COUP DE COEUR : CAMP CLAUDE


Photo de
Bertrand Le Pluard
 
Avant Diane Sagnier était photographe et vidéaste. Aujourd’hui, elle est aussi la chanteuse de Camp Claude, un groupe prometteur dont la pop éthérée évoque la nostalgie des colonies d’été. Rencontre avec une Paulette ultra douée qui fait briller tout ce qu’elle touche.

Paulette : Qui es-tu Diane ? Est-ce que tu peux aussi présenter les autres membres de ton groupe ?
Diane : Je fais partie du groupe Camp Claude. Je chante et je joue un peu de la guitare. Je suis accompagnée de Mike Giffts, un anglais venu de Londres. Il s’occupe de la rythmique et travaille les voix avec moi. Camp Claude est aussi composé de Léo Helden, un super guitariste suédois. Ils sont, tous les deux,  membres du groupe Tristesse Contemporaine.
 
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Au départ, on a réalisé des vidéos ensemble. On a fait des clips un peu punk, à l’arrache, pour Tristesse Contemporaine. On s’est très bien entendu artistiquement. On s’est dit qu’on aimerait bien faire d’autres choses tous les trois. Du coup, on a commencé à créer des morceaux en 2013. On s’est retrouvé un peu toute l’année pour composer, enregistrer des démos. Et puis…2014, nous voilà !
 
D’où vient votre nom ?
On cherchait un nom de groupe. On aimait bien l’idée que ça soit un lieu. On a pensé à une colonie de vacances. J’en ai fait lorsque j’étais petite. Et j’en garde, encore aujourd’hui, une nostalgie particulière : tu y vas pendant deux semaines et puis tu y repenses tout le temps. Plus jeune, j’échangeais des lettres avec mes potes de là-bas, toute l’année. On avait trop hâte de se retrouver. Les camps d’été, c’est un peu un moment hors du temps. Un peu comme les festivals. Tu passes quelques temps dans un contexte totalement différent de ta vie de tous les jours. Et après, ça ne te quitte plus. C’est un lieu dans lequel tu veux retourner pour t’échapper, profiter à nouveau. On aimait bien cette idée-là. Donc “Camp” comme “summer camp”. Et “Claude”, parce que c’est mon deuxième prénom. Le côté mixte de ce prénom nous plaît, ça permet d’inclure tout le monde. Je ne suis pas toute seule, ce n’est pas juste un projet de meuf. Il nous fallait un nom qui soit neutre et multiple.
 
“Petite, j’étais la fan ultime de Sailor Moon”

Et votre Logo ?
Dans Camp Claude, il y a deux C. J’ai, tout de suite, visualisé deux croissants de lune. Je trouvais ça très mignon. On a sorti trois titres démo l’année dernière, en novembre. J’ai commencé un Tumblr dédié à Camp Claude à ce moment-là. On avait juste composé une poignée de chansons. Il fallait que je complète avec  de la matière, de belles images pour rendre notre projet plus qualitatif. On trouvait que les morceaux étaient forts, il fallait que ça soit aussi fort visuellement. J’essaye d’avoir le plus de contenu possible. Du coup, je gribouille, je griffonne. J’ai pleins de carnets dans lesquels je peins des trucs, je dessine, je scanne… Par ailleurs, lorsque j’étais gamine, j’étais la  fan ultime de Sailor Moon. Peut-être que le symbole des deux lunes vient de là. Ça m’a peut-être influencée…(rires)
 
Il y a une atmosphère très particulière dans vos clips, quasi mystique. Est-ce que tu peux décrire l’univers de Camp Claude ?
J’aime le côté envoûtant, un peu magique de Camp Claude. Je trouve que le monde autour de nous est tellement surprenant. Il y a tellement de petites choses qui se passent, des coïncidences de ouf. Je ne fais pas de méditation ni rien mais je sens qu’il y a de la magie dans l’air…
 
 
Plus globalement, quelles sont vos sources d’inspiration ?
Elles sont très nombreuses. On est trois et on a chacun des goûts complémentaires. On s’auto-comprend sur pleins de choses et on se fait confiance aussi. Pour ma part, j’ai grandi dans les années 90 avec les Spice Girls ou encore  Sum 41. Évidemment, j’ai  évolué par la suite. Quand j’étais au lycée, j’avais un groupe de punk rock où je dégueulais des textes au micro. On sautait partout et c’était un peu n’importe quoi. C’était marrant. Un truc de lycée avec mes potes. Rien de sérieux. J’avais envie de retrouver cette énergie avec Camp Claude. En plus de l’idée de vous emmener ailleurs, de vous transporter dans notre colonie de vacances.
 
On te connaissait photographe et vidéaste, on te découvre aujourd’hui chanteuse. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours musical, de ton lien avec la musique ?
En tant que photographe, j’ai déjà pas mal de pain sur la planche. Auparavant, je n’avais jamais mis d’énergie professionnelle dans un projet musical. Pour Paulette Magazine, j’avais déjà enregistré des petites sessions acoustiques avec Bastien, un bon copain. On était tous les deux à la guitare et on réalisait des petits sets pour le plaisir. C’était un projet folk, un peu naïf. Bref, la musique a toujours été là. J’ai toujours fais de la guitare. Je chante depuis que je suis petite fille. Je connaissais les chorés des Spice Girls par cœur. La musique m’a toujours portée. Malgré cela, Je continue à faire des shootings photo. J’adore l’image, mettre en valeur les gens que j’ai en face de moi. C’est un vrai terrain de jeu. Jamais je ne pourrais lâcher cette passion. Je vais tenter de faire évoluer l’image de Camp Claude. C’est un projet hybride. J’ai encore des challenges à relever dans ce domaine. Aujourd’hui, 70% de mon temps c’est Camp Claude.
 
 
Vos deux premiers clips mettent en scène des jeunes gens. Est-ce que Camp Claude a pour ambition de conter la jeunesse d’aujourd’hui ?
Oui, ça c’est le “teen angst”. “Teen” comme ado et “angst” comme angoisse. Un sujet dont il est difficile de mettre le doigt dessus. Et pourtant, on l’entend, on le voit partout. A tout âge, on rêve encore de fraîcheur, de naïveté, de jeunesse. Cette innocence un peu perdue…Je ne me sens pas encore adulte. J’aime bien ce sentiment-là. La jeune fille dans le clip “Hurricanes” c’est ma petite sœur. On a passé une semaine en Floride. Là, où habite ma grand-mère l’hiver. Elle, elle était pile poil dans la phase pré-ado, celle où tu commences à être bougon tout le temps. Elle venait d’avoir 14 ans. Je voulais saisir ce moment. Ce qui m’inspire, ce sont les gens autour de moi, ceux que j’aime.
 
Quelles sont vos prochaines étapes ?
Pleins de petites dates. On sera le 17 octobre aux Trois Baudets, à Paris, dans le cadre du festival Mama Event puis le 23 octobre à Nantes. En novembre, on va jouer à Chateauroux et Lille. Tout roule, tout s’enchaîne. On va préparer un live plus long, un live de 45 minutes.  L’année dernière, on a composé pas mal de nouvelles chansons. On est en bonne voie pour finaliser l’album. Ça serait cool qu’il sorte au printemps.
 
Qu’est-ce qu’il y a dans ta playlist, en ce moment ?
Blood Orange, j’adore. Ses morceaux groovent trop bien. Ils m’ont directement accrochés l’oreille. Il a aussi composé des tubes pour Sky Ferreira et Solange Knowles (le fameux Losing You !). Mac DeMarco. DIIV, un groupe garage qui bouge bien. J’attends avec impatience le nouvel album de SBTRKT. Il a fait un truc bien avec le mec de Vampire Weekend : New Dorp New York.
 
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