COUP DE COEUR : BRETON

 Photo, Pauline Darley pour Paulette Magazine
 
Breton est un groupe londonien atypique, mêlant sons techno, rock, hip hop (entre autres) et chant accrocheur. Après un premier EP Blanket rule, ils sortent l’album Other people’s problems. L’occasion de rencontrer le charismatique leader, Roman Rappak.
 
Paulette : Comment est né le groupe ?
Roman Rappak : Adam et moi faisions des courts métrages, puis nous avons essayé de faire des conceptions sonores en live parce que nous n’avions pas de médias pour montrer nos films. On a commencé comme ça, après les autres membres, Dan et Inn, se sont ajoutés.
 
Pourquoi avoir choisi ce nom ?
C’est en rapport à André Breton. Que tu fasses des films, de la musique, que tu écrives : au départ, il y a toujours une inspiration qui change tout. Si tu commences une chanson sur une guitare, tu es guidé dans une direction, il y a un point de départ. Ça gouverne le résultat. On a fait plein de rhytmics, des samplings (utiliser des sons qui proviennent d’autres compositions, ndlr). Et au moment où on allait nommer le groupe, je lisais beaucoup André Breton, notamment Le Cadavre exquis et les procédés de l’écriture automatique. Avec la musique, c’est un peu pareil : tu te laisses porter par une inspiration, par une chanson, des paroles.

Photo, Maxime Stange pour Paulette Magazine

 
Comment s’est passé l’enregistrement de l’album Other people’s problems ?
On a enregistré chez nous, à Londres, dans une grange abandonnée. Un endroit où on pouvait vraiment faire des recherches, expérimenter le son et la musique. On a enregistré notre album nous-mêmes, sans personne pour nous déranger pendant un an. Quelques maisons de disques nous soutenaient. On avait déjà préparé la moitié de l’album lorsque notre label FatCat nous a dit qu’il pouvait nous envoyer en Islande, dans un studio qui s’appelle Sundlaugin. C’était encore un endroit où on pouvait se cacher du monde. On a fait la moitié de l’album à Londres, l’autre en Islande. On l’a commencé dans un bâtiment abandonné, très gris, on l’a terminé dans un endroit très beau : il y avait des montagnes, des chevaux. C’était un peu deux mondes différents !
 
L’EP Blanket Rule est en téléchargement libre sur Internet. Pourquoi ce choix ?
C’est important d’être accessible. Pour Blanket Rule, on a parlé avec les majors qui voulaient nous signer à l’origine, de notre projet de sortir un EP gratuit. Ils n’ont pas compris, pour eux, la musique doit être vendue, même si c’est quelques centimes sur iTunes, ils veulent vraiment que tu gagnes de l’argent. Le Label FatCat n’est pas comme ça, il veut juste qu’on ait une œuvre, qu’on créé, qu’on voyage, qu’on joue de la musique. C’est aussi comme ça qu’on est plus libre. On a assez d’argent pour vivre, on ne veut pas des voitures, des maisons. On veut simplement faire de la musique.


 

Vos clips, par exemple Edward the Confessor  ou 15X , sont très esthétiques. C’est important pour toi de lier un son avec une image ?
C’est important pour nous, on est dans un temps de do it yourself, très punk. Grâce à la technologie, tout le monde peut faire des chansons, filmer sur son iPhone. Tu peux tout faire sans beaucoup d’argent. Alors, la seule chose que tu peux faire pour que ce soit intéressant c’est d’avoir vraiment des productions de qualité, qui te plaisent. Je pense que c’est possible de faire des choses qui ont presque l’air professionnelles mais que nous avons fait nous-mêmes.
 
Vous avez fait plusieurs concerts en France. Qu’est-ce que tu penses de notre pays ?
On aime bien la France. Je pense qu’on a une réaction différente en France qu’à Londres, en Amérique ou en Allemagne. Peut-être à cause du nom… Je pense que les Français aiment bien la nouveauté, ils aiment bien les gens qui essayent de prendre des vieux formats pour leur donner quelque chose de nouveau. Je ne sais pas si on est ce groupe, mais je sais que les Français sont plutôt curieux.
 
"SI TU ÉCRIS, QUE TU PRENDS DES PHOTOS OU QUE TU FILMES, TU M’INTERESSES"
 
Qu’est-ce qui te plaît chez une femme ?
Je suis séduis par les femmes intéressantes : si tu écris, si tu prends des photos, si tu fais des films, tu m’intéresses. Et si en plus tu as de l’humour, tu es ambitieuse et a plein d’idées alors banco !
 
Un petit mot pour les Paulette ?
Depuis quelque temps, il y a plein de choses qui bougent, qui changent, je pense que c’est le bon moment pour écrire, pour prendre des photos, pour essayer de décrire ce qui se passe autour de nous.
 
 
BRETON :: OTHER PEOPLE’S PROBLEMS
Fat Cat
Sortie le 26 mars
 
 
Concerts :
23/03 : Reims
31/03 : Luxembourg
01/04 : Roubaix
 
 

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