DÉBORAH-LOU CZECHOWSKI, COFONDATRICE DE AOILP : « L’IDÉE, C’EST DE BRISER LES CLICHÉS TOXIQUES SUR LES HOMMES »

Aoilp, c’est un média qui parle d’hommes, raconté par des femmes. Et ses créatrices se nomment Fleur et Déborah-Lou. Parce qu’on trouve le projet super, on a interviewé l’une d’entre elles.

Déborah-Lou Czechowski est la cofondatrice du média Aoilp. Après des études en communication des médias, avoir travaillé en agence de publicité et avoir découvert le monde du journalisme chez Canal+ et Les Eclaireuses, elle décide de se lancer à son tour et crée Aoilp. Elle nous raconte l’histoire de son média, entre rencontres, tabous brisés et confinements… Interview.

Bonjour Déborah-Lou ! Tu as créé le média Aoilp, qui parle d’hommes, raconté par des femmes. Tu nous expliques tout ça ?

Bonjour Clémence ! Avec ma meilleure amie Fleur, qui travaille aussi dans l’univers des médias, nous adorons les nouveaux médias féministes. Mais on trouvait qu’il y avait beaucoup de sujets qui mériteraient d’être également abordés par des hommes. En creusant un peu, nous avons découvert le phénomène de « masculinité toxique » et les injonctions à la virilité dont ils souffrent. Il y a une forme de pression sociale qui pèse sur les hommes, et qui les empêchent d’exprimer librement leurs personnalités et leurs sentiments, loin des clichés machos et dominateurs. Quand on a commencé à en parler à notre entourage masculin, on a remarqué qu’ils avaient tous leur mot à dire. Et, surtout, qu’ils avaient envie de s’exprimer, de partager leurs sentiments et leurs anecdotes. On a donc décidé d’en faire un média ! Le premier média pensé par des femmes et raconté par des hommes… C’est un véritable échange ; qui brise les clichés. Ici, on réconcilie les sexes, on apprend à mieux se connaître et se comprendre les un·e·s les autres.

 

Le but, c’est de briser les stéréotypes masculins. Comment allez-vous vous y prendre ?

L’idée, c’est de briser les clichés machistes et toxiques sur les hommes, en les interrogeant sur des sujets qui les concernent – de près ou de loin – et sur lesquels on les entend rarement. Par exemple : la première fois, le consentement, la paternité, l’influence du porno, les complexes, le maquillage, la mode, les tâches ménagères, l’égalité hommes-femmes et bien d’autres… Nous utilisons la forme très efficace et très immersive de la vidéo. Nous avons deux formats : l’échange d’avis de plusieurs hommes et l’interview individuelle. Pour chaque thème abordé, nous proposons également un contenu plus informatif qui permet, avec des statistiques ou des résultats d’études, de comprendre un phénomène ou de définir un sujet qui nous tient à cœur.

La création du média est assez récente. Comment cela s’est-il déroulé ? Quel a été l’impact du confinement sur Aoilp ?

Nous avons créé ce média fin 2020, après l’été. C’était super, on a eu un super accueil ! Malheureusement, les confinements nous ont coupé dans notre élan. On a eu beaucoup de mal à mettre en place des tournages et à faire venir des intervenants. Maintenant, nous avons repris et on espère pouvoir enchaîner les tournages et rencontrer encore de nouvelles personnes. C’est une aventure qui a aussi sa part de difficulté, car nous ne sommes que deux et on a tout appris sur le tas : montage, tournage, écriture… On fait tout toutes seules et c’est un sacré boulot. Mais, globalement, c’est une aventure passionnante et surtout très enrichissante, car on se confronte à des réponses inattendues et on brise nos propres clichés tous les jours. On a fait de très belles rencontres et ce n’est que le début !

 

Pour toi, c’est féministe, que des femmes parlent d’hommes ?

Pour nous, le féminisme, c’est l’égalité, c’est l’harmonie, c’est la compréhension de l’autre. Et on se sent très féministes quand on fait tomber les barrières et qu’on essaye de mieux comprendre les hommes…

Est-ce que ce n’est pas trop binaire pour la société actuelle ?

Au contraire ! On prouve avec ce média que le mot « homme » ne veut plus rien dire et qu’il y a, en réalité, une multiplicité infinie de personnalités et d’identités derrière ce terme. C’est aussi le cas pour les femmes. Mais ces sujets sont déjà traités par d’autres médias très pertinents.

 

Qu’espères-tu pour le futur et quel message voudrais-tu faire passer à celleux qui te lisent ?

J’espère qu’avec ce média et toutes les initiatives sur les nouvelles masculinités, nous allons permettre aux jeunes de se sentir mieux dans leur peau, d’assumer leurs personnalités, d’être accepté·e·s et mieux compris·e·s par les autres. On espère aussi améliorer l’égalité hommes-femmes sur tous les points. Et de notre côté, nous espérons pouvoir bientôt nous consacrer entièrement à ce projet, pour former une équipe de passionné·e·s comme nous et multiplier nos productions !

 

Merci, Déborah-Lou !

 

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