COUP DE COEUR : ODEZENNE


Photos, Romina Shama
 
Avant de sortir un troisième album, le trio Odezenne composé d’Alix, Mattia et Jaco dévoilent leur EP “Rien”. Rencontre avec ces trois OVNI originaires de Bordeaux.
 
Paulette : D’où vient ce nom Odezenne ?
Alix : Ça vient du collège où on s’est rencontrés avec Mattia. On avait une prof qui s’appelait Madame Odezenne. Au début c’était une blague et finalement c’est resté.
 
Peut-on vous considérer comme un groupe de rap ?
A : Non pas du tout. Effectivement notre premier album Sans chantilly, c’était du rap jazz parce que c’était un compromis entre Jaco et moi qui voulions écrire en français et Mattia qui aime le jazz parce qu’il fait partie d’une famille de jazzmen. Mais ce n’était pas un but de se positionner là-dedans. Du coup sur le deuxième album, on est partis vers des sonorités plus électro ou plus pop. Et là pour Rien on est encore ailleurs. On se dirige vers ce qu’on appelle de la musique en français. On ne se considère pas du tout comme un groupe de rap. Ce n’est pas qu’on n’aime pas le rap, c’est que le rap ne nous définit pas. Je n’ai pas l’impression d’être un rappeur ni d’être dans ce jeu là.


 
Vous avez enregistré cet EP à Berlin. Pourquoi cette ville en particulier ?
A :On cherchait avant tout une perte de repère pour se réinventer. On part du principe qu’on fait un album par envie et on a envie de découvrir l’inconnu. On n’est pas le genre à se conforter dans une formule. On a besoin de repartir à zéro.
Jaco :À un moment donner tu effaces tous tes repères, tes routines, tes habitudes que t’as mis en place. On va dans un pays où on ne comprend pas la langue. Tu crées de nouveaux repères et ton cerveau ne fonctionne pas comme il fonctionnait avant. L’expérience est assez fascinante artistiquement. Là-bas il y a beaucoup de vie artistique mais c’est plus la vie de tous les jours qui a influencé ce qu’on a fait.
 
“Je serais né dans les années 20 je serais un pochtron”
 
Dans vos textes, il y a beaucoup de références à la consommation de cannabis. Est-ce un des moteurs de votre inspiration ?
J : On va dire que c’est une habitude, peut-être une mauvaise. Je serais né dans les années 20 je serais un pochtron, j’aurais bu du rouge comme mon grand-père.
Mattia : On ne fait pas une musique qui requiert beaucoup de pratique et de sérieux alors autant essayer de s’ouvrir et s’abandonner. Ça aide un peu à partir.
A : Moi j’ai arrêté il n’y a pas longtemps. Les drogues douces permettent de se désinhiber face à toi-même et ce que tu es en train d’écrire ou composer. C’est pour ça que plein d’artistes se droguent.
 
Et à Berlin vous avez expérimenté d’autres substances ?
A : On a fait comme tout le monde quand on arrive à Berlin. Notre studio était dans un grand complexe avec une dizaine d’autres studios et trois, quatre clubs. Quinze jours après être arrivés à Berlin, on est partis dans un club, on a pris de la coke, du MDMA : tout ce qu’il faut pour ouvrir les chakras. La redescente était dur. C’était à faire là-bas mais je ne pense pas que ça a aidé à la création.
 
 
Comment vous est venu le morceau Je veux te baiser sachant que vous êtes partis sans vos copines ?
J : Un soir j’étais dans mon pieu avec ma meuf et j’ai écrit ça.
A : J’ai kiffé et je l’ai poussé à faire le morceau parce qu’il avait pris ça comme une blague. Beaucoup de morceaux commencent par une blague.
J :On a retravaillé le texte avec Alix et Mattia a fait une proposition musicale. C’est plus une déclaration d’amour qu’une déclaration de non amour. Je voulais niquer, elle voulait niquer, on a niqué. (rires)
A : Tu imagines ce qu’il doit faire pour niquer !
 
“Cet EP parle beaucoup des femmes et faut être à l’aise pour en parler devant une foule.”
 
Vous avez la réputation d’être un groupe de scène. A quoi doit-on s’attendre quand on n’a jamais vu Odezenne sur scène ?
A : On aime les concerts sans artifices. La ligne directrice d’Odezenne c’est le moins de protection possible entre ce qu’on est dans la vie et notre musique. On n’est que tous les trois, c’est la prolongation de Berlin. On boit une bouteille de whisky avant de monter sur scène, une pendant le concert parce qu’il faut se désinhiber. Cet EP parle beaucoup des femmes et faut être à l’aise pour en parler devant une foule.
J :On a un putain de public, vraiment. Il se passe des moments de communion assez stupéfiants humainement.
M :On n’est pas des interprètes, on n’est pas dans des rôles.


 
Des souvenirs de tournée en particulier ?
A :Un soir Mattia s’est fait péter le bras par Jaco et le problème c’est qu’il est guitariste.
M : C’était le soir de mes trente ans. On avait trop arrosé le concert, on a chamaillé et j’ai fini aux urgences.  J’ai passé trois mois sans jouer de guitare, ce qui m’a permis d’emmener les claviers.
 
Une phrase pour les Paulette ?
A :Continuez à nous inspirer comme ça !
J : Vous êtes toutes belles !


 
ODEZENNE :: RIEN
 
Site http://www.odezenne.blogspot.fr/

Article rédigé par Roch Serpagli

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