COUP DE COEUR : MS MR

Photos d’Antoine Chesnais pour Paulette Magazine


MS MR et Paulette, c’est une grande histoire d’amour. Quand nous avons découvert leur clip Hurricane pour la première fois, ça a été un électrochoc. S’en sont suivies de longues heures passées à écouter leurs morceaux, distillés au compte goutte chaque lundi avant la sortie de leur EP, et à scroller sur leur TumblR, vivier de petites images inspirantes comme on les aime. C’est donc avec une grande excitation que nous avons retrouvé le duo New-Yorkais MS MR au Café Charbon, juste avant leur premier concert en France, au Nouveau Casino.

Mais derrière l’excitation, se cachait une certaine appréhension. Figurez-vous que si vous partez à la chasse aux informations sur ceux que l’on compare à Florence and the Machine, vous en reviendrez bredouille ! Le groupe désire en effet entretenir le mystère sur leur identité. Mais ça, c’était avant que nous les rencontrions. Découvrez l’interview fleuve de Max, 24 ans et Lizzie, 25 ans.
 
Paulette : Dans quelques minutes, vous allez jouer pour la première fois à Paris. Direz-vous quelques mots en français à votre public ?
Lizzie : Probablement pas, ce serait un désastre ! Remarque, on a quand même envie d’annoncer le morceau « Hurricane » en français. Que devrions-nous dire ? Quelle est la traduction du mot « Hurricane » en français ?
 
Vous devriez dire : « Et maintenant, nous allons chanter le titre Tempête »
Lizzie : Tu pètes ?
 

Ahaha non, ça, ça veut dire autre chose…. Mieux vaut le dire en anglais finalement ! J’ai regardé sur internet pour chercher des infos sur vous et je n’ai quasiment rien trouvé. Pourquoi un tel mystère ?
Max : On voulait d’abord être des musiciens et ne pas être associés à une image. De cette manière, les gens peuvent écouter librement notre musique sans avoir d’apriori sur notre style, notre âge, nos noms… C’est pour cela que, jusqu’à présent, très peu d’informations ont circulé sur nous. Cette interview fait partie des premières que l’on donne.
Lizzie : On voulait vraiment insister sur notre musique et éviter d’être des artistes médiatiques, on s’en fout un peu. Quand on y pense, l’image est devenue un outil dans le monde de la musique alors que c’est la qualité de notre travail qui devrait primer, n’est-ce pas ? Les artistes qui ne se dévoilent pas donnent l’impression de ne pas jouer le jeu, nous, ce n’était pas du tout notre but, on n’a pas souhaité entretenir le mythe d’un groupe anonyme. On a donc essayé de créer un juste milieu. On a dévoilé notre musique d’abord, le reste après. Et aujourd’hui on est très contents d’être là, à Paris, et de faire cette interview et ces photos avec vous !
 
Quand avez-vous commencé toute cette aventure ?
Max : Il y a à peu près 2 ans, en décembre 2010. À l’époque, on faisait juste ça pour le fun, le premier titre que l’on a enregistré ensemble c’était une reprise de Patrick Wolf, Time of my life. On ne se connaissait pas tellement, on était pas très amis, on a évolué ensemble, notre amitié s’est consolidée et à un moment on s’est dit « Eh, peut-être formons-nous un groupe ? ». Et oui, c’était le cas.
 
Comment vous êtes vous connus tous les deux ?
Lizzie : On a fait nos études ensemble dans une université de New York. On se connaissait mais on n’était pas très proches. Tout a commencé une fois notre diplôme en poche. Moi j’ai fondé un label de musique (Neon Gold, ndlr) et Max a commencé à faire de la musique pour son plaisir. Un jour il m’a contactée pour savoir si je connaissais des gens qui seraient intéressés pour jouer avec lui.
Max : Elle avait un pied dans le milieu de la musique, il fallait bien que j’en profite !
Lizzie : Et là, j’ai pris mon courage à deux mains, je lui ai dit « Oui, je pense à quelqu’un ». Il m’a demandé à qui je pensais et j’ai répondu : « Moi ! ».
 
Tu as fait ton coming out musical grâce à Max en quelque sorte ?
Lizzie : Exactement. Jusque là, personne ne savait que je chantais. Je n’ai jamais pris de cours, je fredonnais seule chez moi, je travaillais sur quelques accords mais j’étais beaucoup trop timide pour en parler à qui que ce soit ! Et quand j’ai eu cet appel de Max, je me suis dit qu’il fallait que je saisisse cette opportunité parce que cela ne se reproduirait peut-être jamais.
Max : Suite à cet appel elle est venue chez moi et m’a fait écouter un morceau, j’ai tout de suite était époustouflé par sa voix. J’étais subjugué ! L’enregistrement de Time of my life s’est fait dans les jours qui ont suivi et ensuite, tout est allé très vite….
 

Vous avez tout de suite su dans quel registre vous alliez évoluer ?
Max : On écoute beaucoup de musique tous les deux, de différentes époques. Ce qui fait notre force c’est justement cet éclectisme. Quand on met nos idées en commun, avec à la fois des sonorités émergentes et rétro, ça donne une très belle alchimie qui caractérise notre style.
Lizzie : On a réussi à créer notre propre son en mêlant toutes nos influences.
 
Est-ce que vous pourriez utiliser 3 mots pour décrire ce fameux style du coup ?
Max : Dark, homérique, alternatif
Lizzie : 3 mots chacun ou pas ? Car si je pouvais rajouter pop, glitch et cinématographique ce serait vraiment chouette !
 
Ces adjectifs ne décrivent pas seulement votre musique, ils décrivent également votre univers, que votre Tumblr reflète à la perfection d’ailleurs.
Lizzie : Oui on adore tout ce qui est extrait de vieux films en noir et blanc, tout ce qui brille, tout ce qui est à la fois rétro et girly mais aussi très esthète et très barré.
Max : Ces petites images que l’on poste régulièrement forment une sorte de moodboard géant. On espère qu’avec le temps, si un jour on les colle toutes ensemble, ça reflétera parfaitement notre univers.
Lizzie : Il y a aussi une chance pour que ça soit très moche et que ça ne rende rien du tout (rires).
 
Comment faites-vous pour choisir ces photos ?
Max : Facile ! Il suffit d’un regard, on se ballade sur le net et quand on tombe sur quelque chose qui nous plait on sait que ça plaira aussi à l’autre. On a les mêmes goûts !
 

 

Votre clip Hurricane est d’ailleurs un TumblR géant, l’idée s’est imposée d’elle-même ?
Lizzie : Oui c’était le meilleur moyen pour nous de tout exprimer en 3 minutes 45 !
Max : La solution de facilité pour tout dire et ne rien dire surtout (rires).
 
Le clip du morceau Dark Doo Wop met en scène des images de mariage tournées au Super 8. Vous allez rester dans la mouvance rétro/DIY pour les prochains également. Ça va devenir votre patte ?
Max : Il y a des chances oui, on adore le collage, aussi bien manuellement que dans notre musique, avec les différents instruments et la voix de Lizzie.
Lizzie : Oui, c’est une passion, ça permet de faire de jolies combinaisons, uniques et originales. On juxtapose, on colle, on superpose.
Max : Dans la mode aussi, on adore faire ça !
 
Ça tombe bien, parlons mode ! Merci Max pour la transition !
Max : Mais de rien, je m’entraîne dur à devenir bon en interview. Ce n’est pas facile, je débute, mais c’est dans des moments comme cela que je vois que mes efforts ont payé. Paulette est un magazine féminin qui parle de mode, je me devais donc de saisir la balle au bond et d’amener cette conversation sur le chemin des tops à fleurs et des vestes à sequins ! (Rires)
Lizzie : Je suis jalouse,  moi aussi j’aimerais pouvoir faire d’aussi belles transitions…
Max : Je te donnerai des conseils va ! Sans rire, si on devait définir notre style vestimentaire on utiliserait le mot collage.
Lizzie : Je porte des tee-shirts classiques avec de très gros bijoux voyants, des pantalons tout déchirés avec une veste chic. Là, j’ai mixé ma jupe d’une grande enseigne avec un haut qui vient d’une friperie londonienne.
Max : En parlant de friperie, ce matin je suis allé faire les boutiques à Killywatch et j’ai trouvé une paire de Doc Marteens pour quasiment rien. Je suis très content, c’est mon côté grunge.
Lizzie : Disons que nous sommes à la fois « grunge et chics ». Enfin, je pense… Quand on est entrés dans le café tout le monde nous a regardés, peut-être ne sommes nous pas si classes que cela (Rires).
Max : Non Lizzie, s’ils nous ont regardés c’est à cause de tes cheveux bicolores!
 

Pourquoi avoir choisi MS MR (à prononcer Miss and Mister) comme nom de groupe ?
Max : C’est un titre, ça évoque le côté royauté, ça nous plait. On aimait aussi l’idée d’infini qui se dégageait de ce nom, nous serons à tout jamais une Miss et un Mister, enfin, c’est ce qu’on pensait jusqu’à ce que certains journalistes nous demandent qui était l’homme et qui était la femme…
Lizzie : Ahah, oui, c’est très drôle comme ce nom nous permet de jouer sur l’ambigüité et le côté formel et informel.
 
Vous avez fait la première partie de Marina & The Diamonds pendant sa tournée, ça vous a donné des idées ?
Lizzie : Marina est une très bonne amie, très sympa, nous ne la remercierons jamais assez pour nous avoir donné cette opportunité. Son public était très chaleureux et très enthousiaste. Ça nous a bien évidemment donné envie de faire une grande tournée mondiale, je pense qu’on est prêts pour ça !
Max : Et on reviendra bien évidemment en France !
 
SURPRISE
Paulette vous offre 4 vinyles de Candy bar creep show. Les premiers commentaires remportent la mise !
 
 
MS MR :: CANDY BAR CREEP SHOW (EP)
Sortie le 14 septembre 2012
 
 
Concert :
7/12 : Transmusicales, Rennes
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