COUP DE COEUR : HYPNOLOVE

Photos de Sébastien Vincent pour Paulette Magazine

Pour leur nouvel album Ghost Carnival, Hypnolove, le trio Toulousain, Allemand et Portugais était à Paris. Composé de Thierry Moreira (chant, clavier), Henning Specht, (chant, batterie) et Nicolas Sentenac (guitare, basse) le groupe a, cette année encore, fait la première partie de Sébastien Tellier à l’Olympia. Rencontre.

 
Paulette : Comment  vous êtes-vous rencontrés? Comment le groupe HYPNOLOVE s’est formé?
Henning : C’est Nicolas qui est à l’origine du groupe. On étudiait le son ensemble à l’université. Il était ami avec Thierry, il nous a présentés. On voulait dans un premier temps faire un concert "one shot", juste pour marquer le coup. On répétait chez moi, on se marrait bien! On n’avait pas trouvé le nom du groupe encore. Et on a décidé quand même de continuer et de fonder un vrai groupe.
Thierry : On a mis un an à préparer un album, on a fait des démos. À la base, j’avais branché Nico pour faire un concert vite fait, et puis, il nous manquait quelques claviers. Il m’a dit : "Tiens, je connais un type que ça brancherait, il a plein de claviers, voilà, c’est comme ça qu’il m’a présenté à Henning, et c’est parti ! C’était en 1998." Rires.
 
HYPNOLOVE, où avez-vous trouvé ce nom?
Thierry : On est tombés sur une publicité pour un parfum aphrodisiaque, censé draguer les filles à ta place… Le nom nous a plu, on a aimé le concept pour notre groupe.
 
Vous l’avez trouvé ce parfum? Alors, ça marche?
Thierry : Oui on l’a acheté ! C’est un spray, ça pue tellement…
Henning : Ça sent la citronnelle pourrie…
Thierry : Vraiment dégueulasse! Ça fait fuir les filles en fait. On l’a essayé sans trop de résultats malheureusement.
 
Est-ce que vous vous souvenez de votre première scène? Qu’est-ce que vous avez ressenti?
Thierry : À cette époque on avait plusieurs synthés, une boite à rythme, Nico avait sa guitare, je me souviens qu’on lançait tout à la main. C’était très amateur !
Henning : C’était chouette, il y avait plein d’amis, ça dansait énormément. En plein été, on était sous un arbre en extérieur, je me souviens d’une super ambiance, très bon souvenir… C’était encourageant pour la suite!
 

 
Quand on dit HYPNOLOVE, on pense tout de suite à "Mademoiselle". C’est un long chemin entre ce tube et le nouvel album que vous présentez aujourd’hui…
Henning : Ce nouvel album, c’est un best of de périodes différentes. Avant que cet album naisse, on a eu beaucoup de répétitions, des morceaux partout, ça explique d’ailleurs le manque d’homogénéité sur notre premier album. Mademoiselle, c’était une sorte de hasard, le fruit d’un travail ensemble un dimanche, après un samedi un peu arrosé. Nico était à la basse, j’étais au clavier et Thierry chantait, pour rigoler, "Madeuumoiselle… Madeuuumoiselle… Voulez-vous danser?", comme ça, on était morts de rire! On l’a enregistré, on a réécouté après, et on l’a laissé.
Thierry : Le morceau est sorti 4 ans après l’avoir composé. Une fois sorti, ça a été déstabilisant. Peu après, on ne savait plus trop ce que les gens attendaient de nous. On pensait qu’ils attendaient que l’on fasse un autre "Mademoiselle", mais on avait d’autres envies. C’était troublant ce single là, même si on l’adore… C’était juste un choc.

 
Bon, finalement, vous l’avez faite danser cette Mademoiselle?
Henning : On était partis d’une idée semi tragico-comique, ce gars qui tente de draguer une fille en soirée…
Thierry : Il boit trop, ça devient pitoyable, et non, elle ne danse pas au final ! Il danse tout seul, c’est tragique sous une apparence festive, c’est la misère sentimentale…
 
Donc je résume, un parfum qui pue, une fille qui ne danse pas, euh… C’est quoi Hypnolove finalement?
Thierry : Ah aha, c’est la cata… Ça ne passe ni par le parfum, ni par la musique avec les filles.
 
C’est le grand changement j’espère avec ce nouvel album alors!
Thierry : Le but de cet album, c’était d’avoir une esthétique sonore cohérente du début à la fin, ce n’est pas toujours évident avec nous parce que l’on a plein d’envies différentes, des goûts différents. C’était bien d’avoir un producteur, Mickey Moonlight, qui recadrait un peu les choses. On s’est attachés aux instruments et on les a utilisés sur tous les morceaux.
Henning : Les idées d’arrangements viennent de nous, on s’est dit que l’on allait utiliser de la harpe, on garde notre base électronique, avec en plus la guitare basse de Nicolas, mais on va mélanger cette texture avec des instruments acoustiques, pour une couleur spéciale.

 
Avec ce nouvel album, on passe des bikinis aux fantômes… Quelle est votre vie rêvée? Qu’est-ce qu’il y a en ce moment dans vos esprits?
Thierry : Des fantômes sexy sur la plage !
Henning : Pour moi, tout tourne autour de la rêverie, des fantasmes nocturnes ou de la rêverie sur la plage, c’est toujours mental, une évasion, un voyage…
Thierry : Il faut toujours du mystère.
 
HYPNOLOVE existe depuis longtemps, qui se cache derrière votre vie de musicien ? Qui êtes-vous au quotidien?
 
Thierry : Il y a deux papas sur les trois, Nico n’est pas là car il vient d’avoir une petite fille d’ailleurs. On a été des fêtards, ça c’est clair, on s’est un peu calmés même si j’avoue qu’on sort encore un peu…
Henning : Moi je suis parti il y a deux ans et demi, à Berlin. J’habite là-bas, je fais les aller-retour, ça m’a fait du bien de partir, je retrouve ma langue maternelle, tout en restant dans un milieu francophone.
Thierry : Nico et moi, on vit à Toulouse, on a nos familles là-bas, on est bien dans le sud.

 
Vous faites la première partie de Sébastien Tellier, alors?
Thierry : On a déjà été en première partie de Sébastien Tellier oui, on recommence, Saint Malo et l’Olympia, on est fans de la première heure de Tellier!
Henning : J’aime tous les albums, surtout le premier.
Thierry : Ses mélodies sont incroyables, elles ne sont pas chiantes, il a un soin des arrangements, on a les mêmes références. Son premier album, c’était une claque. Trouver quelqu’un dont on se sentait aussi proche musicalement…
Henning : Juste une parenthèse, il y avait une indication sur le premier disque, "à écouter à la lumière de la bougie". Ben nous, sans indication, on avait déjà les bougies allumées, c’est drôle.
 
Je crois que, pour conclure, c’est une meilleure technique de drague la lumière de la bougie…
Thierry : Une bougie et un Tellier, on va y penser… 
 
Un mot à nos Paulette ?
Henning : Paulette, voulez-vous danser?
Thierry : Je ne fais pas mieux !
 
HYPNOLOVE :: GHOST CARNIVAL LP
Record Makers
Sortie le 22 Avril 2013
 
Concert :
17/04 : Wanderlust, Paris
 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NOUVEAUX.LLES LEADERS N°48

CONNECT & FOLLOW