COUP DE COEUR : LAETITIA DANA

Son nom ne vous dit peut-être encore rien, mais retenez-le bien : dans quelques mois, la vague Laëtitia Dana va déferler sur l’hexagone. Mélange explosif d’origines et d’inspirations diverses, Paulette a rencontré celle qu’on appelle déjà la Lauryn Hill française au très hype Comptoir Général, dans le 10e arrondissement de Paris. Un lieu à son image : dynamique, coloré, sauvage, exotique mais surtout tourné vers le monde.

 
Paulette : Peux-tu te présenter aux lectrices ?
Laetitia : Alors j’ai l’habitude de dire que je suis une petite fleur qui chante et enchante les pelouses défraîchies (rires). Plus sérieusement, je suis chanteuse et rêveuse depuis 1983, Parisienne de souche et d’origines tunisienne et ivoirienne.
 
Qu’est-ce qui t’a amené à la chanson ?
J’ai toujours aimé chanter depuis que je suis toute petite. De ce fait, en 1989 ma mère m’a inscrite à "L’Ecole des fans" avec Jacques Martin. J’étais tétanisée parce que je mesurais 50 cm et qu’il y avait 2500 personnes. J’étais certainement la moins à l’aise de tous les candidats alors que maintenant, la scène c’est mon truc. Aujourd’hui, j’attends ça avec impatience.
 
Souvenirs, souvenirs… tu peux nous dire ce que tu as chanté ?
J’ai un peu honte de le dire, mais à l’époque j’ai chanté la Compagnie créole. Du coup, tout le monde a cru que j’étais Antillaise alors que pas du tout (rires). Ils se sont tous mis à me parler créole et moi je ne comprenais rien !
 
C’est cette expérience qui a fait office de déclic ?
Oui et non. En fait, c’est vraiment venu par la suite. Je me suis d’abord lancée dans une carrière dans la communication. J’ai un côté très terre-à-terre et un côté très rêveuse, mais j’ai mis un peu de temps à assumer ce côté rêveuse jusqu’à ce qu’en 2008 je fasse la première partie de Michael MacDonald au Casino de Paris. Après ça, mon côté rêveuse a pris le dessus pendant toute l’année qui a suivi. J’ai continué à bosser dans la com puis j’ai finalement lâché mon job en 2009 pour ne faire que de la musique….

 
Comment définirais-tu ton univers musical ?
En trois styles concentrés : nu, soul avec énormément d’influences hip-hop et jazz. Pour l’album, il a fallu que je garde une certaine cohérence et ces trois styles sont vraiment des styles que je peux assumer sans problèmes. Mais à côté de ça, j’écoute de tout. J’ai des références tellement diverses que j’aurais du mal à faire un panel étroit de ce que j’aime… Ça va de la deep-house à l’électro à l’afrobeat au rythm’n blues. Du coup, j’aime planter ma graine et faire du son sur de bonnes instrus et elles peuvent être de styles complètement différents. Et je collabore aussi avec des DJs de tous horizons.
 
"Fleur, graine", le vocabulaire jardinier revient souvent dans tes propos…
Alors oui, j’adore la végétation. Je suis hyper attirée par les plantes, par la nature, par les racines, par la terre. J’ai grandi sur le bitume mais j’ai la terre en moi. J’adore ce côté sauvage. D’ailleurs, le canapé sur lequel on est assises (en léopard, ndlr), c’est quelque chose qui me convient très bien. J’ai besoin de ça et je l’exprime d’ailleurs beaucoup dans ma musique.
 
Parle-nous un peu de ton premier album…
Je suis en train de l’enregistrer là, il est prévu pour la fin de l’année. On en est déjà à douze chansons à peu près. Il va certainement s’appeler "Antidote" parce que je considère ma musique et surtout les scènes, pour ceux qui viendront me voir, comme une façon de véhiculer de la joie, de la bonne humeur. Pour moi, cet album va être un antidote aux poisons qu’on appelle morosité, grisaille, pression, stress. Et dans Antidote on rejoint aussi le côté herboriste, plantes, mélange de saveurs, mélange de couleurs.
 

 
Ton premier titre Courant d’Air aborde le sujet d’histoires d’amours plutôt compliquées…
Oui, on est souvent attirés par ce qu’on ne peut pas avoir. Le jeu du Suis moi je te fuis, fuis moi je te suis", c’est la nature humaine. On est attirés par des charismes qui ne nous conviennent pas forcément, parce qu’ils ont cet espèce d’aura insaisissable, du coup on a envie de les saisir. Le Courant d’Air on l’a tous connu (rires).
 
On t’appelle souvent la Lauryn Hill française. Comment réagis-tu à cette comparaison ?
Je suis flattée qu’on compare mes réalisations et ce que je dégage à des femmes aussi charismatiques et talentueuses. Mais je suis consciente que je n’arrive absolument pas à la cheville de ces artistes qui ont une carrière juste formidable. J’espère ne pas décevoir les gens mais je fais ce qui me ressemble sans me poser de questions et j’assume pleinement. Je suis un mélange de plusieurs influences mais il n’y a aucun mimétisme dans ce que je fais…
 
Quels sont tes lieux de prédilections à Paris ?
Je sors partout, partout où il y a des bonnes soirées. J’adore la Bellevilloise, le Social Club quand il y a du bon son. Je vais souvent au Mama Shelter, le Glazart aussi c’est top ! Sinon question restaurant Chez Mémé, où, justement, il y a de la végétation!
 
Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?
De répandre mon "Antidote" dans un maximum de foyers et dans un maximum de cœur. Et essayer d’obtenir un maximum de sourires sur les visages.
 
Un dernier mot pour les Paulette ?
"Keep it real and keep it underground".
 
Ce qui veut dire ?
Il ne faut pas être pressé d’avoir la lumière sur soi tout de suite. Il vaut mieux passer par la petite porte. Personnellement, je cherche la reconnaissance de mon travail par les professionnels, par les vrais férus de musique plus que d’avoir 25 000 likes sur une photo par les gens.
 
LAËTITIA DANA :: COURANT D’AIR (SINGLE)
 
Sortie de l’album prévue fin 2012
 
 

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