DE L’ART D’ÊTRE ANTI-FASHION

  Vous devez-vous dire qu’elle est complètement jetée cette Gisele Price de chroniquer sur Paulette avec un titre aussi absurde !

Jetée cʼest peut-être le cas, mais pas si téméraire tout de même. Aussi, requiert-elle audience pour faire la preuve par 3 quʼêtre anti-fashion est un art nécessaire. Pourquoi ?

Vous avez à peine adopté le sarouel quʼil vous faut embrayer sur le carrot pants. Arpenter les rues en compensées 10 cm nʼest plus un défi mais il vous faut désormais investir dans lʼescarpin pointu (merci Isabel Marant). Vous savez pertinemment que la maxi-dress et vous ça ne marchera jamais (question de taille vu que vous mesurez 1m65 et elle 1m80).

 

 
Il est grand temps que vous sachiez lʼart dʼêtre anti-fashion !

> Premier commandement : nous nʼavons rien contre la mode, cʼest elle qui nous en veut !
Dʼabord parce que passer en moins dʼune semaine du bombardier en mouton retourné, au complet pour ressembler à Farah Fawcett dans Drôles de Dames, ben ça requiert un sacré budget. Et quand Kate se met à porter une fourrure crème je vous dis pas, cʼest lʼinflation garantie. Ensuite parce qu’ "être fashion" cʼest être à la merci des caprices lunatiques dʼune tendance qui parfois-quasiment-tout le temps nous échappe. Soyons pragmatiques, Gisèle dégaine lʼexemple : vous sortez satisfaite dʼune belle enseigne équipée de votre veste à épaulettes tant désirée et bang ! cʼest le drame, on est (déjà) passé à la parka kaki. Il ne vous reste plus quʼà hasarder un "Vous remboursez ?"

> Deuxième commandement (je précise que je suis agnostique, on parle de mode ici) : nous aimons la mode, oui.
Le problème, cʼest quʼon est 3 milliards à lʼapprécier ! Je ne suis pas très bonne en arithmétique mais si le compte est bon ça fait tout de même 3 milliards de clones en marinières à paillettes postés en faction devant H&M pour le lancement de la collection Lanvin. Ça relèverait presque de la science-fiction. Imaginez : des légions de Paulette, toutes slimées, frangées, bottées et épaulées, avides de la dernière tendance, quitte à séquestrer les vigiles de lʼentrée, à bâillonner les vendeuses et hold-upper son banquier.

Tant que nous y sommes, lâchons le it-bag dans la marre (cʼest facile mais irrésistible) : être fashion revient à engraisser lʼidée dʼuniformité du monde et ça cʼest carrément pas éthique.

> Troisième commandement : Je profite de la minute poliquement-fashion pour soulever un autre débat, qui consiste à s’élever contre lʼaliénation du droit au "fashion faux-pas".
Ce troisième commandement est un acquis social depuis que Brigitte Bardot a porté du Vichy, cʼest dire. Il nʼy a pas de faux-pas en matière de mode, cela ne peut exister que si la tendance prend le pas sur nos identités. Il nʼy a que des façons de porter un vêtement, peu importe quʼil soit élevé au rang de "it" ou non, pourvu quʼil nous sied.

Lʼart dʼêtre anti-fashion cʼest faire la nique aux tendances en utilisant votre imaginaire pour réinterpréter ses codes et ses contraires. Allez, on se quitte en chanson comme de bonnes militantes :
 

"Savez-vous porter le short, à la mode, à la mode
Savez-vous portez la cape, à la mode de chez nous ?
On le porte comme on le veut, à la mode, à la mode
On la porte si on veut, à la mode de chez nous !"

Retrouver Gisele Price sur son blog : http://giseleprice.tumblr.com/

 

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