. C’est stupide pour moi, et pourtant il y a de tellement de musiques qui sont des accessoires. Ce n’est pas ce que je veux communiquer.
 
Pendant ces 4 ans, j’ai dû écrire près d’une centaine de chansons. Je voulais faire des petites histoires qui pouvaient tenir sur tes EP. C’est un format que j’aime tout particulièrement, tu as 3 chansons. Un peu comme un triptyque.
 

Ton premier EP était gratuit. Pourquoi ?
Personne ne connaissait ma musique, ça ne servait donc à rien de faire payer les gens pour quelque chose qu’ils n’allaient pas forcément aimer ! Je suis comme ça moi, je préfère d’abord écouter et ensuite acheter pour une musique que je ne connais pas. Aujourd’hui, je réalise que pour ce second EP, j’ai mis beaucoup d’énergie et je me suis beaucoup investi dedans, c’est ok que les gens payent.
 
Que peut-on attendre de ton album ?
L’album devrait sortir l’année prochaine. Il devrait y avoir trois grands chapitres. L’Artwork devrait être très cool, mais je ne veux pas en dire plus, l’album n’est pas encore fini.
 
Une dédicace aux Paulette ?
Je suis super excité par tout ce qui se passe. J’espère que les gens vont se sentir connectés avec ma musique. J’espère revenir jouer plus souvent en France pour que les lectrices puissent venir à mes concerts !

 

THOMAS AZIER :: HYLAS 002
 
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