COUP DE CŒUR : JUNGLE

Une soul épique, des harmonies vocales quasi-tribales, des clips ultra-léchés, des chorégraphies calibrées… voici tout l’univers de ce jeune duo londonien qui s’impose déjà comme la sensation de l’année.

 
Jungle met tout le monde d’accord avec un style au croisement de la soul, du funk, du hip-hop, du rock, de l’électro, de la pop, du disco… Pour cultiver le mystère, les deux leaders et producteurs se cachent toujours derrière leurs initiales, J et T (Josh et Tom), et parlent d’une seule voix. On vous conseille leur premier album comme bande son de votre été !
 
Paulette : Jungle est considéré comme l’un des groupes les plus excitants du moment. Est-ce que vous aviez conscience d’avoir de l’or entre les mains ?
J & T : Nous n’avons pas commencé ce projet avec l’intention de devenir célèbres ou même de laisser nos chansons s’échapper du studio. C’est un projet d’amour et de passion. C’est incroyable de voir le nombre de personnes avec qui nous sommes entrés en contact, mais nous sommes aussi conscients que le chemin est encore long et qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir.
 
A l’origine de Jungle, vous êtes deux, producteurs, multi-instrumentistes et surtout amis. Aujourd’hui, vous êtes 7 sur scène. Comment le duo s’est-il transformé en collectif ?
On aime partager la scène avec nos amis. C’est très important d’être entourés par des personnes que vous aimez. Ce n’était pas gagné d’avance, la scène peut-être assez imprévisible, et donc très différente de l’expérience en studio. Tout est question d’interprétation. Il faut laisser le public se faire sa propre idée de l’album pour qu’il comprenne au mieux l’environnement du live.
 
Jungle repose sur une connexion très forte entre vous deux. Quel est votre processus de création ?
On s’assoit et on laisse les idées nous submerger. On essaie de ne pas trop penser à ce qu’on fait. Si vous laissez votre subconscient prendre le dessus en studio, alors vous finissez par faire une musique qui ne vous ressemble pas.
 
A quel moment êtes-vous sûrs de tenir le bon titre ?
Quand nous sommes tous les deux d’accord pour se dire que l’on ressent quelque chose. Peu importe l’émotion que le morceau nous procure, de la joie, de la tristesse, de la mélancolie… Les bonnes chansons doivent avoir du sens.

 
Vous vous connaissez depuis une dizaine d’années, vous avez toujours fait de la musique ensemble. Quand avez-vous pris conscience que ça devenait sérieux ? A quel moment vous êtes vous senti prêt à partager vos chansons ?
On a terminé les chansons en janvier 2013. C’est à ce moment-là que vous pouvez regarder en arrière et vous rendre compte de tout le travail que vous avez abattu. Je pense qu’on n’était pas vraiment préparé à partager notre musique, mais nous l’avons fait et nous sommes reconnaissants d’avoir pris cette décision.
 
Vous dites que le groupe a renforcé votre amitié. Jungle, c’est avant tout un esprit d’équipe. En quoi est-ce un atout dans l’industrie musicale ?
C’est important de se serrer les coudes et de rester soudés. C’est souvent difficile dans ce métier…
 
Vous n’apparaissez pas dans vos clips et préférez qu’on parle de votre musique plutôt que de vos petites personnes. Aujourd’hui, votre histoire se dévoile peu à peu. Est-ce que vous regrettez que la presse s’en soit emparée ?
C’est quelque chose qu’on ne peut pas contrôler, mais c’est triste que les gens s’intéressent davantage aux artistes plutôt qu’à l’art en tant que tel.
 
Vous avez enregistré cet album dans votre home studio de Shepherd’s Bush. En quoi ce quartier a-t’il façonné votre identité ?
Oui, nous avons grandi dans une société mixte, multiculturelle, et cela nous a permis d’ouvrir les yeux sur le monde, et forcément ça nous a ouvert le champ des possibles.
 
Vous collectionnez les sons en tout genre : une canette qu’on écrase, une porte qui grince, un paquet de chips qui s’ouvre… Vous compilez toutes vos idées dans des carnets de notes. Etes-vous control freak ?
(Rires) La seule chose que l’on contrôle c’est notre travail en studio. Donc oui, je suppose que nous le sommes quand on commence à parler musique. Mais pas tellement dans la vie de tous les jours, où il est plus important de se laisser aller et de se libérer.
 
                                                                                                             
Vous avez créez des clips chorégraphiés pour chacun de vos singles. Pourquoi avoir choisi la danse comme terrain de jeu ?
La danse est la manière la plus simple pour l’être humain de réagir à la musique. Ça nous a aussi donné l’occasion de voir comment un autre artiste interprétait notre histoire et la racontait. Lorsque nous regardons toutes ces vidéos, on se rend compte de toute l’émotion qu’ont ressenti les danseurs. Cela peut transformer le contenu d’une chanson, que nous avons pourtant écrite, et c’est une expérience incroyable !
 
Votre musique est taillée pour le dancefloor. L’envie de faire bouger les gens était-elle consciente au moment d’écrire ces chansons ?
Tant que le public se connecte avec la musique, qu’il danse ou non n’a pas d’importance. Mais danser, c’est toujours plus amusant que de rester immobile !
 
Vous insistez sur l’authenticité et la pureté de votre démarche. Est-ce que la musique est une profession de foi ? Y-a-t’il une dimension spirituelle ?
Tant que vous faites les choses avec le cœur, il y aura toujours une dimension spirituelle dans votre travail. Je ne dirais pas que nous sommes des personnes très croyantes, mais c’est toujours très intéressant d’observer le lien entre l’art et l’âme d’un artiste. Je pense que c’est souvent la même chose au fond.
 
 
Quel est l’objectif quand vous montez sur scène ?
Communiquer avec autant de personnes que possible.
 
Une dédicace aux Paulette ?
SOUL
JUNGLE :: JUNGLE
XL Recordings
 
Jungle sera au Pitchfork à Paris le samedi 1er novembre sous la Grande Halle de la Villette.
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