COUP DE COEUR : YOUR KID SISTER

Paulette vous présente Maia alias Your Kid Sister, une jeune chanteuse et accordéoniste enchanteresse, rencontrée à Barcelone et qui débarque bientôt à Paris. 

Fille-loup – son bonnet a été tricotée par sa maman – Maia est une artiste intéressante. Née d’une mère américaine et d’un père français, elle grandit quelque part entre le Canada et New York et passe ses vacances d’été à Montpellier dans la famille de son père. Adolescente, elle monte un groupe punk, baptisé Kiev, avec des amies. Coca-Cola les choisit pour un spot de pub. La voilà propulsée starlette punk à 16 ans. 

Mais voilà, le punk c’est bien mais à un moment y en a assez. Maia déménage à Montréal puis Barcelone pour étudier les arts plastiques et monte seule son nouveau projet, Your Kid Sister. À Barcelone, elle joue dans des petits bars et se fait bientôt remarquer par une maison de disques belge avec laquelle elle s’apprête à signer. Cinq jours passés à Paris lui suffisent pour la décider à faire ses bagages et s’y installer en janvier, après avoir passé les fêtes en famille. 

Rencontre dans un petit café du vieux Barcelone autour d’un chocolat chaud avec cette fille douce et intrigante.

Paulette : Maia, d’où viens-tu ?
J’ai grandi à Utica, entre le Canada et New-York, c’est très petit. Mon père est Français, toute sa famille est de Montpellier, j’y passais tous mes étés. C’est bien comme ça j’ai les deux nationalités et depuis que je suis en Europe, je profite de mon passeport français.

Quand as-tu commencé la musique ?

À 7 ans, j’ai commencé à jouer du violon jusqu’à 18 ans. Je n’aimais pas du tout, je détestais la musique classique. Mes parents me forçaient, mais maintenant je les en remercie car ça m’a servi. J’ai suivi une méthode d’apprentissage par l’oreille, donc maintenant quand je touche un instrument, j’écoute une chanson et je peux le rejouer. Quand j’ai eu 14 ou 15 ans, j’ai monté un groupe punk, Kiev. Je jouais la basse et j’écrivais les chansons et je chantais. J’avais des cheveux de toutes les couleurs, c’était vraiment rigolo ! Je jouais toujours le violon, j’allais à mes concerts classiques avec des cheveux roses ! Pendant 2-3 ans, on a joué dans des festivals punk et fait les premières parties de Bad Religion et Anti-Flag. On a fait une pub pour Coca-Cola, ils cherchaient un groupe de filles, ils sont venus dans notre ville… Faut que tu la voies, c’est nous, mes amis, ma famille, ma ville, ma voiture ! À 17 ans, je me suis retrouvée à la télé nationale, je suis devenue une célébrité chez moi. À 18 ans, j’ai arrêté la musique, le violon, le groupe. Je suis allée à l’université étudier les arts plastiques pendant 3 ans, avant de reprendre la musique il y a 1 an.

Comment est né ton personnage de la fille-loup ?
Quand j’étais à Montréal, j’avais un petit copain parisien. On écoutait Rancid, un groupe très punk qu’on aimait tous les deux. Je chantonnais souvent les paroles, comme ça "lalalalala" (voix de petite fille) et il m’a dit en rigolant que je devrais faire des reprises de ces chansons. Et puis une nuit, à Montpellier, j’étais chez ma grand-mère, et je n’arrivais pas à dormir à cause du décalage horaire. Et d’un coup tout m’est venu : le nom, les chansons, le loup qui est une référence à un album de Rancid (et à leur album, And Out Come the Wolves)… Your Kid Sister c’est comme une petite fille qui a une grande soeur qui aime Rancid et qui découvre un jour leurs chansons et les joue. C’est un monde de fantasy !

C’est marrant ce détachement par rapport au punk alors que tu as commencé par là…
À l’époque, le punk c’était une rébellion contre le capitalisme, les stéréotypes, etc. J’étais très inspirée par le côté DIY (Do It Yourself), ce qui est toujours le cas. Le punk pour moi, c’est ne pas avoir peur de commencer quelque chose dans ton garage, de se teindre les cheveux, fabriquer ses tee-shirts… Ça me donnait beaucoup plus de liberté que le violon classique. Après, je n’ai rien avoir et je n’ai rien eu à voir avec le côté agressif et anarchique du punk. Pour moi, c’est le DIY qui a été déterminant.

Quand as-tu intégré l’accordéon ?
J’ai appris à en jouer pour mes chansons. Cette nuit où tout m’est venu, je savais que mes parents en avaient un, caché. Personne n’en avait jamais joué. Je joue de la guitare, de la basse mais ça ne m’a jamais inspirée, ce n’était pas mon instrument. J’ai appris l’accordéon avec Poison. J’écoutais la chanson sur la stereo, face au miroir, je touchais les boutons, c’était dur car j’étais à l’envers ! Maintenant j’adore, tu peux jouer avec une main tu fais le rythme, des notes graves comme avec une basse et puis avec l’autre main tu peux faire ce que tu veux, jouer du piano, par exemple. J’aime bien, c’est pas courant, à part dans la chanson française, bien sûr.
  


Sur scène tu fais beaucoup de reprises, comment as-tu construit ton répertoire ?

J’ai commencé par des reprises de Rancid et puis j’ai décidé de faire une reprise de Brassens, Je me suis fait tout petit. Je trouve cette chanson tellement triste mais sa manière de chanter ne l’est pas. J’ai pensé que ça serait intéressant de la chanter d’une manière plus proche des mots, plus dans l’émotion. Depuis pas longtemps, je chante aussi mes propres chansons. Ça faisait 4 ans que j’avais arrêté d’écrire. J’ai recommencé, j’ai beaucoup évolué dans l’écriture par rapport à mon ancien groupe.
À part Rancid et Brassens, quelles sont tes inspirations ?
J’ai grandi avec la chanson française grâce à mon père qui avait un groupe et qui chantait Edith Piaf, Charles Trenet, Yves Montand une fois par mois dans un resto. À force d’assister aux répétitions, je connaissais les paroles par coeur… J’ai toujours beaucoup aimé Edith Piaf, cette espèce de fanfare emphatique… Mais je suis aussi très inspirée par Billie Holliday que j’ai écoutée sans arrêt durant des années… Sa tristesse, son ironie, sa voix m’ont beaucoup appris. Avant j’hurlais un peu !
Aujourd’hui ta voix est hyper douce, fragile, de quelles chanteuses actuelles te sens-tu proche ?
J’aime bien tout le changement initié par des chanteuses comme Feist avec un chant un peu plus dans la bouche, avec une articulation différente… C’est un pas de plus vers la féminité. Le rock’n’roll est un courant masculin, où les femmes imitent les hommes. Aujourd’hui, on habite dans le monde est beaucoup plus ouvert à ce type de musique. On m’a souvent demandé si je me sentais proche des voix douce comme celle de Russian Red, une chanteuse espagnole qui chante en anglais… Je trouve ça bien car je crois qu’avec le punk, définitivement, on habitait dans un monde très masculin. Même au quotidien les concerts, les fans, c’était très difficile à supporter pour une personne fragile, douce comme moi. Je n’aimais pas ce monde-là, je ne voulais pas évoluer là-dedans. Ça fait 6 ans maintenant, et je me sens mieux aujourd’hui, j’aime bien être chouchoutée !

Tu viens d’enregistrer ton premier album, God is My Bike…
Je l’ai enregistré cet été à Barcelone, chez moi avec mon copain. J’ai fait beaucoup d’arrangements avec des violons maintenant il faut que je l’adapte un peu plus à la scène. Quand j’arriverai à Paris, je veux trouver des musiciens. Ici à Barcelone, je tourne avec batterie, xylophone, trompette. Dans un monde idéal, j’aurais un guitariste, un violoniste, un percussionniste pour faire un nouveau spectacle. Une maison de disques bruxelloise veut sortir l’album, fin mars j’espère. Je vais partir en tournée, jouer en Europe…  J’ai choisi d’être une artiste européenne, de faire des tournées en Europe, en Italie, à Budapest… Ça me plaît beaucoup plus.

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Et bientôt en France !


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