COUP DE COEUR : FRANZ IS DEAD

Depuis le 16 septembre, Laurent Blot alias Franz Is Dead (à lui tout seul) a sorti son premier album en version digitale. Si on a eu la chance chez Paulette de l’entendre en intégralité cet été, on espère retrouver des titres comme Famous ou Breakfast in Gaza sur vos playlists cet automne et au-delà…  

 
Paulette : Lorsqu’on entend le nom Franz Is Dead, on s’attend à trouver derrière un groupe au complet alors que tu as enregistré l’album tout  seul. Est-ce un défi lancé aux quatre membres de Franz Ferdinand ?
 
Laurent : On peut s’étonner que je sois seul derrière ce projet… J’adore Franz Ferdinand, mais l’album n’a pas grand rapport avec eux à mon sens. Quand je l’ai commencé, je lisais Kafka dans le détail : le nom vient de là. Je me suis demandé à un moment si j’allais garder Franz Is Dead mais j’avais déjà bien avancé avec. Aujourd’hui, je prendrais peut-être simplement mon nom (Laurent Blot). Je trouve plutôt amusant de porter un nom français et de chanter dans une autre langue. Quant au titre, The Man from Peru, je le trouve assez honnête par rapport à qui je suis : on croit souvent que je viens d’Amérique latine…
 

 
On peut s’étonner que tu aies enregistré l’album seul également parce que tu joues avec une formation en concert. Tu as l’air d’ailleurs d’apprécier les collaborations puisqu’on t’a vu ce printemps en compagnie de Gaspard Royant sur les scènes parisiennes…
 
Il est arrivé que je fasse des maquettes avec des musiciens pour tester le studio dans lequel je travaille désormais, notamment pour des prises de batterie. Mais je ne peux plus aujourd’hui demander à des personnes dont c’est le métier de venir enregistrer gratuitement. Si j’avais eu de l’argent, j’aurais préféré confier la batterie à quelqu’un d’autre que moi ! En ce qui concerne Gaspard Royant, j’ai commencé par enregistrer avec lui. J’aime énormément sa musique, évidemment. Il sort son album en janvier 2014, je crois. J’ai hâte, je pense qu’il sera très bien. J’ai également joué avec les HushPuppies ou The Rodeo.

Pour l’instant, tu t’autoproduits : quelle stratégie as-tu mise en place ?
 
Autour de cet album, une volonté d’indépendance s’est manifestée de ma part,
même si je continue de rêver qu’un label comme Domino m’appelle comme de travailler avec d’autres musiciens professionnels. Entre janvier et mai, j’ai sorti un morceau par mois que j’ai diffusé notamment sur les réseaux sociaux. Je voulais voir comment ça pouvait fonctionner de faire tout de son côté, de A à Z, sans suivre forcément la stratégie classique des maisons de disques : faire un EP, le faire buzzer, puis sortir un album presque un an après. J’ai eu envie de tester d’autres manières de faire, d’autant plus qu’aujourd’hui il existe mille possibilités pour les artistes de se faire connaître. Autant profiter de ne pas avoir signé pour se montrer imaginatif. Cependant, j’avoue que je suis content qu’une attachée de presse se soit jointe à moi !
 
« J’ai eu envie de mettre tout ce que j’aime dans mon premier album »
 
Dans quelle mesure mises-tu sur internet pour faire connaître tes chansons ?
 
Je pense qu’on va s’écarter des modèles qui ont fait leurs preuves pour faire place à autre chose. Je suis vraiment très content de travailler avec une attachée de presse, c’est autre chose que d’utiliser simplement Facebook ou Myspace. J’aimerais d’ailleurs connaître la véritable histoire de la découverte des Artic Monkeys… Je pense qu’on les a plutôt remarqués en concert que sur Myspace à une époque où ils étaient déjà vraiment très bons. Pour les musiciens français, un autre problème se pose : il faut encore développer notre sens du rock au sein de l’Hexagone ! Ceci dit, The DO s’est fait connaître grâce à Youtube il y a quelques années. Dommage qu’on entende moins parler de Tahiti 80 qui est très populaire au Japon. Phoenix marche très bien aujourd’hui en France, sans doute parce qu’ils se sont faits d’abord connaître ailleurs.
 

Je t’avais vu faire des reprises en juin 2012 de Paul McCartney à la Flèche d’Or : est-ce un artiste qui t’accompagne depuis longtemps ?

 
J’ai découvert la musique avec les disques de mes parents et… il y avait les Beatles dans le lot. Même quand tu écoutes autre chose, les premiers émois musicaux restent toujours présents. J’ai des cycles où je réécoute à fond des disques comme Ram. Mais je n’achète plus de vieux disques, à part Primal Scream, dont j’écoute le dernier album cependant. J’écoute seulement des nouveautés : Deerhunter, Zombie Zombie, Richard Swift….

Qu’est-ce qui donne une unité à ton album ?
 
J’ai voulu faire un disque où les chansons ne sont pas très longues, elles font environ 3 minutes. Un seul titre fait 5 minutes. J’ai essayé de rester dans un fil de singles ou de chansons dans une esthétique et un format pop mais j’ai quand même gardé quelques écarts, notamment un solo de guitare. Ado, j’adorais cela. Pour mon premier album, j’ai sans doute voulu résumer mon expérience musicale plutôt que de trouver un concept. J’ai eu envie de mettre tout ce que j’aime dedans. Maintenant que je suis passé par là, je sais que je ne le ferai plus. Je peux dire que c’est un disque assez personnel.
 
FRANZ IS DEAD ::
THE MAN FROM PERU
Sortie le 16 septembre
 
Facebook > franzisdead
 
Concerts :
13/11 : International
7/12 : Bus Palladium 
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