COUP DE COEUR : MARI POSA

Photos, Thomas Lemoine
 
Si Mari Posa est fan de Luis Mariano et Annie Cordy, ses chansons font davantage penser à The Knife ou Austra qui se seraient mis à faire de la pop acidulée. Une voix hypnotique et monocorde qui se pose sur des mélodies à gros synthés où s’invitent congas et guitares, on en redemande ! Vivement l’album.
 
Paulette : Pourquoi avoir choisi Mari Posa comme pseudonyme ?
Mari Posa : Mon nom de famille c’est Papillon et papillon, en espagnol, ça se dit "mariposa". Or, une partie de ma famille étant espagnole et une autre vivant au Mexique, on me surnomme Mariposa depuis que je suis toute petite. Et comme "And now, Marie Papillon !" sur scène ça le faisait pas trop, j’ai opté pour Mari Posa ! C’est beaucoup mieux  "And now, Mari Posa !", non ?
 
Parle-nous un peu de ta chanson, Royaume à Stockholm.
J’en avais un peu marre de tous ces artistes qui banalisent l’amour. C’est bon les gars, on a compris : l’amour fait mal, l’amour rend heureux… On est tous dans le même bateau ! En écrivant le morceau j’ai eu envie de parler de l’amour d’une manière plus subtile. Le morceau traite ainsi du syndrome de Stockholm, quand les femmes tombent amoureuses de leurs ravisseurs. Je trouve que c’est un thème universel car on est tous déjà tombés amoureux de quelqu’un qui nous faisait souffrir, sans pour autant pouvoir se détacher de cette personne …
 
Ce qui est drôle c’est qu’à la première écoute, on ne perçoit pas toute cette dimension…
Oui, je voulais effectivement que le titre ait un double sens, que chacun puisse l’appréhender de la manière qu’il le souhaite. Soit on s’arrête à la première impression, c’est-à-dire un titre entêtant et une mélodie joyeuse, soit on creuse et on prend le temps d’analyser les paroles, beaucoup plus sombres.
 

 
"JE PARLE DE DROGUES ET DE SUICIDE MAIS CA N’EST PAS AUTOBIOGRAPHIQUE"

Tu mets un point d’honneur à écrire en français ?
Sur l’EP j’ai une chanson qui est écrite en anglais mais c’est vrai que mes maquettes sont en français. On peut penser qu’écrire en français c’est plus dur qu’écrire en anglais mais, si tu utilises des mots simples, il n y a pas de raison que ça le soit !
 
Comment se passe le processus de composition ?
Souvent je fais des jeux de mot dans ma tête que j’utilise ensuite dans mes chansons, et sinon je m’inspire du monde d’aujourd’hui. Mes morceaux ont beau parler de drogues ou de suicide je précise qu’ils ne sont pas pour autant autobiographiques ! Je ne suis pas du tout une artiste qui souffre d’un mal être existentiel, je pense simplement que ces sujets méritent toute notre attention.
 
Et pour les mélodies ?
Ça c’est autre chose… En fait je n’ai jamais pris de cours de solfège, je fais donc tout à l’oreille, peu commun pour une musicienne ! Je peux donc passer une journée à m’enfermer dans ma chambre avec mon synthé, en mode autiste, à bidouiller pendant des heures jusqu’à ce que je trouve le son que je veux… Je fais quasiment tout au synthé mais j’utilise également un petit tam tam que j’adore et qui donne un côté saccadé. Après j’essaie de ne pas trop en abuser sinon ça pourrait vite partir en zouk love. Allez, en mode Premier Gaou ! (Rires.)
 

"LES FILLES QUI TAPENT 3 NOTES SUR UN CLAVIER JUSTE POUR LE STYLE,
ÇA NE M’INTERESSE PAS"


Tu n’as pas pris de cours de solfège, mais pour le chant ?
Voilà. Tout s’est fait très vite. Tout a commencé il y a un an, bien que déjà, petite, j’étais très attirée par le monde artistique et ne manquais pas une occasion de faire le pitre ! Je suis revenue à Paris après une expérience professionnelle à Madrid, et j’avais un peu de temps devant moi. J’ai ouvert mon MAC et j’ai découvert le logiciel GarageBand qui te permet de faire tes propres chansons. J’ai trouvé ça trop drôle et, pendant 6 mois, je n’ai fait que composer jusqu’à ce que je me lance définitivement dans la chanson et ose poster mes compositions sur internet. Depuis, je bosse avec des logiciels plus perfectionnés que GarageBand hein !
 
Tes compositions en ligne ont justement été repérées par le label Yuk-Fü avec qui tu as signé pour cet EP.
Oui, ils ont bien aimé mon travail. En plus on avait des amis en commun du coup, on s’est rencontré et ils m’ont proposé de me produire un EP intégral. J’étais – et je suis toujours- hyper contente ! Surtout qu’il y a dessus un remix de Mike Simonetti, le boss d’Italians Do It Better, le label de Glass Candy ! Le résultat est top, j’adore !
 
As-tu des projets de clips, de concerts ?
J’ai des idées très précises oui ! Pour le clip d’un Royaume à Stockholm, c’est actuellement en cours de réflexion. Comme le texte est complexe, il faut que la mise en scène du clip soit bien pensée. Après, pour les concerts, on a plusieurs dates prévues début 2012 mais il faut encore que je peaufine le live. Je ne veux pas passer une bande-son et me contenter de chanter. Les filles qui tapent 3 notes sur un clavier juste pour le style moi ça ne m’intéresse pas !
 
Une dédicace à Paulette ?
Paulette, viens donc dans mon royaume faire la fête !
 
 
MARI POSA :: ROYAUME À STOCKHOLM
(EP)
Yuk-Fü records
 
Sortie le 21 novembre 2011

Disponible sur toutes les
plateformes de téléchargement.

 
 

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