COUP DE CŒUR : KADEBOSTANY


Photo de Yannick Maron

Kadebostany arrive de manière tonitruante sur le marché du disque avec un concept original et une collection de titres aux influences riches et variées, d’où le bien nommé Pop Collection, leur deuxième album.

Dans cette république fantasmée, on se joue des codes de la chanson. La pop se mêle au hip-hop et à la soul, le tout dans un esprit fanfare. Rencontre avec son président, Kadebostan et l’ambassadrice de la culture kadebostanienne à travers le monde, la diva Amina.
 
Paulette : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
 
Kadebostan : Le Kadebostan est un pays que j’ai imaginé en 2007 et qui a vu le jour en 2008. On l’appelle la République de Kadebostany. En partant de ce pays, j’ai décidé de créer un groupe du même nom pour représenter la culture kadebostanienne à travers le monde. On a fait un premier album, Songs from Kadebostany, axé sur le folklore kadebostanien. Et là, on tourne avec notre deuxième album, Pop Collection, qui est une sorte de hit parades de tous les meilleurs tubes pop joués sur la radio nationale kadebostanienne. Moi, je suis le président de ce pays, compositeur et producteur du groupe. Et Amina est une diva hyper connue en Kadesbostany qui chante et écrit les paroles.
 
Où se situe la Kadebostany, est-ce qu’il y fait bon vivre ?
 
Kadebostan : Au nord de l’Italie, à l’est de la Suisse et à l’ouest de la Turquie.
 
Amina : Et bien sûr qu’il y fait bon vivre. Il y fait mieux vivre que dans n’importe quel pays. Il faut venir, vous verrez par vous-même !

 
Que possède la culture kadebostanienne de si particulier ?
 
Kadebostan : La base de notre réflexion et création est axée sur la musique. Elle est fédératrice et populaire, dans le sens où elle touche un maximum de gens quelque soit leur âge, leur goût, sans faire de concession artistique. On le voit vraiment sur la tournée, on a des publics hyper variés, on se produit dans plein d’endroits différents. Je crois que c’est la raison principale qui pousse à s’intéresser à la Kadebostany.
On a tous des bagages très différents et on écoute tous des musiques hyper variées. On ne s’interdit rien ! L’idée de la République de Kadebostany et de ce concept, c’est de s’affranchir de plein de règles, de suivre notre instinct. Au final, on arrive avec une musique qui est à la croisée de plein de styles, sans jamais avoir eu dans l’idée de faire une espèce de cuisine miracle. C’est venu naturellement. 
 
Il paraît qu’on peut faire une demande de naturalisation sur Facebook ?
 
Kadebostan : Oui, c’est plus que jamais d’actualité ! On est justement en train d’organiser tout ça. Au mois de janvier, on lancera notre première campagne de naturalisation. On invite les lecteurs à liker la page. Ils recevront ensuite toutes les informations nécessaires.
 
Dans les interviews, vous jouez le jeu de l’anonymat. Il y a très peu d’informations vous concernant qui filtrent sur Internet. Est-ce que, pour Paulette, on peut en apprendre un peu plus sur vos parcours respectifs ?
 
Amina : J’ai eu 1000 vies avant Kadebostany ! L’une d’elles, surtout, peut apporter un éclairage sur ce que je suis aujourd’hui. J’ai fait énormément de théâtre. Cet album est conçu comme une trajectoire dans un musée, c’est-à-dire qu’on voit un tableau, on s’arrête, on s’imprègne et on passe au suivant. Il y a un fil conducteur mais en même temps, chaque tableau peut vivre sans l’autre.
 
« L’idée de la République de Kadebostany, c’est de s’affranchir de plein de règles, de suivre notre instinct. »

Kadebostan, vous êtes un DJ et producteur Suisse, c’est bien ça ?
 
Kadebostan : Alors oui, il y a souvent ce terme de DJ qui ressort. Si ça aide les gens à se faire une idée de qui je suis, pourquoi pas. Mais je trouve cela un peu réducteur, dans le sens où je suis avant tout un compositeur-producteur. Quand je me produis en solo, je fais souvent des performances live. La partie DJ est un peu plus anecdotique. J’ai eu une carrière solo qui m’a permis de beaucoup voyager. J’ai sorti plusieurs disques et d’un coup l’idée m’est venue de créer un pays parce que j’avais envie de quelque chose de beaucoup plus global et immersif. Je ne voulais pas me concentrer uniquement sur la musique mais créer tout un univers. Quand on crée un pays, il y a toute une esthétique qui se met en place et ça va plus loin que la musique. C’est ce qui m’intéressait ! Evidemment, la première écoute est importante et la musique est une porte d’entrée mais quand on creuse, il y a plein de choses à découvrir !
 
Amina : Ce serait égoïste de révéler qui on est puisque ça enlèverait au public la possibilité de rentrer complètement dans notre univers, de s’y perdre avec nous et de vivre l’expérience à 200%.
 
Amina a rejoint le projet il y a deux ans, qu’est ce qui vous a séduit chez elle Kadebostan ?
 
Kadebostan : En tant qu’artiste, j’adore me fier à la magie des rencontres. Ça n’arrive pas souvent, mais, avec Amina, j’ai vraiment l’impression qu’il s’est passé un truc super fort. On s’est rencontré par hasard et ça fait deux ans qu’on est sur la route. Ce n’était pas gagné d’avance d’entrer en studio, de faire un disque, on ne se connaissait pas du tout. Mais, ça se passe très bien. Il y a quelque chose de magique dans cette rencontre, c’est très précieux.
 
La voix d’Amina est à l’image de cet album. On va vers les extrêmes, vers des styles qui ne sont pas faits pour aller ensemble au départ. On fait se côtoyer des instruments qui n’iraient pas non plus ensemble sur le papier. Mais c’est indéniable, c’est la voix qu’il nous faut pour la République de Kadebostany ! Elle peut partir d’un chant très mélancolique, très soul pour aller vers quelque chose d’hyper rentre-dedans et rappé. Et elle n’a pas peur de le faire, elle s’amuse avec sa voix et elle le fait de manière sincère. Au fond, c’est à l’image de notre démarche.
 
« En tant qu’artiste, on se doit de surprendre le public, de provoquer quelque chose. »
 
Sur scène, c’est très visuel. Vous êtes des chefs de rang, en ordre de bataille. Vous portez des vêtements qui font penser à des tenues militaires. L’objectif c’est quoi, assujettir le public ?
 
Amina : Non, le charmer ! Il n’y a rien de violent. On est là pour convaincre le public, par la musique, de rejoindre notre pays et passer un bon moment. Et ça marche ! Souvent, après un concert, les gens nous demandent comment devenir citoyen (rires).
 
Kadebostan : Oui, c’est une invitation ! Derrière l’uniforme, il n’y a pas quelque chose de violent. On n’est pas fétichiste mais on aime bien le côté strict de l’uniforme. Quand tu débarques sur scène comme ça, il y a quelque de fort qui se passe. En tant qu’artiste, on se doit de surprendre le public, de provoquer quelque chose. Je ne vois pas l’intérêt de se présenter tel que l’on est dans la vie de tous les jours. On a tellement de possibilités, pourquoi se restreindre ?
 
J’ai entendu dire que vous aviez l’habitude de soudoyer les journalistes. Je suis déçue, je n’ai pas eu le droit de découvrir votre monnaie locale…
 
Kadebostan :(Rires) Tiens voici quelques Kads. Ça fait toujours sourire les journalistes !

 
Merci, je me sens mieux ! Une dédicace aux Paulette pour conclure ?
 
Kadebostan : On souhaite qu’elles rejoignent la République de Kadebostany…
 
Amina : De toutes les façons possibles. Ça passe par les concerts, les réseaux sociaux… On sera de toute façon pas loin de chez elles à un moment ou un autre…
 

KADEBOSTANY :: POP COLLECTION
Mental Groove Records / Believe Digital

Sortie le 20 janvier 2014
 
Facebook : @Kadebostany
Twitter : @Kadebostany
 
 
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